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Critique Express : Le son des souvenirs

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Le son des souvenirs

Etats-Unis : 2025
Titre original : The history of sound
Réalisation : Oliver Hermanus
Scénario : : Oliver Hermanus, Ben Shattuck, d’après l’œuvre de Ben Shattuck
Interprètes : Josh O’Connor, Paul Mescal, Chris Cooper
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 2h09
Genre : Drame, Historique, Romance
Date de sortie : 25 février 2026

4.5/5

Synopsis : Lionel, jeune chanteur talentueux originaire du Kentucky, grandit au son des chansons que son père chantait sur le perron de leur maison. En 1917, il quitte la ferme familiale pour intégrer le Conservatoire de Boston, où il fait la rencontre de David, un étudiant en composition aussi brillant que séduisant, mais leur lien naissant est brutalement interrompu lorsque David est mobilisé à la fin de la guerre.En 1920, réunis le temps d’un hiver, Lionel et David sillonnent les forêts et les îles du Maine pour collecter et préserver les chants folkloriques menacés d’oubli. Cette parenthèse marquera à jamais Lionel. Au cours des décennies suivantes, Lionel connaît la reconnaissance, la réussite, et d’autres histoires d’amour au fil de ses voyages à travers l’Europe. Mais ses souvenirs avec David le hantent encore, jusqu’au jour où une trace de leur œuvre commune ressurgit et lui révèle combien cette relation a résonné plus fort que toutes les autres..

Un film aux images très léchées qui raconte une histoire d’amour pleine de sincérité tout en rendant un bel hommage aux collecteurs de musique traditionnelle est-il susceptible d’opérer un sérieux clivage parmi les spectateurs ? On pourrait penser que la réponse est forcément négative. Eh bien non, la réponse est absolument positive : Le son des souvenirs s’avère particulièrement clivant.  Ce film est américain, il a été réalisé par le sud-africain Oliver Hermanus qui en a écrit le scénario en collaboration avec Ben Shattuck, l’auteur de la série de nouvelles dont le film s’est inspiré, et il était en compétition lors du dernier Festival de Cannes. Que le jury cannois ne lui ait rien attribué n’est pas du tout surprenant : ce n’est pas la première fois et ce n’est pas la dernière fois qu’un film magnifique repart bredouille du Festival de Cannes ! On ne peut que s’incliner tout en regrettant de ne pas savoir s’il y a eu ou non un clivage à propos de ce film parmi les membres du jury. Par contre, dès les projections cannoises, ce film a clivé, que ce soit chez les critiques ou parmi les spectateurs. C’est très simple : pour certains, un film aux images très léchées est forcément académique, ce qui, pour eux, représente ce qui se fait de pire en matière de cinéma, alors que, pour d’autres, ces images bien léchées sont une qualité appréciable ; pour certains, une histoire d’amour, fut-elle hétérosexuelle ou entre deux hommes comme c’est le cas dans Le son des souvenirs, court le risque d’être considérée comme étant mièvre et d’être qualifiée de mélo, alors que, pour d’autres, la mélancolie assumée que dégage le film à propos de cette histoire d’amour concourt à leur procurer une grande et très appréciable émotion.

Reste ce qui, à côté de cette histoire d’amour, représente le cœur du film : la musique. Concernant ce volet du film, il n’y a pas vraiment clivage, il n’y a que, d’un côté, celles et ceux qui sont passionné(e)s par la musique sous toutes ses formes, et, de l’autre, celles et ceux qui passent à côté de la musique sans trop chercher à approfondir leurs connaissances en la matière. Pour les premiers, Le son des souvenirs est un film captivant. En effet, jusqu’à présent, le cinéma ne s’était guère intéressé au phénomène du collectage musical, pratique qui consiste, pour des musicologues, professionnels ou non, à sillonner des régions, voire même des pays entiers, pour recueillir auprès de personnes âgées du milieu rural un répertoire traditionnel, instrumental ou chanté, sur le point de disparaitre en même temps que ces personnes. Les Etats-Unis ont eu leurs grandes figures dans ce domaine, John Lomax et son fils Alan Lomax.

Dans le son des souvenirs, on retrouve Lionel, originaire du Kentucky rural, et David, étudiant en composition, qui se sont rencontrés devant un piano au Conservatoire de Boston, qui sont tombés amoureux l’un de l’autre et qui, en 1920, sont partis faire une campagne de collectage dans le Maine, un collectage effectué sur des rouleaux de cire. Cette partie du film permet d’entendre le fruit du travail de Sam Amidon, un jeune  spécialiste de la musique traditionnelle américaine chargé de coacher Paul Mescal et Josh O’Connor, les interprètes de Lionel et de David, pour leurs (très bonnes) interprétations des chansons recueillies. Les amateurs de musiques traditionnelles américaines, le plus souvent aux lointaines ascendances britanniques, ne sont pas les seuls à se régaler à la vision et à l’écoute de Le son des souvenirs puisque des épisodes du film se déroulant à Rome et à Londres permettent d’entendre des musiques de Pergolese et de Gabriel Fauré.  Film à la mise en scène impeccable, Le son des souvenirs bénéficie des prestations remarquables de deux grands comédiens : Paul Mescal, vu très récemment dans Hamnet de Chloé Zhao et qu’on verra dans quelques mois, métamorphosé en Paul McCartney dans les 4 films que Sam Mendes va consacrer aux Beatles et Josh O’Connor, vu récemment dans The Mastermind de Kelly Reichardt.

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