Critiques de films Drame — 19 mars 2019
Critique : C’est ça l’amour

C’est ça l’amour

France : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Claire Burger
Interprètes : , , Sarah Henochsberg,
Distribution :
Durée : 1h38
Genre : Drame
Date de sortie : 27 mars 2019

3.5/5

Il y a 5 ans, la Caméra d’or du Festival de Cannes avait été attribuée à Party girl, un film réalisé dans la région de Forbach par Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis. C’est toujours à Forbach que se passe l’action de C’est ça l’amour, mais, cette fois ci, il n’y a qu’une réalisatrice, Claire Burger. Ce film a été primé dans une section parallèle lors de la dernière Mostra de Venise.

Synopsis : Depuis que sa femme est partie, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Un couple qui se sépare

Cela faisait 20 ans que Mario et Armelle étaient en couple. De cette union sont nées 2 filles, Niki, qui a maintenant 17 ans, et Frida, 14 ans. Pas encore totalement élevées, mais, qu’importe, Armelle a soif de liberté et la vie en couple avec Mario  ne lui convient plus. Pas question pour ce dernier de tenter de la retenir coute que coute : Pour lui, c’est ça l’amour ! Il préfère ne voir dans ce départ que le désir pour Armelle de faire une pause et, en attendant un retour qu’il espère le plus rapide possible, il va s’efforcer de poursuivre au mieux l’éducation de ses filles. Une tâche qui s’avère plus facile avec Niki, quand bien même son âge l’amène à rêver d’indépendance, qu’avec Frida, qui supporte très mal le départ de sa mère, qui souhaiterait ne plus vivre chez son père et qui, suite à un baiser, se découvre amoureuse d’Alex, une fille de son âge.

Mario Messina

Née à Forbach, Claire Burger a tenu à situer son film de façon très précise dans l’environnement local qu’elle connait bien. C’est ainsi qu’Armelle s’occupe du son et de l’éclairage dans le théâtre de Forbach, Le Carreau. Quant à Mario, aux origines italiennes, il travaille dans l’administration régionale. Un travail dans lequel il met autant de bienveillance et de générosité que dans sa vie familiale, cherchant sans arrêt à arrondir les angles avec ses « clients », quand bien même, la plupart du temps, ce comportement finit par se retourner contre lui.

Est-ce parce qu’il est amateur d’art sous toutes ses formes, est-ce pour se changer les idées et faire de nouvelles rencontres, est-ce parce que les répétitions ont lieu dans le théâtre où travaille Armelle, toujours est-il que Mario décide d’intégrer Atlas, un processus de théâtre amateur basé sur le vécu des participants et qui va lui permettre de mettre en scène, de façon chorégraphiée, une scène de baiser rappelant celui échangé entre Frida et Alex tout en amenant Mario à deviner que, peut-être, une nouvelle vie est envisageable pour lui aussi.

La rencontre avec un homme

C’est ça l’amour, c’est avant tout la rencontre avec un homme, un quadragénaire sensible, fragile et dévoué que sa femme vient de quitter, qui avoue avoir du mal à comprendre les femmes et qui se retrouve seul à élever deux filles, une qui s’apprête à quitter l’adolescence, l’autre qui vient juste d’y arriver. Cet homme, la réalisatrice l’avait rencontré dans sa propre vie, s’étant beaucoup inspiré de son père pour ce personnage. Autant de raisons pour faire du choix de l’interprète de Mario quelque chose de capital.

Jusqu’à présent, Claire Burger avait surtout travaillé avec des acteurs non professionnels et il y avait une bonne part d’improvisation dans les court-métrages qu’elle avait tournés ainsi que dans Party girl. Cette fois ci, elle tenait à ce que son film se rapproche le plus possible de ce qu’elle avait écrit et elle avait envie de voir ce qu’un comédien professionnel pouvait lui apporter. Ce comédien, c’est en Belgique, géographiquement et culturellement très proche de Forbach, qu’elle l’a trouvé : Bouli Lanners, une fois de plus étonnant de justesse et de sensibilité. Autour de lui, les autres interprètes, très justes également, ne sont pas des comédiennes professionnelles : le choix de Justine Lacroix, l’interprète de Frida s’est fait à l’issue d’un casting sauvage en Lorraine, celui de Sarah Henochsberg, l’interprète de Niki, au cours d’une rencontre dans un mariage avec la réalisatrice. Quant à Cécile Remy-Boutang, qui joue Armelle, c’est tout simplement la directrice de production du film !

Conclusion

Doit on être surpris qu’un portrait aussi juste et aussi touchant d’un homme ait pu être réalisé par une femme ? Sûrement pas lorsqu’on sait que Claire Burger s’est inspirée de sa propre histoire, de son propre père et qu’elle a tourné son film dans la maison où elle a passé son enfance. Avec ce film très sensible, à la mise en scène tout à la fois discrète et efficace, Claire Burger, bien aidée par la prestation de Bouli Lanners et de la brochette de comédiennes qui l’entoure, vient confirmer les qualités que Party girl laissait entrevoir.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles