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Critique : Le Fantôme de l’Opéra

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Affiche Le Fantôme de l'Opéra

Titre original : Le Fantôme de l’Opéra
Réalisateur et scénariste : Alexandre Castagnetti (réalisation et scénario, co-écrit avec Camille Fontaine), d’après l’œuvre de Gaston Leroux
Producteur : Thierry Desmichelle, Boris Mendza, Gaël Cabouat
Casting principal : Deva Cassel, Julien De Saint-Jean, Romain Duris, Laïka Blanc-Francard
Genre : Drame, Fantastique, Romance
Durée : 2h 14min
Pays : France
Distributeur : SND
Date de sortie : 28 octobre 2026

Note de la rédaction★★★★★★★★★★3/5

Un an après le triomphe du Comte de Monte-Cristo en salles, SND retente le pari de l’adaptation d’un monument de la littérature française en s’attaquant à un roman autrement plus périlleux à transposer : Le Fantôme de l’Opéra de Gaston Leroux, déjà porté à l’écran à d’innombrables reprises et immortalisé par la comédie musicale d’Andrew Lloyd Webber. Pour cette relecture contemporaine, le réalisateur Alexandre Castagnetti – féru du roman depuis l’adolescence et issu d’une famille liée au chant lyrique – a choisi de transposer l’intrigue dans le Paris d’aujourd’hui, au cœur du Palais Garnier, et de substituer la danse contemporaine au chant.

Synopsis

Anastasia (Deva Cassel), jeune danseuse venue de sa campagne natale, intègre le prestigieux Opéra de Paris. Alors qu’elle répète Orpheus, un ballet maudit que l’on dit composé par le Fantôme de l’Opéra en personne, elle tombe sous le charme d’un mystérieux pianiste (Julien De Saint-Jean) qui hante les coulisses du Palais Garnier. À l’approche de la première, entre accidents inexpliqués et révélations troublantes, la jeune femme se retrouve prise dans une histoire d’amour impossible, à la frontière du réel et du fantastique – sous le regard trouble d’un mentor incarné par Romain Duris.

Romain Duris dans Le Fantôme de l'Opéra
Photo Romain Duris dans Le Fantôme de l’Opéra. Copyright SND

Notre avis

Le plus grand atout du film tient à son écrin : tourné de nuit au Palais Garnier pendant les vacances d’été de la compagnie, Le Fantôme de l’Opéra profite d’un cadre somptueux que peu de productions peuvent se permettre, et Castagnetti en tire des scènes de ballet réellement habitées – la chorégraphe Marion Motin et de vrais danseurs étoiles de l’Opéra (Guillaume Diop, Dorothée Gilbert) apportant une crédibilité rare à l’ensemble. Deva Cassel, dans l’un de ses rôles les plus marquants à ce jour, y gagne en alchimie et en rayonnement, portée par une mise en scène qui sait filmer le vertige de la danse.

Le bât blesse ailleurs : à vouloir ménager la chèvre et le chou entre thriller gothique, fantastique et romance adolescente, le film ne choisit jamais vraiment son camp, et le rythme s’en ressent – les scènes d’exposition s’étirent quand l’alchimie entre les deux amants peine à s’installer. Julien De Saint-Jean compose un Fantôme plus lisse qu’inquiétant, quand Romain Duris, dans un second rôle de composition, semble par instants s’amuser dans un emploi qu’on aurait aimé voir davantage exploité. L’esthétique léchée, portée par une bande-son pop assumée, tire par moments le classique gothique de Leroux vers le clip élégant plutôt que vers le grand frisson romantique espéré.

Julien De Saint-Jean dans Le Fantôme de l'Opéra
Photo Julien De Saint-Jean dans Le Fantôme de l’Opéra. Copyright SND

Verdict et recommandation

Une relecture ambitieuse et visuellement somptueuse du classique de Gaston Leroux, portée par un vrai geste de mise en scène au Palais Garnier et par une Deva Cassel convaincante – mais desservie par un scénario trop sage, qui n’ose jamais vraiment effrayer ni vraiment bouleverser. Les amateurs de danse et de romance gothique grand public y trouveront leur compte ; les autres préféreront peut-être réécouter la partition d’Andrew Lloyd Webber.

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