Hommage à Danny Glover

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Interview Danny Glover au Festival de Deauville 2011

Mercredi 6 septembre: annoncée à 14h, la conférence de presse de Danny Glover attire la foule. La salle est pleine, et beaucoup de gens sont restés dehors. Avec plus de 20mn de retard, l’interprète de L’Arme Fatale arrive lentement, dans un beau costume gris, en raccord avec la couleur de ses cheveux.

La conférence durera le même temps que toutes les autres, mais seulement 3 questions seront posées. En effet, l’homme se révèle bavard. Quand on croit qu’il a finit de répondre, il reprend le micro et continue de s’exprimer. Mais peu importe, on le laisse parler et on boit ses paroles, un peu comme un sermon le dimanche à l’église.

Interview Danny Glover au Festival de Deauville 2011

Dans ses 3 réponses, Danny Glover fera le tour de sa carrière, se rendant compte du chemin parcouru et apparaissant comme toujours passionné par le cinéma avant tout. Il reconnaît en effet choisir les rôles qu’il interprète et les films qu’il veut produire selon ses envies. Il regrette même ne pas avoir fait partie de Oncle Boonmee d’ Apichatpong Weerasethakul, film thaïlandais ayant gagné la Palme d’or à Cannes. Il l’aura « juste » produit. Tout comme l’excellent documentaire The black power mixtape, présenté à Deauville justement, et ayant fait sensation.

En bref, Danny Glover reste fidèle à lui-même, ne choisissant pas des rôles commerciaux. Mais son histoire personnelle a semble-t-il influencée sa carrière. En effet, le fait d’être afro-américain est à la base de tous ses choix. Ayant connu la ségrégation, le racisme au sens large et l’évolution de la technologie, il parle aujourd’hui comme un grand Sage, sans tenir rigueur aux États-unis et aux blancs pour ce qu’il a vécu.

Il reviendra sur les endroits dans lesquels il n’avait pas le droit d’aller parce qu’il était noir, et affirmera ses opinions. Il n’a pas peur de revenir sur ce qui se passe en Afrique avec l’ONU, sur le débarquement en Normandie qui a enrayé le fascisme (il est né 25 mois après), ni même sur les attentats du 11 septembre ou sur l’élection d’Obama.

Interview Danny Glover au Festival de Deauville 2011

Car quand il a quelque chose à dire, il le dit, que ça plaise ou non. Remettant clairement en place les fans à la fin de la séance, qui se bousculent et demande plusieurs fois un autographe, il passe pour un homme bougon, voire hautain. Pourtant, quand il évoque son enfance bercée par la culture afro américaine ou ses premières émotions au cinéma en tant que spectateur, il le fait en riant, avec ce rire si célèbre et communicatif qui lui est propre.

Même s’il défend la culture Noire, et applaudit les changement qui ont eut lieu aux États-Unis comme ailleurs pour les personnes de couleurs, Danny Glover reste toujours engagé, et rappel que tout cela ne fut pas facile. Indiquant qu’il n’y a pas de remède miracle pour les minorités visibles en France et ailleurs, il rajoutera que tout cela s’est obtenu sur la durée et sans abandon, et que l’élection d’un président noir ne marque pas le début d’un changement, mais plutôt l’aboutissement d’une longue lutte. Et qu’il ne faut pas prendre ça pour acquis ou comme un salut…

Mais assez parlé, il est déjà l’heure pour l’acteur de partir inaugurer sa cabine sur les planches de Deauville comme le veut la tradition. Après avoir salué Manu Katché et signé les derniers autographes pour ceux qui n’avaient pas pu rentrer, Danny Glover, l’acteur aux 65 printemps, s’en va tranquillement en attendant son hommage du soir au C.I.D. Et oui…il faut croire que Danny « n’est pas trop vieux pour ces conneries » !

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