Critique Express : Le pion du général

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Le pion du général 

Indonésie : 2022
Titre original : Autobiography
Réalisation : Makbul Mubarak
Scénario : Makbul Mubarak
Interprètes : Kevin Ardilova, Arswendy Bening Swara, Yusyf Mahardika
Distribution : Destiny Films
Durée : 1h55
Genre : Drame
Date de sortie : 21 février 2024

2/5

Synopsis : Le jeune Rakib travaille comme seul employé de maison dans le manoir de Purna, un général à la retraite, aussi craint que respecté, et dont la famille est servie par celle de Rakib depuis des générations. Lorsque Purna se présente aux élections de la mairie locale, Rakib découvre un mentor et un père de substitution qu’il défendra à tout prix, jusqu’à ce qu’il soit déchiré entre la loyauté et la justice…

Alors que les élections municipales approchent, l’ancien général Purna, candidat au poste de maire du village dont il est originaire, quitte la capitale pour mener dans ce village sa campagne électorale, une campagne au cours de laquelle il entend défendre l’installation de centrales hydro-électriques quel que soit le coût pour les populations expropriées. Dans ce village, il possède une bâtisse dans laquelle le jeune Rakib travaille en tant qu’homme à tout faire, héritier qu’il est d’une longue tradition, la famille de Rakib travaillant depuis plusieurs générations pour la famille de Purna. Le père de Rakib est en prison et Rakib voit en Purna un père de substitution. Purna est le père de 3 filles et il en arrive à considérer Rakib comme le fils qu’il n’a jamais eu. S’il se comporte de façon paternelle avec Rakib, il est par ailleurs tout à fait capable de tabasser à mort un jeune opposant qui a eu l’audace de vandaliser ses affiches.

La sortie de Le pion du général coïncide avec les élections présidentielle, législatives et municipales  qui ont lieu ces jours ci en Indonésie. Des élections dont le déroulement tend à montrer que ce pays de 275 millions d’habitants dont plus de 200 millions sont inscrits sur les listes électorales n’a pas encore totalement effacé toutes les traces de la dictature exercée par le général Soeharto de 1967 à 1998. Lorsqu’on sait que le titre original du film est Autobiography et que Makbul Mubarak, son réalisateur, est issu d’une famille de fonctionnaires zélés qui ont servi sans état d’âme le régime de  Soeharto, on devine facilement ce que le réalisateur a choisi de nous proposer : au travers de la relation maître/esclave entre Purna et Rakib, une relation faite d’admiration allant jusqu’à la fascination, de dévouement et de loyauté de la part d’un jeune homme envers un homme violent et corrompu, une relation qui, toutefois, peut s’inverser lorsque la loyauté est confrontée à des évènements inacceptables, c’est le comportement d’une partie importante de la population d’un état totalitaire envers le dictateur qui lopprime que Makbul Mubarak a voulu dépeindre.

Ce sujet, à la fois très simple et, malheureusement, presque universel, aurait pu donner naissance à un film d’une grande puissance. Malheureusement, Makbul Mubarak, dont c’est le premier long métrage et qui était parti pour réaliser un court métrage, a cru que la solution pour arriver à un film de près de 2 heures consistait à compliquer (inutilement !) l’intrigue avec, comme résultat, un récit d’une grande confusion.

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