Critique : Gaza mon amour

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Gaza mon amour

Palestine : 2020
Titre original : –
Réalisation : Arab Nasser, Tarzan Nasser
Scénario : Arab Nasser, Tarzan Nasser, Fadette Drouard
Interprètes : Salim Daw, Hiam Abbass, Maisa Abd Elhadi
Distribution : Dulac Distribution
Durée : 1h28
Genre : Comédie, Drame
Date de sortie : 6 octobre 2021

3/5

Les deux frères jumeaux Arab et Tarzan Nasser sont nés à Gaza il y a 33 ans. Ils sont apparus sur la scène cinématographique mondiale lors de la Semaine de la Critique cannoise de 2015, avec le film choral Dégradé. Gaza mon amour est leur deuxième long métrage et il a été choisi pour représenter la Palestine aux Oscars 2021.

Synopsis : Issa, un pêcheur de soixante ans, est secrètement amoureux de Siham, une femme qui travaille comme couturière au marché. Il souhaite la demander en mariage. C’est alors qu’il découvre une statue antique du dieu Apollon dans son filet de pêche, qu’il décide de cacher chez lui. Quand les autorités locales apprennent l’existence de ce trésor embarrassant, les ennuis commencent pour Issa.

Gaza et l’amour

Issa, pêcheur de son état, vit à Gaza et, malgré les conseils que lui donne un ami, il n’envisage pas d’en partir. Par contre, son état de célibataire lui pèse et Manal, sa sœur, ne cesse de lui présenter ce qu’elle pense être d’excellents partis pour lui. Mais Issa sait très bien pour qui bat son cœur : il bat  pour Siham, une veuve qui travaille comme couturière et qui, de son côté, se demande avec sa fille Leila, s’il serait souhaitable pour elle de se remarier. Issa est un grand timide et, à  Gaza, il n’y a pas d’espace pour nouer une relation amoureuse, pas de parc, pas de cinéma, rien. Pour rencontrer sa belle, Issa est donc contraint d’inventer des stratagèmes, en utilisant par exemple la profession de couturière de Siham.

Tout cela donne une comédie romantique douce-amère, une comédie qui manque un peu de rythme mais qui nous en apprend beaucoup sur la vie à  Gaza, en donnant une vision dont le misérabilisme est absent, montrant une ville où on peut tomber amoureux, même à 60 ans, comme partout ailleurs, mais où l’électricité n’est présente que 3 heures par jour et où, à tout instant, une roquette peut exploser dans votre environnement. Et puis, il y a quand même tout ce qui tourne autour de cette statue d’Apollon qu’Issa a ramené un jour dans ses filets, une statue qui permet aux frères Nasser de se moquer du Hamas, tout d’abord choqué par ce sacrilège mais qui voit ensuite la possibilité d’une vente lucrative.

Au départ, une histoire vraie

Peut-être leur look y est-il pour quelque chose, ou bien leur conception personnelle de l’islam, mais on a l’impression que les frères Nasser, 2 frères jumeaux de 33 ans, ne sont pas en odeur de sainteté dans leur pays, la bande de Gaza. Ou alors ce sont les conditions matérielles qui sont peu propice à des réalisations cinématographiques. Toujours est-il que 6 ans après Dégradé, leur premier long métrage, tourné au Liban, c’est cette fois ci au Liban, dans un camp de réfugiés palestiniens, et au Portugal qu’ils ont tourné le deuxième, Gaza mon amour. Et pourtant, c’est leur film qui, cette année, a été été choisi pour représenter la Palestine aux Oscars. Dégradé était inspiré par une histoire vraie, celle du lion du zoo de Gaza volé par une famille locale. Gaza mon amour inclut également dans son scénario une histoire vraie, la découverte en 2013, au large de Gaza, puis la disparition, d’une statue d’Apollon datant de l’Antiquité. Toutefois, même si, dans le film, il y a bien une statue trouvée dans ses filets par le pêcheur Issa, statue d’Apollon en état d’érection qui plus est, c’est surtout d’amour qu’il est question. L’amour des réalisateurs pour Gaza et ses habitants, Gaza qu’ils ont quitté il y a 15 ans mais où habite toujours leur famille. La préférence des deux frères : parler des gens qui vivent à Gaza, parler des problèmes qu’ils rencontrent quotidiennement, parler des effets du conflit avec Israël plutôt que du conflit lui-même. Et puis, bien sûr, l’amour d’Issa pour Siham.

Un grand comédien, une grande comédienne

Cette comédie romantique qui tourne autour d’un possible amour de deux sexagénaires est particulièrement bien servie par leurs deux interprètes, une comédienne et un comédien de nationalité israélienne mais d’origine palestinienne qu’on voit souvent sur les écrans : Hiam Abbass qui interprète Siham et Salim Daw dans le rôle d’Issa. Hiam Abbass était déjà présente dans Dégradé, tout comme Maisa Abd Elhadi (Leila, la fille de Siham) et Manal Awad (Manal, La sœur d’Issa).

Conclusion

Même si elle manque un peu de rythme, cette comédie romantique douce-amère, très bien servie par un couple d’interprètes remarquables, se voit avec plaisir et nous en apprend beaucoup sur la vie à Gaza. 

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