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Critique Express : Deux femmes et quelques hommes

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Deux femmes et quelques hommes   

Canada : 2025
Titre original : Deux femmes en or
Réalisation : Chloé Robichaud
Scénario : : Catherine Léger
Interprètes : Laurence Leboeuf, Karine Gonthier-Hyndman, Félix Moati
Distribution : Les Alchimistes
Durée : 1h40
Genre : Comédie
Date de sortie : 4 mars 2026

1/5

Synopsis : Violette et Florence sont voisines de palier et s’observent. L’une, en congé maternité, est à fleur de peau ; l’autre, en arrêt de travail, ne ressent plus rien. Leur rencontre bouscule soudain leur quotidien monotone et leur regard sur les hommes…. Et s’il était temps d’envisager une révolution sexuelle ?

A la vision de ce film, on se demande pourquoi une réalisatrice travaillant sur la libido des femmes et sur leur libération sexuelle se croit obligée d’emprunter ce qu’il y a de pire dans un certain cinéma masculin : la vulgarité et la lourdeur. Ce film dont le titre, en France, est Deux femmes et quelques hommes, avait pour titre original, au Québec, Deux femmes en or, et c’est le « remake », scénarisé par Catherine Léger après sa propre adaptation théâtrale, en 2023, d’un film de Claude Fournier, sorti en 1970 sous ce même titre de Deux femmes en or, mais devenu en France Deux filles perverties. Sont elles « en or » ou « perverties » ces femmes dont les relations avec quelques hommes sont observées par Chloé Robichaud ? En tout cas, le « remake » ne peut qu’être différent par rapport à l’original, le contexte de la vie sexuelle des couples, des femmes et des hommes ayant pas mal changé entre 1970 et 2026. En 1970, on était en plein dans ce qu’on a appelé la révolution sexuelle et il y avait de la joie et de l’épanouissement chez Fernande et Violette, ces 2 femmes qui cherchaient à s’émanciper du patriarcat.

Ce que nous montre Chloé Robichaud, ce sont deux voisines, Violette et Florence, chez qui l’émancipation a été remplacée par l’ennui. La routine de la vie de couple, la maternité et/ou la vie professionnelle ont fait que, chez elles, le désir partagé avec leurs conjoints est aux abonnés absents, la libido au sein de leurs couples est patraque. Et c’est une révolution sexuelle 2.0 que nous cherche à nous montrer la réalisatrice. Causes différentes mais effets similaires : l’utilisation d’artisans, plombier, agent d’entretien, etc., chargés de redonner du tonus à la libido des 2 femmes. A priori, tout cela pouvait donner lieu à un film s’interrogeant intelligemment sur l’évolution de la place de la sexualité chez les femmes durant ces 50 dernières années tout en se moquant gentiment des stéréotypes des films pornographiques. Il n’en est rien, malheureusement, Deux femmes et quelques hommes restant en permanence dans le domaine de la trivialité, de la vulgarité et de la lourdeur et débouchant, in fine, sur un monument d’ennui. On notera que, lorsque le film a été projeté lors des Rencontres Cinématographiques de Cannes, il n’était pas sous-titré ce qui, pour un film québécois, n’est pas sans présenter quelques problèmes de compréhension. La bande-annonce étant sous-titrée, on peut espérer que le distributeur, entre temps, s’est aperçu de la nécessité d’un sous-titrage pour le public français.

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