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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Spinal Tap II

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Spinal Tap II

États-Unis : 2025
Titre original : Spinal Tap 2 – The End Continues
Réalisation : Rob Reiner
Scénario : Rob Reiner
Acteurs : Michael McKean, Christopher Guest, Harry Shearer
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 1h24
Genre : Comédie, Musique
Date de sortie DVD/BR/4K : 11 février 2026

En 2025, le groupe de hard-rock Spinal Tap doit se reformer pour honorer un contrat qui le liait à son défunt imprésario. Nigel Tufnel, David St. Hubbins et Derek Smalls doivent donc reprendre les répétitions afin d’assurer un ultime concert, prévu à La Nouvelle-Orléans. Les préparatifs de cet événement sont filmés pour la postérité par le réalisateur Marty DiBergi…

Le film

[4/5]

40 ans après un premier film devenu culte dans le monde entier, Spinal Tap II débarque sur les écrans à la façon d’un fantôme en cuir revenu réclamer sa place dans un monde où les amplis ne montent plus jusqu’à 11, mais où les algorithmes décident de ce que vous écoutez, et à quel volume. Le film, toujours réalisé par Rob Reiner, porte en lui l’écho d’une époque où les groupes de rock se maquillaient comme des divas, et cette mémoire se glisse dans les costumes, les silhouettes, les attitudes : un héritage qui raconte quatre décennie d’histoire du rock. Et Rob Reiner filme cette résurgence avec une affection palpable, comme un archiviste un peu fou qui aurait retrouvé une relique sacrée sous un lit d’hôtel. Spinal Tap II s’amuse donc à confronter le groupe à un monde qui n’a plus rien à voir avec celui de 1984. Les réseaux sociaux, les plateformes de streaming, les fans qui ne collectionnent plus les vinyles mais les NFT : tout cela devient matière à satire. Le film montre un groupe qui tente de comprendre un univers où la célébrité se mesure en “tendances” et où un solo de guitare peut être éclipsé par une vidéo de chat. Cette confrontation entre l’ancien et le nouveau donne naissance à des scènes d’un comique presque métaphysique, mais Derrière l’humour, Spinal Tap II interroge la place de l’artiste vieillissant dans une société obsédée par la nouveauté.

Spinal Tap II brille aussi par sa manière de filmer les corps, les gestes, les regards. La caméra, faussement maladroite, suit les musiciens dans les coulisses, les studios, les chambres d’hôtel, captant chaque hésitation comme un fragment de vérité. Les plans serrés révèlent les rides, les doutes, les souvenirs. Les plans larges, eux, montrent un monde qui a continué sans eux. Cette tension entre l’intime et le spectaculaire donne au film une profondeur inattendue. On y voit des hommes qui tentent de retrouver une jeunesse perdue, non pas par vanité, mais par fidélité à ce qu’ils ont été. Le film devient alors une réflexion sur le temps, sur la mémoire, sur la manière dont l’Art peut survivre à ceux qui le portent, mais aussi sur la question de l’héritage. Spinal Tap II montre un groupe qui se demande ce qu’il laisse derrière lui : des chansons ? des souvenirs ? des amplis réglés sur 11 ? Cette quête identitaire se traduit par des scènes où les musiciens rencontrent des fans, des imitateurs, des artistes qui revendiquent leur influence. Il nous rappelle que l’héritage n’est pas une statue figée, mais une vibration qui continue de circuler, même lorsque les projecteurs s’éteignent.

Comme le premier opus, Spinal Tap II repose sur des performances d’acteurs qui flirtent avec l’excellence. Christopher Guest, Michael McKean et Harry Shearer reprennent leurs rôles avec une sincérité désarmante. Ils ne cherchent pas à rajeunir leurs personnages : ils les laissent vieillir, se fissurer, se réinventer. Leur jeu, précis et généreux, transforme chaque scène en petit théâtre de l’absurde, et leur complicité, intacte, donne au film une énergie qui dépasse la simple nostalgie. On notera également la présence au casting de « guests » musicaux prestigieux : outre Paul McCartney et Elton John qui s’offrent de véritables rôles dans le récit, on remarque des apparitions de Questlove (The Roots), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers), Lars Ulrich (Metallica), Little Freddie King et des chanteurs country Garth Brooks et Trisha Yearwood. Et au final, Spinal Tap II réussit à être plus qu’une simple suite : c’est une méditation rock sur le passage du temps, sur la persistance du désir de créer, sur la beauté des illusions qui refusent de mourir. Le film célèbre ses personnages sans les ridiculiser, les observe sans les juger, et leur offre un dernier tour de piste où chaque note résonne comme un souvenir retrouvé. Et dans un monde saturé de contenus, Spinal Tap II rappelle que certaines histoires méritent d’être rejouées, ne serait-ce que pour entendre encore une fois le bruit d’un ampli qui s’allume.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu-ray 4K Ultra HD de Spinal Tap II, édité par Sony Pictures, est sorti discrètement en France au mois de décembre, sans passer par la case « ciné ». Il nous est présenté dans un boîtier simple, presque austère, comme si l’éditeur avait voulu laisser toute la place au film lui-même. L’image, proposée en Dolby Vision et HDR10, offre une restitution remarquable. Les scènes de concert profitent d’une luminosité éclatante, les couleurs des costumes ressortent avec une précision presque textile, et les visages des musiciens révèlent chaque ride, chaque sourire, chaque hésitation. Le grain numérique est maîtrisé, sans excès de netteté, respectant l’esthétique semi-documentaire voulue par Rob Reiner. Les scènes en coulisses, souvent éclairées de manière plus brute, gagnent en profondeur grâce à une gestion subtile des contrastes. Côté son, le film est proposé DTS-HD Master Audio 5.1 pour la VF, et en Dolby Atmos pour la VO. La version originale offre une spatialisation impressionnante, notamment dans les séquences musicales où les guitares semblent circuler autour du spectateur. Mais la version française, loin d’être reléguée au second plan, propose un mixage équilibré, clair, et parfaitement adapté aux dialogues comme aux performances scéniques. Les deux pistes permettent d’apprécier le film dans des conditions optimales, chacune avec sa personnalité sonore. On ne saurait cependant trop vous conseiller de découvrir le film en VO, pour de simples raisons artistiques.

Les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Spinal Tap II sont courts mais pertinents. On commencera avec une featurette centrée sur l’héritage de Spinal Tap (5 minutes), qui réunit Conan O’Brien, Ben Stiller, Ricky Gervais, Questlove et Nate Bargatze. Ils y évoqueront l’impact du premier film sur leur humour et l’influence que le film a pu avoir sur leurs carrières respectives. On terminera ensuite avec un court making of (4 minutes), qui nous propose des interventions de Rob Reiner et du casting revenant sur la genèse de cette suite tardive, sur la manière dont les acteurs ont retrouvé leurs personnages, et sur l’équilibre délicat entre nostalgie et modernité. Ces bonus, bien que brefs, complètent agréablement l’édition en offrant un éclairage sur la place unique de Spinal Tap II dans la culture contemporaine.

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