Bilan : Rencontres Cinématographiques de Cannes 2012

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C’est dans un Palais Croisette plein à craquer que s’est déroulée la séance d’ouverture des Rencontres Cinématographiques de Cannes 2012. Après une présentation assez exhaustive du programme de la semaine et la remise de la médaille d’or de la ville de Cannes à Ettore Scola, absent pour cause de grippe mais représenté par sa fille Silvia, le film projeté a tout de suite mis le cap sur le thème de cette année, Le cinéma italien dans tous ses éclats : Concurrence déloyale est un film peu connu d’Ettore Scola, sorti en France en 2001, dans une certaine indifférence. Une indifférence que l’on comprend mieux à la vision du film, plutôt poussif pendant plus d’une heure et beaucoup trop bavard. Seule, la dernière demi-heure, lorsque sont traitées les lois raciales de l’Italie fasciste de Mussolini, arrive à rappeler, un peu, le grand réalisateur que fut Ettore Scola, un réalisateur qui excellait à mélanger rire et émotion.

 

affiche1er Jour

Difficile de faire son programme dans ces rencontre cinématographiques, tellement l’offre est abondante : entre les avant-premières, les films inédits en France, les films projetés en présence du réalisateur et les « rétrospectives », avouez qu’il est difficile de trancher. Comme les salles sont assez éloignées l’une de l’autre, comme la circulation est dense et les possibilités offertes pour se garer pas tellement évidentes, on a une tendance naturelle à essayer de limiter au maximum le nombre de salles visitées. La journée a commencé avec Tickets, un film en 3 volets réalisé en 2004 par Emmano Olmi, Abbas Kariostami et Ken Loach et sorti en France en 2007. Un film se déroulant tout au long du parcours d’un train entre Innsbrück et Rome et dont l’intérêt va en croissant, avec le volet Olmi sans grand intérêt, celui de Kariostami plutôt pas mal et une fin en apothéose avec Ken Loach. Elle s’est poursuivie avec Acciaio (D’Acier) de Stefano Mordini, un film présent dans une section parallèle à la dernière Mostra de Venise : un film sur la construction amoureuse de 2 grandes adolescentes, un film à la construction bancale, un film qui part dans tous les sens, aux personnages mal cernés. Il sortira sur nos écrans le 5 juin 2013. Suivait La Bella Addormentata, le dernier film de Marco Bellochio, également présenté à la dernière Mostra de Venise : un film réussi sur le droit, qu’il soit personnel ou familial, au choix de mourir ou de de laisser mourir dans la dignité mais aussi sur le droit au suicide. Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher et Toni Servillo y tiennent les premiers rôles. Mention spéciale au festival de San Sebastien et Grand Prix au Festival de Marrakech, L’attentat, du libanais Ziad Doueiri, est en lice dans le panorama des Festivals. Il s’agit de l’adaptation du roman homonyme de Yasmina Khadra, une adaptation assez fidèle et très réussie malgré certaines invraisemblances. Ce film sortira en France le 1er mai 2013. Primé à Beaune et à Dinard, Shadow Dancer est un film du britannique James Marsh, réalisateur de The King et de l’épisode 1980 de la fameuse trilogie The Red Riding. Dans ce thriller assez compliqué à suivre, assez convenu dans son fond et dans sa forme, et qui se  déroule en Irlande, en 1993, sur fond de conflit entre IRA et forces britanniques, on  retrouve en vedettes Clive Owens, Andrea Riseborough et Gillian Anderson. Ce film sortira en france le 6 février 2013.

