Test Blu-ray 4K Ultra HD : Pris au piège – Caught Stealing

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Pris au piège – Caught Stealing

États-Unis : 2025
Titre original : Caught Stealing
Réalisation : Darren Aronofsky
Scénario : Charlie Huston
Acteurs : Austin Butler, Zoë Kravitz, Matt Smith
Éditeur : Sony Pictures
Durée : 1h47
Genre : Thriller, Comédie
Date de sortie cinéma : 27 août 2025
Date de sortie BR/4K : 31 décembre 2025

Hank Thompson a été un joueur de baseball prodige au lycée, mais désormais il ne peut plus jouer. À part ça, tout va bien. Il sort avec une fille géniale, il est barman la nuit dans un bar miteux à New York, et son équipe préférée, donnée perdante, est en train de réaliser une improbable remontée vers le titre. Quand Russ, son voisin punk lui demande de s’occuper de son chat pendant quelques jours, Hank ignore qu’il va se retrouver pris au milieu d’une bande hétéroclite de redoutables gangsters. Les voilà tous après Hank, et lui ne sait même pas pourquoi. En tentant d’échapper à leurs griffes, Hank doit mobiliser toute son énergie et rester en vie assez longtemps pour comprendre…

Le film

[4/5]

Dans Pris au piège – Caught Stealing, Darren Aronofsky revient à New York comme on retourne dans une vieille chambre d’adolescent : un endroit qui sent encore la sueur, les regrets et les posters mal arrachés. Le film plonge dans les années 90 avec une précision presque fétichiste, comme si chaque ruelle, chaque néon, chaque bar miteux avait été reconstruit à partir d’un souvenir trop vif. Le film d’ Aronofsky suit Hank Thompson, un ancien prodige du baseball devenu barman fatigué, et le transforme en héros malgré lui d’un polar urbain où la violence surgit comme un chien errant : imprévisible, affamée, un peu triste aussi. Le film s’inscrit dans la lignée des récits de losers magnifiques, quelque part entre After Hours (Griffin Dunne fait d’ailleurs une apparition dans le film), A tombeau ouvert et les polars crasseux et étouffants de James Gray, mais Pris au piège – Caught Stealing garde indéniablement la « patte » Aronofsky : une manière de filmer la chute comme un ballet, une danse maladroite mais hypnotique.

Dans Pris au piège – Caught Stealing, Austin Butler incarne Hank avec une fragilité nerveuse, comme un type qui aurait avalé trop de souvenirs et pas assez de sommeil. Le film explore la violence comme une contamination : Hank ne cherche rien, ne veut rien, mais se retrouve entraîné dans un engrenage criminel qui ressemble à une machine à laver émotionnelle. Du côté du casting, on notera également la présence de Zoë Kravitz, qu’Aronofsky filme avec une intensité presque mystique, comme si son personnage portait en elle la possibilité d’un autre monde, moins brutal, moins sale. Le film joue constamment sur cette tension : la noirceur du polar contre la lumière fragile des relations humaines. D’ailleurs, côté mise en scène, le film s’impose comme un festival de mouvements nerveux, de cadres serrés, de plongées abruptes : Darren Aronofsky filme New York comme un organisme malade, un corps fiévreux où chaque rue pulse comme une veine prête à éclater. Les scènes d’action, souvent brèves mais d’une brutalité sèche, rappellent les fulgurances formelles de Requiem for a Dream, mais Pris au piège – Caught Stealing préfère la fuite à l’affrontement : Hank court, trébuche, se cache, comme un animal blessé cherchant un coin d’ombre, oscillant entre instinct de survie et crise existentielle. On rit, on grimace, puis on se laisse happer par la beauté étrange de cette errance.

Ce qui frappe aussi dans Pris au piège – Caught Stealing, c’est sa manière de traiter la culpabilité comme un parasite. Le film montre comment Hank porte en lui une faute ancienne – un accident, une carrière brisée, un rêve abandonné – et comment cette faute attire la violence comme une mouche attirée par un fruit trop mûr. Le film explore donc la notion de « Karma », ou la manière dont les regrets transforment un homme en aimant à ennuis. Les choix de mise en scène renforcent cette idée : Aronofsky utilise des focales courtes pour déformer l’espace, des travellings rapides pour accentuer la panique, et des ralentis presque imperceptibles pour souligner les moments où Hank réalise qu’il est allé trop loin. Le film devient alors une réflexion sur la fatalité, sur la manière dont un simple geste peut déclencher une avalanche.

Dans Pris au piège – Caught Stealing, les personnages secondaires (Regina King, Matt Smith, Liev Schreiber, Vincent D’Onofrio…) gravitent autour de Hank comme des planètes instables, chacune apportant une couleur, une menace, une promesse de chaos. Le film s’amuse à détourner les clichés du polar : le flic corrompu devient un philosophe de comptoir, le gangster violent se révèle amateur de poésie, et la femme fatale n’a rien de fatal, juste une lucidité tranchante. Une digression inutile mais savoureuse surgit alors : un plan sur un chat errant qui observe Hank comme s’il jugeait ses choix de vie. Ce chat n’a aucune utilité narrative, mais Pris au piège – Caught Stealing l’intègre comme un clin d’œil, un rappel que même dans la violence la plus brute, il reste de la place pour l’absurde. Et si le film de Darren Aronofsky n’est certes pas parfait, il s’agit tout de même d’un film sincère, vibrant, qui rappelle que la survie est parfois un acte poétique.

Le Blu-ray 4K Ultra HD

[4/5]

Le Blu ray 4K Ultra HD de Pris au piège – Caught Stealing est disponible depuis quelques jours sous les couleurs de Sony Pictures, dans un boîtier accompagné d’un fourreau au visuel très réussi : Austin Butler y apparaît comme une ombre traquée, silhouette nerveuse découpée par les néons new-yorkais. L’objet a ce charme des éditions premium qui savent attirer l’œil sans sombrer dans le tape-à-l’œil. L’image, qui nous est proposée en Dolby Vision et HDR10, est un petit bijou : les contrastes sont d’une précision chirurgicale, les noirs profonds sans jamais être bouchés, et les couleurs des années 90 — enseignes criardes, briques humides, intérieurs miteux — sont restituées avec une fidélité presque documentaire. Les scènes nocturnes, nombreuses, profitent d’une gestion exemplaire des sources lumineuses, et les gros plans sur le visage de Butler révèlent chaque goutte de sueur, chaque tremblement, chaque cicatrice émotionnelle. Quelques plans très sombres montrent un léger bruit vidéo, mais rien qui ne gâche l’expérience. Côté son, le petit dernier de Darren Aronofsky nous propose une version originale en Dolby Atmos (core Dolby TrueHD 7.1) d’une ampleur impressionnante. Les ambiances urbaines — sirènes, klaxons, pas sur le trottoir, grondement du métro — enveloppent le spectateur avec une précision immersive. Les scènes d’action, souvent brèves mais intenses, profitent d’une spatialisation redoutable : coups, chocs, éclats de verre, tout circule avec une fluidité remarquable. Légèrement en retrait, la VF en DTS-HD Master Audio 5.1 s’en sort honorablement : dialogues clairs, mixage équilibré, mais une dynamique un peu moins spectaculaire que sa grande sœur la VO. Rien de rédhibitoire, mais Pris au piège – Caught Stealing gagne clairement en puissance émotionnelle dans sa version originale.

Les suppléments du Blu-ray 4K Ultra HD de Pris au piège – Caught Stealing édité par Sony se composent de quatre featurettes promotionnelles, assez courtes mais très intéressantes. Le premier module est consacré au réalisateur Darren Aronofsky (6 minutes), qui revient sur sa volonté d’explorer un registre plus simple, plus direct, loin du symbolisme parfois écrasant de ses précédents films. Le module évoque aussi le roman original et la manière dont Aronofsky a cherché à en préserver la nervosité. On aura ensuite droit à un focus sur les acteurs du film (7 minutes), se concentrant sur le casting et les personnages, avec quelques anecdotes savoureuses sur la préparation d’Austin Butler et la dynamique entre les acteurs. La featurette suivante aborde les cascades et les scènes d’action (3 minutes), montrant comment Aronofsky a privilégié les effets pratiques pour renforcer l’immersion. Enfin, on terminera avec un sujet dédié à la recréation minutieuse du New York des années 90 (3 minutes), avec un soin particulier apporté aux décors, aux costumes et aux ambiances sonores. L’ensemble est court, mais cohérent, et prolonge le plaisir pris de Pris au piège – Caught Stealing avec une élégance discrète.

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