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Test Blu-ray : Week-end

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Agressif, tonitruant, souvent ouvertement désagréable dans ses côtés les plus expérimentaux, Week-end est un film mal-aimable, balancé tel un glaviot par Jean-Luc Godard à la face du spectateur. Peut-être pas tout à fait détestable, mais en tous cas sacrément mal embouché, ce film sorti en 1967 est à l'image de l'état d'esprit de Godard au moment où il le tourne : au bord de l'implosion. Week-end est le film du trop-plein pour un réalisateur qui semble en avoir marre de tourner des films à destination du public, et désire changer la société autant que le cinéma. Les deux étant intrinsèquement liés selon lui, comme il l'énonce d'ailleurs clairement dans les dialogues du film, à travers les propos de Jean Eustache. Il faut dire aussi que dans les années 60, le cinéaste franco-suisse tournait frénétiquement, sans s'accorder la moindre pause. Sorti en décembre 1964, Une femme mariée que nous évoquions il y a quelques jours (lire notre article), était son huitième long-métrage. Sorti en décembre 1967, soit trois ans plus tard, Week-end est son quinzième long-métrage. Sept films en l'espace de trois ans, auxquels il faudra ajouter quelques participations à des films collectifs, ça aurait de quoi lessiver n'importe-qui. « Fin de cinéma » annonce-t-il d'ailleurs lors du plan final de son film. Et c'est vrai qu'après Week-end, le cinéma de Jean-Luc Godard ne serait plus jamais le même.

Test Blu-ray : Une femme mariée

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Huitième long-métrage de Jean-Luc Godard, Une femme mariée, dont le sous-titre poétique est « Suite de fragments d'un film tourné en 1964 », est, comme son titre l’indique, un portrait de femme. Ou plutôt une ébauche de portrait, forcément morcelé, parcellaire, comme l’implique cet assemblage façon puzzle de fragments, de morceaux de vie. Une femme mariée raconte aussi une époque, abordant les mœurs des français en cette période pré-révolution sexuelle. Amour, adultère, couple, contraception ou encore divorce sont donc au centre d’un film finalement beaucoup moins décousu que ce à quoi on pouvait s’attendre. Godard opte certes pour une narration volontairement fragmentaire, mais chaque nouvelle séquence apporte finalement au spectateur de quoi se construire mentalement l’histoire et les relations de cette femme, campée à l’écran par une Macha Méril toute en douceur et en retenue. D’un point de vue formel, Jean-Luc Godard ose tous les cadrages, s’amuse avec le montage et les plans très rapprochés, morcelant autant son image que son récit.