Populaire

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affichePopulaire

France : 2012
Titre original : –
Réalisateur : Regis Roinsard
Scénario : Regis Roinsard, Daniel Presley, Romain Compingt
Acteurs : Romain Duris, Déborah François, Bérénice Bejo
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h51
Genre : Comédie
Date de sortie : 28 novembre 2012

Globale : [rating:3.5][five-star-rating]

Après quelques court métrages et la réalisation de publicités, de clips et de documentaires musicaux, Régis Roinsard a éprouvé le besoin de passer au long métrage de fiction. Entre l’embryon de l’intrigue, apparu en 2004, et la réalisation du film, le temps lui a permis de choisir entre drame et comédie et de créer les personnages gravitant autour de son personnage principal.

Synopsis : Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…

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Toute une époque !

Un petit village de Normandie en 1958 : on est pile poil au milieu de la période des Trentes Glorieuses, c’est à peine si l’on connaît la signification du mot chômage et la France s’éveille à la société de consommation. A cette époque, l’émancipation de la femme est balbutiante et, pour beaucoup de jeunes filles, l’avenir est tout tracé : femme au foyer ou secrétaire. C’est justement face à cette alternative qu’on fait la connaissance de Rose Pamphyle : elle a 21 ans, et, pour son père, commerçant et veuf, c’est à la première voie qu’elle est destinée, mariée avec le fils du garagiste. Rose ne l’entend pas de cette oreille, elle qui rêve de devenir secrétaire et indépendante. Pour elle, impossible d’hésiter  lorsqu’elle apprend qu’à Lisieux, la ville voisine, Louis Echard, un agent d’assurance dans la bonne trentaine, va faire passer des entretiens d’embauche dans le but de choisir sa nouvelle secrétaire : elle doit s’y rendre, elle doit réussir. Pas besoin de vous faire un dessin : le film s’arrêtait net si Rose, in fine, ne se retrouvait pas embauchée ! Elle qui n’a aucune formation de secrétaire possède un don particulier : sa vitesse de frappe à la machine est phénoménale.

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Arriver au sommet… par procuration

Mais quelle peut être la motivation de Louis Echard pour embaucher une aussi mauvaise secrétaire ? Il se trouve que ce dernier est un sportif frustré : malgré des dons certains dans un certain nombre de sports, il n’a jamais réussi à percer au plus haut niveau et, dès sa première rencontre avec Rose, il a vu l’opportunité d’y arriver par procuration. En effet, à l’époque, les championnats de vitesse dactylo sont très populaires, des championnats qui commencent au niveau régional pour se terminer au niveau mondial. Louis, qui voit en Rose une championne du monde potentielle, va donc devenir le patron de Rose, et son coach, et … ne me dites pas que vous n’avez pas deviné ! Nous voilà donc face à un scénario qui n’a rien de vraiment neuf  et qui s’inspire manifestement des comédies américaines des années 50 et 60, celles de Billy Wilder et de George Cukor. Difficile aussi de ne pas rapprocher Populaire de Dans la maison : dans le dernier film de François Ozon, Lucchini interprète un écrivain raté qui cherche le succès par procuration par l’intermédiaire d’un de ses élèves. Ici, c’est Romain Duris, sportif frustré, qui veut devenir champion du monde par l’intermédiaire de sa secrétaire.

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C’est bien, mais il aurait fallu plus de rythme !

De ce scénario quelque peu éculé, on doit reconnaître que Régis Roinsard a réussi à tirer une comédie tout à fait honorable. Quand on pense aux succès rencontrés par L’arnacœur, Les petits mouchoirs ou Intouchables, on se dit qu’à côté, Populaire, après tout, n’a rien du vilain petit canard. La présence de Guillaume Schiffman, déjà présent dans The Artist, comme Directeur de la photographie, n’est pas étrangère à la qualité du film tout comme l’abattage des comédiens : Romain Duris qui, dans le rôle de Louis Echard, évolue subtilement entre charme et domination ; Deborah François qui a puisé son inspiration et ses coiffures chez Audrey Hepburn pour interpréter une Rose qui ne s’en laisse pas compter ; Bérénice Bejo, qui se doit d’être belle et sensible dans le rôle de Marie, l’ex fiancée idéale de Louis. Plus une ribambelle de seconds rôles tenus par des acteurs majeurs comme Miou-Miou, Eddy Mitchell, Frédéric Pierrot, Féodore Atkine ou Nicolas Bedos.  En fait, le défaut principal du film réside dans son rythme : il faudra qu’un jour, les spectateurs se lancent dans une énorme pétition pour faire comprendre aux réalisateurs qu’il est largement préférable de faire un film parfaitement rythmé de 1 h 30 minutes plutôt qu’un film de 1 h 51 minutes dans lequel, certaines scènes, telles celles des différents championnats de vitesse de frappe auxquels on assiste, sont soit trop longues, soir carrément inutiles. On imagine par ailleurs que Régis Roinsard a pris toutes les précautions possibles pour éviter les anachronismes, que ce soit au niveau des accessoires, des voitures ou de la façon de s’habiller et de se coiffer. Il y en a au moins deux, pourtant, qui lui ont échappé. Le premier est véniel : la chanson Dactylo Rock, qu’on entend au cours d’un championnat, n’est sortie qu’en 1961, plusieurs mois après ce championnat. L’autre est plus « gros » : lors du championnat de France 1959 auquel participe Rose, chaque candidate a sur son bureau une pancarte indiquant sa région d’origine ; et que voit on sur l’une d’entre elles ? La dénomination PACA, dénomination qui n’a existé qu’à partir du décret du 9 janvier 1970 séparant administrativement la Corse du continent !

Résumé

A la fin des années 50, on recherchait déjà la vitesse. Populaire nous permet d’en (re)prendre conscience et permet aussi, plutôt agréablement, de voir le chemin parcouru, depuis 50 ans, dans un certain nombre de domaines, tant techniques que sociétaux. Ce serait mentir que de prétendre que ce film restera à jamais gravé dans l’histoire du cinéma mais un bon divertissement, franchement, ça ne se refuse pas !

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