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Les séries d'aujourd'hui — 04 octobre 2016
Critique : Mr Robot saison 2

Mr. Robot

La première saison de Mr. Robot sortait de nulle part. Sortie en plein été l’année dernière, sur -un network plutôt mineur niveau séries, surtout comparé aux monstres Netflix et HBO – la série de était une excellente surprise, qui a su surprendre les spectateurs en renouvelant ses thèmes au cours des épisodes, et grâce à son esthétique reconnaissable du premier coup d’œil. Pour citer des noms qui claquent, on peut sentir qu’au niveau des références la série lorgne – avec talent – du côté de David Fincher, des Wachowski et de Stanley Kubrick, autant au niveau du fond que de la forme. Rien que ça. Une fois la claque passée (il en faut bien une ou deux par an, comme The Night of cette année !), et étant donné que le dernier épisode ouvrait beaucoup plus de portes qu’il n’en fermait, la saison 2 avait beaucoup de défis à relever. Une saison qui vient de se conclure, et dont on peut dresser un bilan : hacking de nouveau réussi ? Oh que oui !

! Attention spoilers – Difficile de parler de la saison 2 sans évoquer un twist majeur de la saison précédente … Donc courrez voir la saison 1 si ce n’est déjà fait !

Carly Chaikin as Darlene -- (Photo by: Michael Parmelee/USA Network)

://Une écriture toujours aussi maîtrisé

Il faut l’avouer d’emblée : cette seconde saison est un peu longue à démarrer : les trois premiers épisodes, sur douze, mettent en place l’intrigue. Le dernier épisode de la saison 1 nous avait laissé sur un twist inattendu et une fin en apothéose. La schizophrénie du personnage, une fois révélée, va permettre au protagoniste d’affronter ses démons intérieurs – littéralement. Cependant Mr. Robot, bien que centré autour d’Eliott, va prendre le temps de développer les autres personnages gravitant autour du piratage d’E-Corp, évoluant en parallèle d’Eliott qui lui est obligé de vivre caché. Ces personnages « secondaires », qui se croisent et volent parfois la vedette au personnage « principal » pendant un épisode entier, vont être considérablement étoffés, et participer au non-manichéisme de la série. Car si l’ennemi porte la particule « evil » dans son nom et est clairement désigné comme l’antagoniste de l’histoire, les personnages que l’on va suivre vont être confrontés à des choix cornéliens, qui vont interroger le spectateur sur sa morale. Pas de gentils et de méchants : des humains et une entreprise démoniaque, nuance. Des personnages interprétés par des acteurs brillants ( / Eliott vient d’ailleurs d’être récompensé d’un Emmy Award), et dont il serait trop long de faire la liste. En bref niveau écriture, malgré quelques inévitables longueurs, Mr. Robot reste une valeur sûre. Sans oublier de totalement modifier l’intrigue en milieu de saison, histoire de redonner une claque au spectateur qui croyait avoir tout compris !

Le fameux Mr. Robot (Christian Slater) en bonne compagnie (Rami Malek & Joey Bada$$)

Le fameux Mr. Robot () en bonne compagnie (Rami Malek & Joey Bada$$)

://Brossage de rétine (dans le sens du poil)

Mr. Robot n’est cependant pas seulement une série bien écrite, c’est aussi un univers visuel qui brosse la rétine dans le sens du poil. J’évoquais en conclusion de l’article sur The Night of le fait que les séries accordent depuis quelques années de plus en plus d’importance à la réalisation. C’est toujours dans le cas dans cette saison de Mr. Robot. Bien qu’assurée par différents réalisateurs, la réalisation suit une ligne directrice : des plans stables, symétriques si possibles, avec le plus souvent une seule personne dans le cadre. Même lorsque deux personnages discutent il n’y a pas d’amorce d’un ou l’autre dans le champ : dans cette société ultra-technologique (la nôtre donc), on la plupart du temps seul. Un monde clos, qui s’adapte au cerveau d’Eliott quand on le suit. Ainsi pendant un épisode, plus de 20 minutes se déroulent en format 4/3 (format quasiment carré, utilisé pendant des décennies au cinéma, puis à la télé) et adopte les codes des sitcoms. Une adaptation formelle qu’on pouvait retrouver, servant un autre but, dans le premier épisode de la saison 2 d’Utopia. Autres exemples de démonstration de la part des réalisateurs : des plans-séquences audacieux, que ce soit pour suivre une infiltration ou une fusillade. En bref, un parti-pris formel encore plus assumé que l’année dernière.

Grace Gummer as Dominique "Dom" DiPierro -- (Photo by: Michael Parmelee/USA Network)

Grace Gummer as Dominique « Dom » DiPierro — (Photo by: Michael Parmelee/USA Network)

://E-Corp, think different

Notons aussi l’arrivée d’un nouveau personnage, Dominique DiPierro (Grace Gummer, voir photo ci-dessus), qui ajoute une autre dimension à la série (qui devient policière par moment) et un nouveau moyen d’identification pour le spectateur. Le spectateur peut devenir aussi schizo’ que le « héros » de la série, mais les différents intrigues se croisent naturellement, sans que cela ne soit jamais hyper-découpé comme dans Game of Thrones par exemple (et ses tranches de 5min de dialogue par groupe de personnages …). En bref, Mr. Robot est parfois complexe à suivre, surtout lorsqu’on suit le rythme d’un épisode par semaine – rythme qui d’un autre côté participe à l’appréciation de chaque épisode séparément … Paradoxe !  Enfin la série peut aussi se distinguer des autres productions TV par les thèmes abordés. Elle n’hésite pas à tacler le système en place, le capitalisme à outrance, et se mue parfois en véritable satire politique. Mais bien que souvent profondément ancrée dans le réel, la série finit par s’autoriser des virages métaphysiques, évoquant les meilleurs épisodes de Twin Peaks et de sa chambre rouge. Au final, qu’est-ce qu’est la réalité dans un monde hyper-connecté ?

Conclusion

Fable technologique autant que philosophique, parfois satire politique et parfois errance métaphysique, Mr. Robot est une série toujours aussi surprenante – c’est le moins que l’on puisse dire. Porté par des acteurs brillants, une écriture aux petits oignons et une réalisation solide, il n’en est que plus dommage que le dernier épisode nous laisse sur notre faim. Incontournable !

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Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr