Critique : Blue Giant

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Blue Giant

Japon : 2023
Réalisatrice : Yuzuru Tachikawa
Scénario : Number 8
Acteurs (voix): Yuki Yamada, Shotaro Mamiya, Amane Okayama
Distributeur : Eurozoom
Genre : Drame, Animation
Durée : 2h00
Date de sortie (France) : 6 mars 2024

4,5/5

Le croisement du monde de la musique live et du cinéma ont fait naître depuis longtemps des moments de célébration réjouissants; permettant même de faire découvrir auprès d’un nouveau public certains artistes du passé.

Le jazz instrumental, au-delà de la fumée des longues cigarettes et des gants en velours, trimballe souvent dans l’ imaginaire collectif des relents de mélancolie narcotique ancrée dans les années 50. Quelle surprise, quelle proposition intéressante dès lors que ce “Blue Giant”, s’inscrivant dans le genre du “Seinen” (animé japonais destiné aux jeunes adultes) pour faire du spectacle de jazz, l’invocation mythique d’une puissance sublime et accessible à tous.tes.

Synopsis : La vie de Dai Miyamoto change lorsqu’il découvre le jazz. Il se met alors au saxophone et s’entraîne tous les jours. Il quitte Sendai, sa ville natale, pour poursuivre sa carrière musicale à Tokyo avec l’aide de son ami Shunji. Jouant avec passion, Dai arrive un jour à convaincre le talentueux pianiste Yukinori de monter un groupe avec lui. Accompagné de Shunji qui débute à la batterie, ils forment le trio JASS. Au fil des concerts, ils se rapprochent de leur but : se produire au So Blue, le club de jazz le plus célèbre du Japon, avec l’espoir de changer à jamais le monde du jazz…

Utilisant la dramaturgie, typique du genre, de la quête infinie de puissance de ses personnages, notre héros va ici forger son “groupe” dans le but de devenir le meilleur saxophoniste du Japon et pouvoir jouer au So Blue, le meilleur club de Jazz de Tokyo. La conquête de son instrument et des oreilles du public se fait à travers cette logique martiale d’apprentissage aussi réjouissante que naïve qui rappelera à certain.es leurs meilleurs souvenirs d’anime.

Le style visuel du film même, rappelle le dessin caractéristique de Toriyama et si l’on peut en profiter pour rendre hommage au papa de Dragon Ball Z qui vient de nous quitter, l’on doit surtout s’émerveiller des moments de concert qui viennent soudain bousculer le style du dessin en créant du volume et surtout du mouvement. Ces moments d’animation, explosant d’inventivité et frôlant l’expérimentation viennent soudain moderniser ce spectacle et témoigner encore une fois d’une puissance mythique du jazz porté en duo avec la bande son exceptionnelle.

Ce mouvement de l’animation, ce volume halluciné du dessin naît donc uniquement dans les moments de musique. Comme si le jazz, dans sa magie, venait créer le mouvement, le changement, l’improvisation dans un cadre trop figé. Cette belle fusion du fond et de la forme nous a paru tout à fait remarquable.

N’ayant pas eu la bande dessinée originale (publiées entre 2013 et 2016) entre les mains, l’on se permettra de présupposer que les archaïsmes malheureusement prépubères du traitement des personnages féminins et des excès de vigueur de l’un des membres du groupe en sont hérités. Nous préférons les lui pardonner.

Conclusion

Si vous n’êtes pas allergiques aux anime japonais, nous comptons sur le fait que Blue Giant saura vous surprendre et vous réjouir. En tout cas, il nous a fait ressortir nos meilleurs playlists de John Coltrane et battre furieusement la mesure du bout du pied.

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