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DVD — 04 février 2019
Test DVD : Donbass


: 2018
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Sergei Loznitsa
Interprètes : , Valeriu Andriutã,
Éditeur :
Durée : 1h57
Genre : Guerre, drame
Date de sortie cinéma : 26 septembre 2018
Date de sortie DVD : 5 février 2019

 

Synopsis : Dans le Donbass, région de l’est de l’Ukraine, une guerre hybride mêle conflit armé ouvert, crimes et saccages perpétrés par des gangs séparatistes. Dans le Donbass, la guerre s’appelle la paix, la propagande est érigée en vérité et la haine prétend être l’amour. Un périple à travers le Donbass, c’est un enchainement d’aventures folles, dans lesquelles le grotesque et le tragique se mêlent comme la vie et la mort. Ce n’est pas un conte sur une région, un pays ou un système politique mais sur un monde perdu dans l’après-vérité et les fausses identités. Cela concerne chacun d’entre nous…

 

 

Le film

[3.5/5]

Sergei Loznitsa est un réalisateur parfois difficile à bien cerner : biélorusse et ukrainien, vivant en Allemagne, réalisant des documentaires et des films de fiction. Le public des cinéphiles l’avait découvert il y aura bientôt 9 ans avec My joy, un film d’une très grande force. Impression confirmée avec le long métrage de fiction suivant, Dans la brume, en 2012. Puis, 5 ans se sont écoulés avant son 3ème long métrage de fiction, Une femme douce, moins enthousiasmant que les 2 premiers, mais faisant quand même partie des meilleurs films de la très faiblarde sélection officielle de Cannes 2017. Et voici Donbass, présenté à un Certain Regard de Cannes 2018 où il a obtenu le Prix de la mise en scène de cette sélection.

Le titre du film permet de situer sans ambiguïté la région du monde dans laquelle se déroule l’action : La république populaire de Donetsk, État sécessionniste de l’Ukraine autoproclamé à Donetsk le 7 avril 2014. Une région où il est très difficile de se faire une opinion sur ce qui se passe. Par exemple, dès cette sécession, les rebelles russophones demandent le rattachement de cette république populaire autoproclamée à la Russie, mais cette dernière n’a pas donné suite à cette demande !

Donbass s’apparente à un film à sketchs, avec 13 histoires différentes se déroulant dans le Donbass en 2014 et 2015. Un film qui déborde de richesses, un peu trop, même ! On y parle de corruption organisée, de lâcheté de la foule, de lynchage, d’appartements insalubres sans électricité, de reportages télévisés « bidonnés » avec de faux témoins, de journalistes allemands traités de fascistes, de bureaucrate réquisitionnant une voiture au nom du patriotisme, etc. Pour nous, complètement à l’ouest de l’Europe, le message de Loznitsa n’est pas forcément très clair si ce n’est qu’on sent qu’il ne porte pas trop Poutine dans son cœur. On peut souhaiter que ses prochains films soient plus universels dans leur approche, mais il n’empêche que, avec ses beaux plans séquence assez longs, avec la grande énergie qu’il dégage, avec son mélange détonnant de drame et de bouffonnerie, Donbass est, cinématographiquement parlant, une œuvre très accomplie.

Et maintenant, pourquoi ne pas aller lire la critique écrite « à chaud » par Tobias, au moment du Festival de Cannes ?

 

 

Le DVD

[4/5]

Tant sur l’image que sur le son, Pyramide Vidéo a fait un excellent travail. Disponible en 2.0 et en 5.1, en version originale sous-titrée, le son jouit d’une très bonne spatialisation, qu’on goûtera d’autant mieux si on a pris soin, pour une fois, de regarder le bonus avant de regarder le film. Quant à l’image, aucun souci, c’est pratiquement ce qu’on peut faire de mieux concernant un transfert sur DVD.

Un seul bonus est proposé, d’une durée de 34 minutes, mais il est particulièrement intéressant (bien sûr, on laisse de côté les sempiternelles bandes-annonce !). S’agissant d’une master-class donnée par le réalisateur au Centre Pompidou, le 10 juin 2018, peu de temps après les projections cannoises de Donbass, et intitulée  La fabrique du son, il faut avouer qu’on prend peur à l’audition des 5 premières minutes : un son particulièrement mauvais qui fait qu’on ne comprend pratiquement pas ce qui se dit. Normal en ce qui concerne Sergei Loznitsa qui s’exprime en russe, moins normal concernant celui qui traduit en français ! Heureusement, la suite devient tout à fait audible et ce qu’on apprend sur la façon dont le réalisateur et son équipe ont travaillé sur le son du long métrage documentaire Victory day et sur le film de fiction Donbass s’avère particulièrement intéressant. Intéressant et un peu surprenant : En effet, on apprend que la projection de Donbass à Cannes s’est faite avec une version où le son était loin d’être finalisé. La version définitive a été terminée entre Cannes et la master-class. Le bonus permet de comparer sur une scène la version de Cannes et cette version définitive et la différence est énorme ! Très intéressante aussi la réflexion sur la difficulté du sous-titrage dans les scènes où 4 ou 5 personnes s’expriment en même temps.

 

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles