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Critique : Tombé du ciel (Mohamed Hamidi)

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Critique : Tombé du ciel (Mohamed Hamidi)

Titre original : Tombé du ciel
Réalisateur : Mohamed Hamidi
Scénario : Ilyes Djadel, Mathieu Oullion et Mohamed Hamidi
Casting principal : Ilyes Djadel, Josiane Balasko, Fred Testot et Antoine Duléry
Genre : Comédie
Durée : 1h32
Pays : France (2026)
Distributeur : SND
Date de sortie : 12 août 2026

Note de la rédaction★★★★★★★★★★2,5 / 5

Cet été, le grand succès comique sur la durée au box-office français s’appelle Tombé du ciel. Alors que cette comédie vaguement communautaire s’approche doucement mais sûrement de la fin de sa fenêtre d’exploitation en salles, elle cumule à plus de deux millions de spectateurs. Face à un tel engouement populaire soutenu par un bouche-à-oreille a priori positif, on était en droit de s’attendre à un divertissement tant soit peu potable. Hélas, il nous faut faire preuve de beaucoup de bonne volonté pour qualifier ainsi le sixième long-métrage de Mohamed Hamidi.

À partir d’une prémisse pas sans mérite, l’intrigue se distingue en effet en mal par sa fâcheuse paresse, lorsqu’il s’agit de creuser un peu afin d’approfondir des personnages réduits ici à de simples stéréotypes. Pourtant, l’ambition manifeste du film était de combattre cette façon archaïque de considérer son prochain, dans le but de célébrer joyeusement le beau mélange d’origines et de cultures que devrait être la France d’aujourd’hui.

Cette supposée ouverture d’esprit s’incline très rapidement devant un scénario ennuyeusement prévisible, nullement aidé par une mise en scène guère plus inspirée. Les clichés y vont donc bon train, singulièrement ravivés par les traits de caractère très sommaires des personnages. Personne n’y a le privilège d’évoluer tant soit peu au cours d’une heure et demie de film, dépourvue de hauts ou de bas notables.

Tout s’y passe comme prévu, selon une logique dramatique pour le moins très bancale. Celle-ci fait primer le but édifiant à atteindre sur le chemin semé d’embûches de pacotille à emprunter. Et même le rire n’y est nullement franc à cause d’un humour sans verve, à mettre sur le compte de la vedette et du coscénariste Ilyes Djadel, au demeurant trop âgé pour être crédible en tant que bachelier en difficulté après avoir redoublé à deux reprises.

Critique : Tombé du ciel (Mohamed Hamidi)
© 2026 Kiss Films / M6 Films / Netflix France / SND Tous droits réservés

Synopsis : Le jeune Ilyes adore son quartier dans la banlieue de Roubaix. Il préfère y traîner avec ses potes, plutôt que de réviser pour le bac qu’il a déjà raté deux fois, au grand dam de ses parents. La troisième fois paraît être la bonne, d’autant plus qu’Ilyes tombe au bac blanc sur un sujet qu’il maîtrise. Sauf que sa mauvaise réputation au sein du lycée fait de lui le coupable tout désigné d’un incendie qui s’est déclaré dans les toilettes au moment des examens. Renvoyé sans appel, il devra terminer sa scolarité dans le seul établissement qui a bien voulu de lui : le pensionnat catholique Saint-Albert-le-Grand en Bourgogne. Le choc des cultures y est violent pour Ilyes. Il réussit néanmoins à retomber sur ses pieds, ne serait-ce que pour séduire sa nouvelle camarade de classe Louise.

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© 2026 Kiss Films / M6 Films / Netflix France / SND Tous droits réservés

Si la carrière commerciale en salles de Tombé du ciel avait suivi la courbe habituelle d’un démarrage raisonnable auquel succède une dégringolade marquée de semaine en semaine, elle nous aurait laissés moins perplexes. Mais pendant pratiquement un mois, sa fréquentation est restée étonnamment stable. Pourquoi ? Aucune idée. À moins qu’une étude parfaitement inutile des chiffres ne révèle un jour qu’il avait outre mesure tiré profit du besoin vital des Françaises et des Français de se rafraîchir dans des salles de cinéma climatisées, au cours d’un été particulièrement caniculaire.

Car sinon, aucun aspect du film de Mohamed Hamidi ne justifie à nos yeux un tel plébiscite. Certes, il respire sans cesse des sentiments bon enfant et une volonté maladroite de réconcilier les deux religions majoritaires dans notre état laïque. Mais tout cela sans la moindre ingéniosité comique. Ni une quelconque volonté de trouver des points en commun entre ces croyances que certaines choses opposent, au-delà des boutades aussitôt entendues, aussitôt oubliées.

Surtout, le scénario n’a pas trouvé de meilleur prétexte pour faire progresser laborieusement l’action que la menace d’une fermeture prochaine du lycée catholique. Un fait globalement sans intérêt qui a été omis de la bande-annonce – quelle surprise ! – et qui permettra à notre jeune héros de faire ses preuves dans son nouvel environnement atypique. Bien sûr, tout ceci sans nous faire ressentir une seule seconde pour quelle raison cette institution à la longue et vénérable tradition mériterait réellement de perdurer.

Est-ce pour aider la pauvre bonne sœur Catherine, campée avec un minimum de personnalité par Josiane Balasko, de finir sereinement une vie consacrée au service des autres ? Ou bien, a contrario, afin de permettre au cupide frère Oscario – un méchant tellement caricatural que même la coiffure douteuse de Fred Testot ne parvient pas à lui conférer une aura machiavélique – de s’acheter des voitures de sport chicos ? Sans doute un peu des deux, bien que la narration se montre incapable de nous faire adhérer à l’une ou l’autre de ces raisons, aussi tirées par les cheveux que le fil dramatique de cette comédie inoffensive dans son ensemble.

Critique : Tombé du ciel (Mohamed Hamidi)
© 2026 Kiss Films / M6 Films / Netflix France / SND Tous droits réservés

La fragilité préjudiciable de l’histoire de Tombé du ciel monte encore d’un cran, dès qu’Ilyes prend en quelque sorte les rênes de cette opération de sauvetage obscure. Alors qu’apparemment il n’a aucune idée comment faire et que sa proposition de voler au secours du personnel éducatif et administratif dépassé par la situation s’inscrit dans la droite lignée de son tempérament d’imposteur né, toutes les pièces du puzzle tombent en place comme par miracle. Or, un miracle, il n’y en a malheureusement pas. Ni en termes de l’état spirituel des personnages, ni en faveur de la qualité cinématographique du film, tout juste tolérable ou en tout cas pas suffisamment ingénieuse pour rattraper les failles béantes du scénario.

Parmi celles-là, il convient quand même de signaler une géographie abracadabrante de la France, notamment en termes de moyens de transport, permettant de relier la Bourgogne depuis le Nord en à peine un claquement de doigts, pour ensuite revenir sur ses pas avec une rapidité encore plus ahurissante lors d’un périple exsangue jusqu’en Occitanie ! De même, le déplacement initial d’Ilyes se fait à bord de ce qui semble être un seul et unique car dont le terminus est, comme par hasard, la bourgade où se jouera son avenir scolaire. Les exemples d’un tel état d’esprit cavalier dans le domaine de la logique scénaristique la plus élémentaire ne manquent pas, y compris au cours du dénouement encore plus bâclé que le reste du film.

À l’exception d’un dialogue, presque touchant et venu de nulle part, entre sœur Catherine et le caïd de la cité d’origine d’Ilyes, interprété par le producteur du film Jamel Debbouze, assis sur un banc en marge de la fête finale. Que Mohamed Hamidi n’ait pas davantage insisté sur des moments comme celui-là, moins empreints de l’hystérie stérile qui caractérise le reste de son film, en constitue peut-être son aspect le plus frustrant …

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© 2026 Kiss Films / M6 Films / Netflix France / SND Tous droits réservés

Conclusion

À force de relire nos réflexions à peu près à chaud sur Tombé du ciel, on s’étonne presque de ne pas l’avoir noté encore un demi-point plus bas ! Il n’en était pas loin, admettons-le. Toutefois, il relève sensiblement plus d’une médiocrité sans méchanceté du cinéma français comique que de son versant carrément pénible à regarder. Certes, le spectre de l’occasion malencontreusement ratée plane au dessus de ce film qui se voulait d’emblée un grand rassembleur social et confessionnel. Mais puisque les films ayant accompli sans trébucher cette tâche difficile dans le passé sont excessivement rares, on ne peut pas trop en vouloir à Ilyes Djadel et à Mohamed Hamidi d’avoir au moins essayé.

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