Critique : Burying the ex

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burying the ex afficheBurying the ex

Etats-Unis, 2014
Titre original : –
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , ,
Distribution : –
Durée : 1h29
Genre : Comédie fantastique
Date de sortie : 2 février 2016 en DVD

Note : 3/5

Quel est le point commun entre le festivalier fantastique strasbourgeois et le festivalier fantastique géromois (de Gérardmer, donc) ? Ils seront parmi les rares, voire les seuls, en France, à découvrir en salles le dernier opus du maître Joe Dante, la comédie romantico-horrifique Burying the ex, son premier film depuis tourné en 2009 et vaguement montré sur quelques écrans français (en bluray la plupart du temps entre 2012 et 2013 pour quelques «chanceux»). Cela vaut-il la peine de découvrir ce nouvel opus signé par l’un des maîtres du fantastique et de l’horreur en particulier, du cinéma tout court en général (une filmo quasi sans faute) ? Pas de suspense, la réponse est plutôt oui… mais…

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Synopsis : Max décide de s’installer avec sa petite amie, Evelyn, même si celle-ci se révèle ultra possessive et manipulatrice. Il réalise rapidement qu’il doit la quitter, mais a bien trop peur d’elle pour passer à l’acte. Le destin s’en mêle le jour où Evelyn meurt dans un accident peu banal. Quelques mois plus tard, quand Max rencontre Olivia, la fille de ses rêves, il pense avoir droit à un nouveau départ. Malheureusement, tout se complique lorsque Evelyn revient d’entre les morts, plus folle de Max que jamais et toujours déterminée à vivre à ses côtés…

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Comédie romantique dans un cadre horrifique

Pour cette nouvelle œuvre gore, le cher Joe Dante adapte un court-métrage du même titre, tourné en 2008 par Alan Trezza également scénariste de cette version longue. Il mêle encore ironie morbide et horreur premier degré (enfin, peut-être second ici) pour cette comédie zombiesque. Anton Yelchin, qui aime se plonger régulièrement dans le fantastique au sens large (SF, horreur…), comme le prouvent ses apparitions dans , , , ou ainsi que la franchise Star Trek, est ce «geek» fan de cinéma de genre, collectionneur d’objets cultes dont la relation amoureuse avec une mégère guère apprivoisée se révèle pénible jusqu’à une mort accidentelle d’autant plus cruelle qu’elle est libératrice pour lui. C’est moins grave si votre petite amie décède si vous ne saviez pas comment lui dire que vous souhaitiez rompre avec elle. Sa performance repose sur un jeu en retenue malgré le contexte burlesque, un peu crade par moments. Oui, il y a aura du vomi, histoire de spoiler. Ashley Greene (l’ex) et Alexandra Daddario (la nouvelle) sont plutôt irréprochables mais leur affection commune pour Max reste un grand mystère tout de même. Leur caractérisation est sommaire, avec d’un côté la mégère punie (même si elle s’avère hilarante lorsqu’elle tourmente Yelchin avant comme après sa mort) et de l’autre la parfaite petite amie réduite à l’intérêt qu’elle porte à Max, leurs goûts se mariant à 100 %. On peut aussi voir cela comme un détournement satirique des clichés de la comédie romantique déplacés dans un cadre horrifique mais cette dimension là reste d’autant plus décevante que Dante disposait de deux actrices talentueuses à qui il aurait du savoir apporter un supplément d’âme reposant plus sur son talent à lui qu’à elles. Pire, le demi-frère de Max est plus pénible que drôle, à la manière d’un Danny McBride dans ses pires instances. Wes Craven avait su créer une histoire bien plus prenante et touchante de retour post-mortem d’un amour perdu dans L’Amie mortelle, même si dans ce cas précis, la rupture n’était pas source de soulagement pour le jeune homme.

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Amour mortel

Joe Dante capte tout de même plutôt bien l’amertume qui peut naître d’une relation de couple qui dure juste un poil trop longtemps. La métaphore du côté infernal des relations de couple est assez savoureuse, la vie en commun pouvant révéler les défauts de l’autre, un ressenti encore compliqué par les circonstances du quotidien et les concessions que l’on est prêt à faire, ou pas. Elle veut changer son identité, redécore leur appartement dans des couleurs horribles sans le consulter et avec des meubles hideux, jette ses collections de jouets, est végétarienne, au moins avant son trépas. Heureusement, la jolie vendeuse de glaces aux noms rigolos débarque dans la vie du héros et se révèle bien moins pénible, mais leur idylle naissante sera très vite entravée par sa rivale d’outre-tombe qui refuse d’accepter que leur histoire d’amour est elle aussi morte et enterrée. L’humour qui découle de cette situation inopportune fait parfois mouche, y compris lorsque ces insectes accompagnent la jeune femme en cours de décrépitude.

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De l’humour très noir pour cette comédie zombie où l’on retrouve encore Dick Miller, compagnon de route du cinéaste malmené en flic passant plus de temps sur ses toilettes que sur le terrain. Comme The Hole, ce nouveau jalon de sa carrière a été dévoilé à Venise, comme The Hole, il se sera fait désirer (le Lido, c’était en 2014 déjà). Plus de sourires que de francs éclats de rires, guère de frissons aussi, mais une sympathie modeste se dégage de ce projet où la patte Dante est moins présente que d’habitude, et l’on peut préférer sur un sujet très proche, Nina Forever, finalement plus inventif, plus riche en sentiments et en humour morbide bien vu. Visuellement, son film n’est pas le plus riche de sa filmographie. La comédie avec zombies est devenue un genre en soi, ne pensons qu’à Shaun of the Dead, mètre-étalon de ce genre, Le Retour des morts-vivants (les deux premiers des trois volets surtout), ou plus récemment Warm Bodies (avec des morts-vivants bien moins bavards) et celui-là est dans une bonne moyenne mais guère plus, ce qui est décevant pour un Dante. Signalons enfin que les maquillages du film sont signés qui a notamment travaillé sur Candyman et s’est récemment illustré sur Gone Girl dans la scène où Neil Patrick Harris se fait trancher la gorge.

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Conclusion

Joe Dante admettait lui-même lors du «do not expect the Great Joe Dante» même si Burying the ex «fut drôle à tourner et c’est drôle à regarder».En effet, ce n’est pas le plus grand film de sa carrière (de loin), c’est un ressenti de vague déception qui domine malgré un sens du divertissement toujours efficace porté notamment par la prestation réjouissante, très écolo snob, d’Ashley Greene et de sympathiques punchlines sur la mort et ses variantes ainsi qu’un clin d’oeil plus ou moins volontaire à Oshima (Max, my love). Notre David Huriot à nous n’a pas adhéré du tout, pour le moins (voir ici).

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