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Test DVD : Maigret et le mort amoureux

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Maigret et le mort amoureux

France, Belgique : 2025
Titre original : –
Réalisation : Pascal Bonitzer
Scénario : Pascal Bonitzer d’après le roman « Maigret et les vieillards » de Georges Simenon
Interprètes : Denis Podalydès, Anne Alvaro, Irène Jacob, Dominique Reymond
Éditeur : Pyramide Vidéo
Durée : 1h16
Genre : Policier
Date de sortie cinéma : 18 février 2026
Date de sortie DVD/BR : 7 juillet 2026

Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

Le film

[4/5]

Excellente nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui auraient tendance à croire que la vieillesse est un naufrage : avec Maigret et le mort amoureux, le réalisateur Pascal Bonitzer prouve qu’on peut s’améliorer à tout âge. En effet, alors qu’il vient de franchir le cap des 80 ans, ses 2 derniers films, Le tableau volé et Maigret et le mort amoureux sont peut-être les meilleurs de sa déjà longue carrière. Pour Maigret et le mort amoureux, c’est « Maigret et les vieillards », un roman écrit en 1960 par Georges Simenon, que Bonitzer a adapté pour le cinéma en en changeant le titre et en lui apportant quelques modifications. La plus importante de ces modifications est sans doute d’avoir placé l’action de son film  au début des années 2000 alors que celle du roman se déroulait en 1960. En fait, Bonitzer ne souhaitait pas faire un film d’époque tout en étant parfaitement conscient que le rôle de plus en plus important de la police scientifique et l’abandon du 36 quai des Orfèvres par la PJ ne permettaient plus à une enquête « à la Maigret » de trouver sa place en 2025. Grâce à son excellente mise en scène et à un montage quasi-parfait, il a réussi à faire un film jubilatoire à partir d’une histoire policière dont l’intrigue est pourtant loin d’être remarquable.

En fait, même si on boit du petit lait à l’écoute des interrogatoires menés par le commissaire Maigret, c’est bien plus dans la peinture de la rencontre de ce dernier avec un milieu auquel il est totalement étranger, celui d’une certaine aristocratie qui vit repliée sur elle-même dans le 7ème arrondissement parisien, que le film s’avère particulièrement réjouissant. Lui dont la vie personnelle auprès de Louise, son épouse, est à l’opposé de celle ces vieux aristocrates très catholiques (tout en se montrant .. très peu catholiques par certains côtés), se doit d’être particulièrement prudent dans son enquête, lui qui ne connait pas les codes de tous ces potentiels coupables qu’il a face  lui, coupables de la mort par balle d’un ancien ambassadeur, Monsieur Berthier-Lagès. En plus de ses qualités de mise en scène et de montage, la réussite de Maigret et le mort amoureux, dans lequel l’humour est souvent présent, tient aussi au fait que Pascal Bonitzer a été particulièrement  bien aidé par absolument tous les formidables interprètes qu’il a appelés pour jouer dans son film, même celles et ceux dont les rôles sont très secondaires. Même s’il n’a pas la carrure massive de ses prédécesseurs dans le rôle, les premiers pas de Denis Podalydès dans le rôle du commissaire Maigret sont une réussite totale ; Anne Alvaro est extraordinaire dans le rôle d’une gouvernante totalement dévouée à l’homme pour qui elle travaille ; la présence de Louise, l’épouse du commissaire, est bien plus importante que ce qu’elle est d’habitude et Irène Jacob, qui tient le rôle, s’y avère excellente, tout comme Dominique Reymond en maîtresse platonique du mort assassiné. Quant au transfert de Maigret dans le début du 21ème siècle, il apporte une couche de fraicheur sans pour autant dénaturer le personnage.

Le DVD

[4/5]

Comme d’habitude, Pyramide Vidéo a fait le maximum pour exploiter les possibilités du format DVD en ce qui concerne la qualité de l’image : bon piqué et respect des couleurs sont bien au rendez-vous. Le son est disponible en Dolby 5.1 et en Dolby 2.0. Le choix est offert entre sous-titrage pour sourds et malentendants, sous-titrage en anglais et absence de sous-titrage. Une audio description est également disponible. 

2 bonus accompagne le film. Très différents en terme de durée, ils présentent tous les 2 un grand intérêt. Le premier, d’une durée de 25 minutes, est intitulé « Adapter Simenon du livre au film », et il reprend des morceaux choisis d’une table ronde modérée par Benoît Denis, spécialiste des littératures françaises et francophones, et organisée le 4 septembre 2024 à la Fondation Jan Michalski, table ronde qui réunissait Pascal Bonitzer et John Simenon,  le deuxième des quatre enfants de Georges Simenon et celui qui, depuis 30 ans, gère l’œuvre de son père. Cette table ronde pose la question : Simenon est-il facile à adapter ? Pour certains, il suffit de suivre le roman. Pour d’autres, ça a l’air facile mais ça ne l’est pas. Pascal Bonitzer fait partie de cette dernière famille, en particulier parce que dans les Maigret on est beaucoup dans la tête des gens, ce qui est difficile à traduire au cinéma. Plus le fait que Maigret passe beaucoup de temps à ruminer. Par contre, comme Maigret interroge beaucoup de gens, il y a beaucoup de dialogues et le réalisateur reconnait qu’il y a toujours beaucoup de dialogues dans ses films. Par ailleurs, Bonitzer explique pourquoi il a choisi de transposer l’action du roman au tout début des années 2000, plutôt que de conserver les années 60 ou d’en faire un film contemporain. Le choix de l’interprète est également commenté, le physique de Denis Podalydès, très différent de celui de ses prédécesseurs, permettant de dépoussiérer le personnage et de d’ouvrir au public un œil neuf. Le second bonus, d’une durée de 4 minutes, est un entretien avec Denis Podalydès qui, en seulement 4 minutes, nous fournit un grand nombre d’informations : sur les rapports qu’il a entretenus avec l’œuvre de Simenon, dont il pensait dans un premier temps que c’était une littérature pour le cinéma et qu’il était préférable d’attendre les films tirés de ses romans ; sur le personnage de Maigret, qu’il qualifie de rêveur réflexif ; sur son incompréhension concernant le comportement des êtres humains se montrant capable de tuer d’autres êtres humains ; sur le fait qu’en cas de meurtre, la patience permet à terme de connaître la vérité; etc.

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