2e Jour

Cette journée de mercredi a commencé avec Bus de nuit, un film italien de 2007, réalisé par Davide Marengo et  inédit dans notre pays. On y retrouve Giovanna Mezzogiorno qui, 2 ans plus tard, allait s’avérer exceptionnelle dans le Vincere de Marco Bellochio, film dans lequel elle jouait le rôle d’Ida Dalser, la compagne répudiée de Mussolini. Pendant la première demi-heure de Bus de nuit, on a tendance à considérer que le public français n’avait pas perdu grand chose en n’ayant pas la possibilité de le voir sur ses écrans préférés. Par contre, la suite de cette comédie policière et sentimentale sans prétention s’avère attachante et assez réussie. Projeté en présence de Silvia  Scola, Le Roman d’un jeune homme pauvre est un film de 1996 avec André Dussolier et Alberto Sordi. Il y a 2 jours, on avait écrit « poussif » pour Concurrence déloyale du même Ettore Scola : on ressortira l’adjectif pour ce film au rythme languissant. Sorti cette année en Italie, mais inédit en France, Workers, Pronti a tutto est une comédie sociale en 3 volets de Lorenzo Vignolo sur de jeunes chômeurs prêts à tout pour s’en sortir. Le premier volet nous amuse à propos des problèmes rencontrés par un auxiliaire de vie. Dans le deuxième, un homme est pris pour un grand médecin par une jeune femme ravissante alors que son travail consiste à récolter la semence de taureaux dans un élevage. Quant au 3ème, il nous permet de rencontrer une jeune maquilleuse qui trouve un travail dans une entreprise de pompes funèbres. Tout cela est souvent drôle tout en étant à la frontière du tragique. « Fille de … » mais aussi grande réalisatrice (rappelons nous du trop méconnu J’aime travailler), Francesca Comencini revient avec Un Giorno speciale qui sortira en France le 11 septembre 2013.  Filippo Scicchitano et Giula Valentini qui interprètent les 2 rôles principaux sont deux révélations qu’on ne tardera sans doute pas à revoir. Quant au film, ce n’est pas le meilleur de Francesca  mais il se regarde avec plaisir et arrive à atteindre une certaine profondeur sur un sujet a priori plutôt futile. Un film en provenance de l’Arabie Séoudite, qui plus est réalisé par une femme, c’est tellement rare qu’on s’y précipite : à la vision de Wadjda, on admire le courage de Haifaa Al Mansour, sa réalisatrice, qui ne prend pas tellement de gants pour montrer la condition de la femme telle qu’elle est dans ce pays aux mœurs moyenâgeuses et à la religion omniprésente et ubuesque. Ce film  sera sur nos écrans le 6 février 2013, après avoir obtenu le Prix de la critique internationale à la Mostra de Venise 2012.

3e Jour

Un peu plus d’un an après La Bella Gente, les gens bien, Ivano de Matteo nous revient avec Les équilibristes, avec Valério Mastandrea qu’on vient d’apprécier dans Piazza Fontana. Sortie prévue, le  27 février 2013 pour ce film attachant sur la descente vers la pauvreté d’un père de famille divorcé et qui jouit pourtant d’un travail. Inédite en France, Immaturi est une comédie de Paolo Genovese sur une bande de quadragénaires contraints de repasser le baccalauréat : c’est inégal mais il y a des moments très savoureux. Gianmarco Tognazzi, fils d’Ugo, a donné le rôle principal de son film Il padre e lo straniero à Allessandro Gassman, fils de Vittorio : un film qui part bien, qui bifurque assez vite vers le n’importe quoi pour se ressaisir un peu sur la fin. Co-scénariste des 3 derniers films de Pablo Tapero, Santiago Mitre se lance dans la réalisation avec El Estudiante ou récit d’une jeunesse révoltée, primé à Locarno en 2011 : très bavard, trop bavard ; compliqué, trop compliqué. Mais tout cela est sans doute volontaire, le désir du réalisateur étant de nous montrer que la politique n’est pas toujours très propre. Nous français, un passé récent nous l’a rappelé ! Ce film argentin sortira en France le 23 janvier 2013. Premier long métrage de la géorgienne Rusudan Chkonia, Keep smiling, féroce  satire de la société du spectacle en Géorgie,  a obtenu l’Antigone d’Or au dernier Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier. Une satire féroce mais pas entièrement réussie !

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