Test Blu-ray : Week-end de Terreur

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Week-end de Terreur

États-Unis : 1986
Titre original : April Fool’s Day
Réalisation : Fred Walton
Scénario : Danilo Bach
Acteurs : Amy Steel, Jay Baker, Pat Barlow
Éditeur : Rimini Éditions
Durée : 1h29
Genre : Thriller, Fantastique, Slasher
Date de sortie cinéma : 23 juillet 1986
Date de sortie DVD/BR : 16 janvier 2026

Un groupe d’amis d’école se retrouvent pour passer le week-end du 1er avril dans un luxueux manoir, sur une île privée que possède l’une d’entre eux. L’un après l’autre, les invités disparaissent…

Le film

[3/5]

Week-end de terreur est un slasher bien connu des cinéphiles de la génération VHS, ayant essentiellement marqué les esprits en raison de son final assez inattendu et en avance sur son temps. Cependant, si le déroulement des cinq dernières minutes du film est aujourd’hui volontiers considéré comme « délicieusement méta », à la sortie du film il y a presque quarante ans, on le considérait plus généralement comme « complètement débile ». Car sans trop en dévoiler sur l’intrigue, il y a dans cette relecture des « Dix Petits Nègres » d’Agatha Christie un retournement de situation à la Shyamalan ou à la Keyser Söze qui, à l’époque, avait pu donner l’impression au spectateur que l’on se foutait vaguement de sa gueule.

Les twists qui rythment le dernier acte de Week-end de terreur semblaient en effet surtout avoir pour but de combler les trous narratifs les plus béants de l’intrigue. Et pour cause : les retournements de situation successifs s’enchaînant dans les dernières minutes du film ont bien du mal à faire oublier des personnages et des enjeux souvent tout à fait grotesques (le gars qui conseille à sa copine, juste après la découverte des cadavres de trois de leurs amis, de « voir les choses du bon côté ») tout autant qu’une mise en scène tristement mécanique et ennuyeuse – ce qui nous apparaît comme d’autant plus dommage que le réalisateur Fred Walton avait su, en d’autres temps, faire montre d’une autre virtuosité assez bluffante.

Pour autant, avec quelques décennies de recul, on pourrait voir dans Week-end de terreur un démarquage ludique et roublard de la vague de slashers initiée par Vendredi 13 en 1980. Malheureusement, le scénario de Danilo Bach ne choisit jamais réellement sa voie entre le pastiche et le Psycho-Killer, et au final, il a malheureusement un peu trop le cul entre deux chaises pour réellement convaincre : pas assez drôle et/ou excessif pour être considéré comme une comédie, et ni assez tendu / ni assez graphique pour s’avérer un slasher mémorable. Pour autant, et en dépit de personnages peu réalistes, le film fait parfois preuve d’une certaine liberté de ton dans ses dialogues, ces derniers slalomant entre les propos ouvertement sexuels et une défiance vis-à-vis de la bourgeoisie confinant presque à une certaine idée de la lutte des classes.

Et si on ne retrouve derrière la caméra qu’un Fred Walton en demi-teinte, Week-end de terreur est l’occasion de retrouver à l’écran une petite poignée de visages connus. Du côté des actrices, on pense par exemple à Deborah Foreman, vue dans Valley Girl et Waxwork, ou encore à Amy Steel, la « Final Girl » de Vendredi 13 – Chapitre 2 : Le Tueur du vendredi, qui interprète ici un rôle très similaire. Du côté du casting masculin, on notera la présence de Ken Olandt, qui partagerait l’écran avec Jennifer Aniston dans Leprechaun, Clayton Rohner, vu dans Lectures diaboliques puis, plus tard, dans The Human Centipede III (Final Sequence) et, bien sûr, Thomas F. Wilson, surtout connu pour son rôle de Biff Tannen dans la trilogie Retour vers le futur.

Le Blu-ray

[4/5]

C’est Rimini Éditions qui nous propose ce mois-ci de redécouvrir Week-end de terreur dans une belle édition Blu-ray au cœur de la collection « Angoisse », qui s’offre comme toujours un packaging de première qualité. Côté master, c’est du tout bon également : l’image est d’une stabilité exemplaire, la copie d’une propreté remarquable, le piqué est précis, la colorimétrie retrouve une belle vivacité, les contrastes et les détails sont sensiblement renforcés, bref c’est du beau travail technique. De plus, le grain a été préservé, et le tout affiche une forme insolente. En ce qui concerne le son, nous avons évidemment le choix entre la version originale et la version française, les deux étant proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 d’origine. Le doublage français d’origine a été conservé, les dialogues prenant le pas sur les ambiances annexes. La version originale paraît plus « calme », mais en réalité les ambiances, la musique et les dialogues sont beaucoup plus riches. Dans les deux cas néanmoins, l’ensemble est clair et équilibré. On notera également la présence d’un remarquable remixage DTS-HD Master Audio 5.1 pour la VO, qui apporte une spatialisation fine qui colle parfaitement avec l’atmosphère du métrage.

Du côté des suppléments, Rimini Éditions nous propose, comme à son habitude sur la collection « Angoisse », un livret de 24 pages signé Marc Toullec, qui revient de façon assez passionnante sur le contexte de production du film, son tournage et la fameuse scène finale, dont on découvrira qu’elle a été tournée plusieurs semaines après la fin des prises de vue. Sur le Blu-ray à proprement parler, on trouvera une présentation du film par Mylène Da Silva (12 minutes), qui remettra Week-end de terreur dans la chronologie du slasher, abordera quelques aspects du film et reviendra sur la carrière du réalisateur Fred Walton.

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