Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé – La critique contre

Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé

France : 2012
Titre original : Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé
Réalisateur :
Scénario : Bruno Podalydès
Acteurs : , ,
Distribution : UGC Distribution
Durée : 1h40
Genre : Comédie
Date de sortie : 20 juin 2012

Globale : [rating:1,5][five-star-rating]

Que se passe-t-il ? Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2012 : une salle bourrée de spectateurs qui rient, qui gloussent, qui s’esclaffent, et … à peine deux ou trois répliques que l’on trouve vraiment drôles, noyées dans un océan de gags téléphonés et de dialogues très forcés et souvent vulgaires,  tout cela pouvant faire paraître très longues les 100 minutes que dure ce film.

Synopsis : Mémé is dead. Berthe n’est plus. Armand avait « un peu » oublié sa grand-mère… Pharmacien, il travaille avec sa femme Hélène à Chatou. Dans un tiroir de médicaments, Armand cache ses accessoires de magie car il prépare en secret un tour pour l’anniversaire de la fille… de son amante Alix. Et mémé dans tout ça ? On l’enterre ou on l’incinère ? Qui était Berthe ?

Valérie Lemercier, Denis Podalydes

Deux frères et leur troupe

Avec Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé,  Bruno et Denis Podalydès  en sont à leur 8ème collaboration, leur 4ème en ce qui concerne l’écriture d’un scénario. Ils ont par ailleurs leur « troupe » de comédiens dans laquelle ils  plongent régulièrement pour  alimenter les affiches de leurs  productions  : c’est ainsi qu’on retrouve ici Isabelle Candelier, Michel Vuillermoz, Jean-Noël Brouté, Samir Guesmi et Pierre Arditti. Finalement, la seule bizuth de l’équipe, tout au moins au niveau des têtes d’affiche, c’est Valérie Lemercier.

Les ressorts du rire

Tout ce monde est convoqué pour une comédie dans laquelle sont convoqués de grands ressorts du rire :  un adultère,  une belle-mère, des tours de magie, un homme âgé qui perd sa tête et qui dit n’importe quoi  et … un enterrement. Armand (Denis Podalydès), pharmacien de son état, a deux femmes dans sa vie, Hélène, sa femme légitime (Isabelle Candelier) et Alix, sa maîtresse (Valérie Lemercier). A la mort de sa grand-mère, il doit choisir entre crémation et inhumation, entre une entreprise de pompes funèbres que lui conseille sa belle-mère et une autre entreprise, entre une date qui l’empêcherait de faire un tour de magie pour l’anniversaire de la fille d’Alix et une autre date. Ajoutons qu’il est veule et que son père (Pierre Arditti) n’a plus toute sa tête.

Valérie Lemercier

C’est parti, on va rire ! On devrait …

Soyons franc : selon une statistique observée à Cannes,  Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé  arrive à faire rire 9 personnes sur 10. Difficile de ramer face à cette vague ! On se contentera d’observer que, parmi les films précédents de Bruno Podalydès, Liberté-Oléron, Le mystère de la chambre jaune, Le parfum de la dame en noir et Bancs publics (Versailles rive droite) sont loin d’avoir fait l’unanimité du public. Il faut reconnaître que le genre de comédie que tente de pratiquer Bruno Podalydès est un genre très difficile : il faut tracer sa voie sur une crête très étroite, avec, d’un côté, le gouffre du manque de folie et, de l’autre, l’abîme de la vulgarité et du gag forcé. Si l’on rajoute que les limites d’un côté comme de l’autre sont loin d’être les mêmes pour tous les spectateurs, on voit la difficulté de la tâche. Le cinéma britannique arrive souvent au sans faute dans ce domaine. Ce n’est malheureusement pas le cas de Bruno Podalydès. Osons le dire : Adieu Berthe ou l’enterrement de mémé tombe très souvent d’un côté et de l’autre ! Manque de folie car la plupart du temps très plan-plan, vulgarité dans les dialogues mis dans la bouche de Valérie Lemercier et dans le comportement de Pierre Arditti qu’on a rarement vu aussi « perdu » dans un film. Certes, Bruno Podalydès arrive à retrouver la ligne de crête de temps en temps, grâce, surtout, à quelques répliques bien venues, mais, avouons le, c’est peu !

Heureusement, un petit plaisir !

Heureusement, il y a un domaine dans lequel Bruno Podalydès nous donne beaucoup de plaisir : le choix des musiques qui accompagnent certaines séquences. Après Donovan et « The Universal Soldier » de Buffy Sainte-Marie dans Bancs publics (Versailles rive droite), c’est « Live Forever », une très belle chanson de Billy Joe et Eddy Shaver, interprétée ici par Joe Ely, qui nous met du baume au cœur. Au fait, pourquoi la version originale n’est-elle jamais choisie ?

Résumé

Il est difficile, pour un spectateur potentiel, de savoir de quel côté se tourner quand il entend qu’une grande majorité de spectateurs a passé son temps à s’esclaffer alors que d’autres n’ont ri que 2 ou 3  fois, n’ont souri que 5 ou 6  fois et se sont ennuyés le reste du temps.  Surtout si on lui dit que ces « autres » ne sont pas tous des pisse-froid refusant de voir dans la comédie un genre majeur du cinéma.

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Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles