Carrie au bal du diable

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Carrie au bal du diable

Carrie au bal du diableCarrie au bal du diable

USA : 1976
Titre original : Carrie
Réalisateur : Brian De Palma
Scénario : Lawrence D. Cohen
Acteurs : Sissy Spacek, Piper Laurie, Amy Irving
Distribution : Redbank
Durée : 1h38
Genre : Fantastique , Drame , Épouvante-horreur , Thriller , Romance
Date de sortie : 1976

Globale : [rating:4.0]
[five-star-rating]

Carrie au bal du diable est un film d’épouvante de Brian De palma sorti en 1976 et adapté du roman Carrie de Stephen King. Le film a connu un véritable succès critique en remportant le Grand Prix au Festival d’Avoriaz de 1977 et 2 nominations aux Oscars pour Sissy Spacek (Carrie) et Piper Laurie (la mère de Carrie, Margaret) dans les catégories Meilleure actrice et Meilleure actrice dans un second rôle.

Synopsis : Tourmentée par une mère névrosée et tyrannique, la vie n’est pas rose pour Carrie. D’autant plus qu’elle est la tête de turc des filles du collège. Elle ne fait que subir et ne peut rendre les coups, jusqu’à ce qu’elle ne se découvre un étrange pouvoir surnaturel.

Carrie au bal du diableL’émancipation par le sang

Carrie au bal du diable est avant tout l’histoire d’une jeune fille rejetée par son entourage : sa mère (sa seule famille puisqu’elle n’a plus de père) et ses camarades de classe qui la trouvent trop étrange et qui en profitent pour en faire leur tête de turc. Le scénario est assez intéressant et on aime tout de suite plaindre la lycéenne solitaire et mal dans sa peau. Il faut dire que le réalisateur fait tout pour provoquer l’empathie chez le spectateur. Il a su donner à son personnage principal une personnalité attachante : Carrie est timide, toujours en retrait et avance la tête baissée. A force d’être considérée comme un objet, elle finit par se comporter comme tel et se retrouve embarrassée lorsqu’on lui fait un compliment. Le personnage est joliment interprété par Sissy Spacek qui, par son physique et sa prestation, rend Carrie douce et humble.

Carrie ne cesse d’être l’opposé des personnages secondaires, notamment de sa mère : celle-ci, malade mentale, est toujours vêtue de noir, contrairement à sa fille qui apparaît comme une être surnaturel (la robe rose pâle du bal, le nom de famille « White » souvent remis en avant). La mère est un personnage à part entière que l’on pourrait analyser durant des heures. De Palma a vraiment creusé la personnalité et le physique de Margaret qui est probablement le vrai démon du film. Le long-métrage entier repose sur elle, ses peurs et ses traumatismes. Au final, le seul adjuvant de Carrie reste son professeur, une femme qui tient à la fois un rôle de mère et d’amie. Elle est un peu « la marraine la bonne fée » que l’on retrouve dans les contes.

On retrouve cette notion de contes dans la scène d’introduction du film qui mérite qu’on s’y attarde un peu. Au premier abord, on peu penser que le réalisateur s’est un peu lâché en réalisant le souhait de beaucoup d’hommes : entrer dans les vestiaires des filles. Bien sûr elles sont nues sous la douche, rient ensemble en sous-vêtements… Les images lentes et la musique rendent la scène érotique, mais en tant que femme, on ne peut s’empêcher de sourire face à un passage aussi idéalisé. La caméra vient finalement se poser sur Carrie. La jeune fille est en train de prendre sa douche très sensuellement lorsqu’elle se trouve soudainement indisposée pour la première fois. La scène est immédiatement cassée, la coupure est bien amenée. L’arrivée des règles marque pour elle la fin de l’enfance et de la soumission, puisqu’elle se découvre au même instant des pouvoirs démoniaques. Le sang est un élément présent tout au long du film, et plus Carrie en est recouverte, plus elle est dangereuse.

Carrie au bal du diableUn film d’horreur ?

Le suspens est très bien mis en place, notamment lors de la scène du bal : va-t-elle se prendre le seau de sang ? Les images sont ralenties et accompagnées des notes aigües et angoissantes de violons. L’attente est insoutenable et le stress monte en nous. Cette scène est vraiment bien réalisée.

Carrie au bal du diable est un film d’épouvante mais ne nous voilons pas la face, il n’est pas si effrayant que ça. Tout d’abord parce qu’on s’attache tellement au personnage qu’on n’arrive pas à en avoir peur. Ensuite, parce qu’il faut avouer que certaines scènes sont assez candides et nous font sourire, comme le passage dans lequel elle est élue reine du bal du lycée. Mais d’un autre coté, le film ne serait pas aussi culte sans elles, elles sont indissociables de l’ensemble. Au final, le plus flippant reste encore la statuette de Jésus dans le cagibi de la maison des White.

Résumé :

Carrie au bal du diable est un très bon film même si l’effroi n’est pas toujours au rendez-vous. Il résulte de ce long-métrage un petit quelque chose d’indescriptible qui le rend hyper culte : peut-être est-ce l’abondance de scènes teenage, le coté malsain de la famille White, la mise en scène splendide de De Palma ou tout simplement le personnage poétique et hors du commun de Carrie ?

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=XQrCvHjv8ro[/youtube]

 

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