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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Backrooms

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Test Blu-ray 4K Ultra HD : Backrooms

Titre original : Backrooms
Réalisateur : Kane Parsons
Scénario : Will Soodik
Casting principal : Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass
Genre : Fantastique Date de sortie cinéma : 17 juin 2026 Date de sortie DVD/BR/4K : 23 octobre 2026
Durée : 1h50
Pays : États-Unis (2026)
Éditeur : Metropolitan Film & Video

Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles…

Test Blu-ray 4K Ultra HD : Backrooms

Le film

[4/5]

Avec Backrooms, Kane Parsons transforme un cauchemar né sur Internet en une expérience de cinéma grandeur nature, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeune réalisateur a de la suite dans les idées. À l’origine, les Backrooms désignent ces espaces liminaux devenus une véritable légende urbaine numérique : des couloirs interminables, des bureaux déserts, des murs jaunâtres et des plafonds éclairés par des néons fatigués, autant de lieux familiers qui finissent par donner l’impression d’avoir été abandonnés par la réalité elle-même. Dans le film, une étrange porte apparaît au sous-sol d’un magasin de meubles. Derrière elle s’étend un labyrinthe dont les règles échappent à toute logique humaine. De quoi donner envie de vérifier deux fois la porte de la cave avant d’aller chercher le carton de décorations de Noël. Mais Backrooms ne se contente pas de jouer avec une peur de geek : il exploite avec une remarquable efficacité notre malaise face aux endroits qui semblent exister sans raison, ni occupants, ni véritable destination.

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Le film de Kane Parsons tire justement sa force de cette géographie de l’absurde. Les couloirs se ressemblent, les portes promettent des issues qui ne tiennent pas leurs engagements, et chaque recoin paraît avoir été dessiné par un architecte ayant définitivement perdu foi en l’humanité. La mise en scène s’attarde sur ces espaces avec une patience presque insolente, laissant les décors installer une inquiétude que les effets de surprise ne viendraient que parasiter. La lumière artificielle, les teintes maladives et les perspectives fuyantes composent un univers où l’architecture semble avoir développé une forme de rancune contre ceux qui la traversent. Backrooms fait ainsi du décor bien davantage qu’un terrain de jeu horrifique : il devient une prison mentale, un espace où les repères s’effondrent et où le cerveau, privé de logique rassurante, se met à fabriquer ses propres monstres. L’angoisse naît moins de ce qui apparaît que de ce que l’image refuse obstinément de révéler.

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L’une des bonnes idées de Backrooms consiste à ne pas s’enfermer dans le seul plaisir de l’exploration. La disparition mystérieuse d’un patient conduit une psychothérapeute à s’aventurer dans cette dimension inquiétante, donnant à l’histoire une dimension humaine qui empêche le concept de tourner à vide. Car que reste-t-il de notre identité lorsque les lieux qui nous entourent cessent de nous aider à comprendre où nous sommes ? Les Backrooms deviennent le prolongement monstrueux d’un monde contemporain où l’on peut se sentir perdu au milieu de bureaux parfaitement fonctionnels, de centres commerciaux sans âme et de bâtiments conçus pour la circulation plutôt que pour la rencontre. Le film flirte avec la science-fiction, le fantastique et l’horreur psychologique, tout en conservant quelque chose de profondément enfantin dans sa manière d’imaginer une porte interdite derrière laquelle tout peut arriver. Cette curiosité, toutefois, n’est jamais gratuite : elle dit aussi le besoin de franchir les limites du connu, quitte à découvrir que l’univers n’a aucune obligation de nous fournir un plan d’évacuation.

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Passer des vidéos horrifiques diffusées sur YouTube au long-métrage constituait pourtant un sacré défi. Ce qui fonctionne sur quelques minutes, grâce à l’étrangeté d’une image et à la frustration de ne jamais obtenir de réponse, risque de perdre de son pouvoir lorsqu’il faut tenir près de deux heures. Backrooms n’échappe pas entièrement à cette difficulté : à mesure que la mythologie s’étoffe, le mystère menace parfois de se transformer en mécanique narrative, et l’explication de l’inexplicable possède forcément quelque chose de moins inquiétant que l’inconnu lui-même. Mais Kane Parsons conserve suffisamment de maîtrise visuelle et de sens du malaise pour éviter que son labyrinthe ne devienne un simple couloir à attractions. Chiwetel Ejiofor apporte de la gravité à cette plongée dans l’irrationnel, tandis que Renate Reinsve contribue à ancrer le récit dans une émotion moins abstraite que ses décors. Backrooms n’est peut-être pas la dernière porte de l’horreur contemporaine, mais il en ouvre une particulièrement intrigante, derrière laquelle le cinéma de genre retrouve le plaisir de nous faire douter de la solidité du monde. Et, franchement, un magasin de meubles ne devrait plus jamais être considéré comme un endroit parfaitement innocent.

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Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

L’édition limitée SteelBook® de Backrooms, proposée par Metropolitan Film & Video, réunit le Blu-ray 4K Ultra HD du film en HDR10 et son homologue Blu-ray. Un écrin métallique qui devrait trouver naturellement sa place dans la collection des amateurs d’horreur contemporaine, tant l’univers imaginé par Kane Parsons se prête à une présentation soignée. Le master 4K, redoutable de précision, constitue un excellent atout pour un film dont la direction artistique repose énormément sur les détails des décors, les textures des murs, les variations de lumière et les perspectives interminables. Le HDR10 est également particulièrement intéressant pour restituer les éclairages artificiels, les zones d’ombre et les nuances de jaune qui donnent aux Backrooms leur identité visuelle si particulière. Côté son, les pistes française et originale en DTS-HD Master Audio 5.1 nous proposent un terrain d’expression idéal pour une œuvre où l’ambiance sonore participe pleinement à la sensation d’enfermement. Ronronnements électriques, réverbérations inquiétantes, bruits lointains et manifestations plus brutales peuvent exploiter les différents canaux pour installer le spectateur au cœur du labyrinthe.

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Côté suppléments, on commencera avec le commentaire audio de l’équipe, réunissant Kane Parsons, Edward J. Douglas, Eugenio Battaglia et Edo Van Breemen : une occasion de revenir sur la réalisation, les effets visuels, le travail sonore et musical qu’a nécessité le film. On continuera avec un intéressant making of (26 minutes), qui donne la parole à plusieurs membres de l’équipe, parmi lesquels le producteur Chris Ferguson, le directeur de la photographie Jeremy Cox, le chef décorateur Danny Vermette et les acteurs (Chiwetel Ejiofor, Renate Reinsve, Mark Duplass, Lukita Maxwell et Finn Bennett). Images de tournage, conceptions préparatoires réalisées avec Blender et retour sur les précédentes vidéos de Kane Parsons permettent d’approfondir la notion d’espace liminal, véritable colonne vertébrale du film. On poursuivra avec les secrets du tournage de la scène d’ouverture (5 minutes), accompagnées d’un commentaire facultatif d’Edward J. Douglas et Calvin Romaine, qui reviendront sur la conception d’une séquence essentielle pour installer l’étrangeté du récit. On terminera avec un module sur les effets spéciaux (16 minutes), où Kane Parsons détaille la création des environnements numériques et le passage des premières idées à leur concrétisation à l’écran, notamment grâce à Blender. Un ensemble qui intéressera autant les curieux que les passionnés d’effets visuels et de cinéma fantastique indépendant.

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