Woman and child

Iran : 2025
Titre original : Zan va bache
Réalisation : Saeed Roustaee
Scénario : Saeed Roustaee, Azad Jafarian
Interprètes : Parinaz Izadyar, Sinan Mohebi, Payman Maadi
Editeur : Diaphana
Durée : 2h06
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 25 février 2026
Date de sortie DVD/BR : 7 juillet 2026
Mahnaz, une infirmière de 45 ans, élève seule ses enfants. Alors qu’elle s’apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l’école. Lorsqu’un un accident tragique vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice pour obtenir réparation…

Le film
[4.5/5]
Lors de la sortie en salle de Woman and Child, en février dernier, nous avions écrit :
« Veuve, une petite quarantaine, infirmière dans une clinique, Mahnaz a 2 enfants, Aliyar, un garçon intelligent et très turbulent de 13 ans, et Neda, une petite fille de 7 ans. Elle sort avec Hamid, un ambulancier de 48 ans, mais ils ne sont pas d’accord sur la suite à donner à leur liaison : considérant par expérience que le mariage détériore une relation amoureuse, Mahnaz ne souhaite pas épouser Hamid alors que lui affirme qu’il l’aimera encore plus en tant que mari. En plus, il procède à un chantage affectif en affirmant à Mahnaz que son propre père est vieux et malade et qu’il ne voudrait pas mourir avant d’avoir vu naitre ses petits-enfants. A force, Mahnaz va finir par céder et par accepter qu’un mariage puisse être envisagé, la première étape étant une visite de la famille de Hamid à la sienne. Une visite pour laquelle Hamid et Mahnaz ont leurs exigences : Mahnaz préfère attendre le bon moment pour annoncer à ses enfants qu’elle va se remarier et Hamid souhaite cacher à ses parents que Mahnaz est déjà la mère de 2 enfants. Mahnaz et ses enfants habitant avec sa mère et Mehri, sa sœur, il est donc nécessaire que les enfants soient absents le jour de la visite et il faut en plus faire disparaitre de la maison familiale tout ce qui pourrait apporter la preuve d’une présence enfantine. Concernant l’absence des enfants, tout a été organisé par Mahnaz et Neda, sa meilleure amie, sauf que Aliyar, qui devait être en voyage scolaire, s’est fait exclure de son collège et qu’il faut trouver un plan B. Comme quoi, une exclusion temporaire d’un collège peut entrainer une succession d’évènements de type « effet papillon » et se terminer tragiquement !
Dorénavant, quand on regarde un film iranien, ce qu’on regarde en premier, c’est la tête des femmes lorsqu’elles sont en famille dans leur domicile. En effet, on sait que l’obligation du port du voile, c’est lorsque la ou les femmes sont en contact avec des hommes extérieurs à leur famille. Donc, en famille dans leur domicile, les femmes ne portent pas de voile. Sauf que, lors du tournage d’une scène où des femmes sont en famille, il y a forcément la présence de l’équipe de tournage, donc, à coup sûr, la présence d’hommes étrangers à la famille, et la loi islamique qui prévaut en Iran oblige les comédiennes à couvrir leurs têtes. Par conséquent, un film où on voit des femmes têtes nues en famille est un film « underground », tourné sans autorisation préalable alors que si, en famille, les femmes apparaissent têtes couvertes, c’est un film dont le tournage a reçu les autorisations requises de la part des autorités de son pays. Dans ce contexte, on comprend vite qu’une demande d’autorisation officielle a été faite pour le tournage de Woman and child, que cette autorisation a étéacceptée par les autorités du pays et, bien sûr, on ne peut s’empêcher de craindre que Woman and child soit un film caressant le régime iranien dans le sens du poil. Une demande d’autorisation et son acceptation qui ont d’ailleurs fait tiquer certains collègues de Saeed Roustaee. »
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Le DVD
[4.5/5]
Diaphana est un éditeur dont la compétence n’est plus à vanter et c’est sans surprise que la vision de ce DVD révèle toutes ses qualités : très belle image, tant au niveau du piqué que du respect des couleurs. Le film n’est disponible qu’en version originale avec sous-titrage en français, avec le choix entre son en stéréo et son en 5.1.
Le film est accompagné d’un supplément particulièrement intéressant : pendant 22 minutes, Asal Bagheri, enseignante, spécialiste du cinéma iranien, nous donne une véritable master-class sur le cinéma iranien, situant Saeed Roustaee, le réalisateur de Woman and Child, dans la famille du cinéma socio-réel iranien, un cinéma qui se revendique tout autant de la Nouvelle Vague française que du néo-réalisme italien. Elle nous explique que le cinéma de Saeed Roustaee respire l’authenticité dans la mesure où, plus ou moins, il filme ce que lui et sa famille ont vécu : venu d’un quartier difficile et d’une famille nombreuse, dernier enfant d’une famille de 6 enfants, 2 filles, 4 garçons, dont l’un s’est tourné vers la drogue, il aurait pu mal tourner. C’est le cinéma qui l’a sauvé. Dans les 4 longs métrages qu’il a tournés, il y en a 3 dont le noyau principal est la famille avec, comme personnage principal, une femme inspirée de Leïla, sa sœur ainée. Contrairement à la République islamique qui cherche à donner une image sacralisée de la famille, Saeed Roustaee montre des familles qui ont des failles, mais qui, malgré tout, doivent rester soudées. Asal Bagheri insiste beaucoup sur le titre, traduction authentique du titre original, et sur le fait qu’il n’y a pas d’article devant Woman et devant Child, titre qui montre donc qu’il ne s’agit pas d’une femme particulière mais de la femme iranienne en général, c’est à dire un être humain qui, selon la loi iranienne, est toujours la propriété d’un homme, son père jusqu’à son mariage, son mari ensuite.
















