Camp Hell

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Camp Hell photo du film

Globale : [rating:2][five-star-rating]

Camp Hell de l’américain Georges Vanbuskirk n’est pas un film d’horreur. Le film à l’origine s’intitule Camp Hole (le camp de l’espoir). Cette amère tromperie résulte d’une volonté marketing délibérée de capter plus largement un public par l’intrusion de rares et brèves scènes horrifiques. Camp Hell doit être requalifié comme un drame de l’adolescence américaine enrôlée dans les croyances religieuses d’extrême-droite.

Synopsis : A la fin de chaque été, des jeunes d’une communauté du New Jersey se rendent au camp de l’espoir. Un prêtre se charge de leur inculquer les valeurs et préceptes religieux afin de les éloigner des démons. Une éducation qui ne retiendra pas forcément toutes les puissances du mal…

Camp Hell photo du film

Le camp : prisme du catholicisme extrémiste américain

Le thème central traité dans Camp Hell est l’emprise de l’ultra-conservatisme religieux. Tommy qui tient le rôle principal (Will Denton, Fright Night) se rend comme chaque année à la communauté de l’espoir durant l’été. Au programme, des règles impitoyablement strictes : prières; codes vestimentaires et une discipline d’un autre temps; mixité entre filles et garçons interdite. Tous et toutes sont surveillés et privés de musique, téléphone, revues et même de friandises. Et la faute élevée au stade de la violation ultime du dogme est la condamnation des tentations de la chair. Même reclus dans leur dortoir, les troupes sont à la botte des prérogatives de frère Phinéas McAllister (Bruce Davidson) : « il vous faut prier pour repousser les tentations du diable qui va se déchaîner ». La diabolisation de l’émancipation sexuelle, de la relation homme-femme ainsi que la permanente pression disciplinaire enferment cette communauté dans la dévotion totale à la religion. Cette réduction de l’individu aux prédicats extrêmes du religieux ne vire pas dans la brutalité, la violence ou la révolte. Le quotidien du camp occupe une grande partie du film sur un rythme et un ton progressif qui paraît naturel.

Camp Hell photo du film de George Vanbuskirk

Drame d’une jeunesse menacée dans son équilibre mental

Ce positionnement laisse au film toute la latitude pour montrer que les croyances religieuses sabordent l’équilibre psychique jusqu’à l’éclosion d’une maladie mentale. La puissante force des interdits s’associe à la constante oppression de la damnation. Tommy représente dans la communauté la victime de cette tyrannie exercée sur l’adolescence. Lorsqu’il confie sa peur « de perdre la raison et de devenir fou », le frère Phinéas joue de son ascendance. Fragilisé, le jeune homme avoue le péché absolu d’avoir cédé à la tentation de la chair. Déjà hanté de cauchemars récurrents qui évoquent le purgatoire auquel il serait destiné, il chavire dans des hallucinations et visions démoniaques. C’est autour des perturbations psychiques de ce personnage que le film tente de glisser les caractéristiques visuelles du genre horrifique de façon fugace et non convaincante. Reste qu’il n’échappe pas à la punition cruelle et exemplaire : expier ses péchés dans la prière et la totale solitude. Les liens avec autrui inexistant, il se retrouve dans une souffrance intérieure aigue avec des mécanismes de rééquilibrage psychologiques brisés et détrônés par des croyances dévoyées. En sortira-t-il ?…

Résumé

Camp Hell porte ainsi un titre bien trompeur mais ne rate pas son sujet. Il bénéficie d’une bonne interprétation. En revanche, il est difficile de faire honneur à la réalisation particulièrement conventionnelle et simple. De quoi douter de son effet sur nos grands écrans et sur un public exigeant en sensations plus fortes. En format DVD il suffira…

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