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Critique Express : Silentium

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Silentium

Tunisie : 2025
Titre original : –
Réalisation : Nidhal Chatta
Scénario : Sophia Haoues
Interprètes :  Rym Hayouni, Mohamed Dahech, Abdelmonem Chouayet
Distribution :Media Art
Durée : 1h34
Genre :Drame, Thriller
Date de sortie : 18 mars 2026

3.5/5

Synopsis : Une vieille bâtisse isolée, au bord de la mer. A l’abri des murs défraîchis, des vies mornes et désenchantées. Malek, vit seule au rez-de-chaussée. Elle observe à travers son judas ses voisins Lotfi et Fatma. Leurs disputes sont fréquentes, la violence est routinière. Malek entretient une forte amitié avec Khaled, son voisin du dessus, un jeune banquier homosexuel qui la connaît mieux que quiconque et qui est son dernier refuge. A l’occasion, Malek garde la petite Lilia, la fille de Mona, une jeune divorcée qui peine à joindre les deux bouts et fait don de son corps pour rembourser ses dettes. Tout l’immeuble le sait. Malek côtoie ce petit monde avec humour et inquiétude aussi. Car elle sait qu’entre ses murs se cache un monstre qui veut assouvir son désir.

Pour nous parler de la Tunisie d’aujourd’hui, c’est dans une vieille bâtisse implantée au bord de la mer dans les environs de Tunis que le réalisateur  Nidhal Chatta et la scénariste  Sophia Haoues ont choisi de nous inviter. Dans cette bâtisse quelque peu délabrée mais au charme indéniable,  chacun observe son voisin ou sa voisine, le son des conversations ou des disputes traverse les parois, un certain nombre de personnages cohabitent et entretiennent des relations qui vont de la peur à l’entraide. Il y a là Malek, une jeune femme forte et libre qui travaille dans la restauration de mosaïques et de fresques au Musée de Carthage et qui a quitté sa famille après avoir été violée à l’âge de 11 ans ; Mounir, le concierge, un homme inquiétant au comportement ambigu qui est chargé par le propriétaire de collecter les loyers, un homme qui a à sa disposition des doubles de toutes les clés de l’immeuble et à qui les locataires font appel lorsqu’il y a quelque chose à réparer ; Khaled, un trentenaire homosexuel qui enchaine les aventures sans lendemain et que Malek considère comme son frère ; le chauffeur de taxi Lotfi et Fatma, son épouse, muette, un couple chez qui les disputes sont fréquentes et les coups portés par Lotfi sur Fatma parfois violents ; Mona, une jeune femme qui vit seule avec sa fille Lilia et qui, ayant beaucoup de difficultés pour payer son loyer, se voit contrainte de vendre son intimité ; Jihène, qui vient d’emménager dans la bâtisse pour rejoindre son fiancé et qui, venant du sud de la Tunisie, subit le racisme des tunisiens du nord.

Dans ce microcosme tunisien, il y a à la fois de la violence, de la domination et de l’entraide, de la pauvreté et de la misère sexuelle. Dans son environnement, lorsqu’il s’agit de prendre en compte un viol, la police se montre au mieux inefficace, au pire méprisante face à la détresse de la victime. Plutôt que de faire une peinture glauque de cette société tunisienne en miniature, de toute évidence bien malade, le réalisateur a choisi l’esthétisme et une vision poétique avec une magnifique photo en format scope, une caméra qui se déplace avec une grande douceur et des cadrages d’une grande précision. Dans une distribution globalement très solide, le jeu tout à la fois très sobre et empreint d’une grâce majestueuse de Rym Hayouni, l’interprète de Malek, est tout à fait remarquable.

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