Titre original : Les Misérables
Réalisateur et scénariste : Fred Cavayé
Producteur : Richard Grandpierre, Olivier Delbosc
Casting principal : Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe
Genre : Drame, Historique
Durée : 2h 56min
Pays : France
Distributeur : StudioCanal
Date de sortie : 14 octobre 2026
Synopsis
Libéré après dix-neuf ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean (Vincent Lindon) décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine (Noémie Merlant), une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des cruels Thénardier (Camille Cottin et Benjamin Lavernhe). Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert (Tahar Rahim), policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche pour le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine ébullition révolutionnaire, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption, entre sacrifices et quête de justice.
Une fresque XXL pour un monument de Victor Hugo
C’est pendant le confinement, alors que le tournage d’Adieu Monsieur Haffmann s’interrompt, que Fred Cavayé se replonge dans Les Misérables, découvrant cette fois l’intégralité des 1700 pages du roman qu’il n’avait croisé que par extraits sur les bancs de l’école. De cette redécouverte naît l’ambition d’un film choral, fidèle à l’armature du texte tout en inventant des séquences inédites pour mieux entrecroiser les destins de Valjean, Javert, Fantine et les Thénardier. Le résultat est à la hauteur des intentions affichées : une mise en scène ample, un Paris révolutionnaire reconstitué avec un soin visible à chaque plan, et un sens du tempo qui doit beaucoup à l’expérience de Cavayé dans le thriller pur (À bout portant, Pour elle). Le film ne traîne jamais, porté par un montage qui privilégie l’élan romanesque sur la leçon d’histoire.

Un casting quatre étoiles à la hauteur du roman
Fred Cavayé l’avoue volontiers : lui qui a grandi avec les duels Delon-Belmondo ou De Niro-Pacino rêvait de réunir une distribution capable de porter cette ambition. Vincent Lindon livre un Jean Valjean habité, tout en retenue puis en déflagrations contenues, l’un de ses rôles les plus marquants depuis Pour Elle, déjà réalisé par Cavayé. Face à lui, Tahar Rahim impose un Javert sec et tourmenté, loin du simple archétype du policier borné. Le vrai coup d’éclat du film reste cependant son couple Thénardier : Camille Cottin et Benjamin Lavernhe transforment ce qui aurait pu n’être qu’un ressort comique en un numéro de duplicité redoutable, aussi drôle qu’inquiétant.

Les limites de l’exercice
Tout n’est cependant pas aussi abouti. À vouloir embrasser tant de personnages et de lignes narratives en un peu moins de trois heures, le film sacrifie parfois la respiration : certaines transitions filent trop vite, et quelques seconds rôles (Fantine en tête, malgré l’engagement de Noémie Merlant) restent à l’état d’esquisse. La presse, plus partagée que le public sur ce point, pointe aussi une mise en scène qui, à force de vouloir faire spectaculaire, lisse par endroits la noirceur sociale du roman original au profit d’un classicisme très calibré pour le grand public. Le film assume ce choix d’un cinéma populaire et frontal, mais ceux qui espéraient une relecture plus âpre ou plus politique du texte de Hugo resteront sur leur faim.
Verdict et recommandation
Porté par un casting quatre étoiles et une mise en scène qui ne lésine jamais sur les moyens, ce nouveau Misérables version Fred Cavayé remplit le contrat du grand divertissement populaire assumé, fidèle dans l’esprit sinon dans chaque détail au roman de Victor Hugo. Vincent Lindon et Tahar Rahim portent le film à bout de bras, et le couple Cottin-Lavernhe vole quasiment chaque scène où il apparaît. On regrettera un rythme parfois trop pressé et un vernis un peu trop lisse pour les amateurs d’adaptations plus radicales, mais l’ensemble se regarde avec un plaisir rarement démenti. Une fresque recommandée aux amoureux du roman comme aux spectateurs en quête d’un grand spectacle historique à la française.















