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Critique Express : La femme cachée

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La femme cachée  

Canada : 2024
Titre original : –
Réalisation : Bachir Bensaddek
Scénario : : Bachir Bensaddek, Maria Camila Arias
Interprètes : Antoine Bertrand, Nailia Harzoune, Athéna Henry
Distribution : Vues du Québec Distribution
Durée : 1h41
Genre : Drame
Date de sortie : 18 février 2026

3.5/5

Synopsis : Hantée par un passé qu’elle a tenté de fuir, Halima accepte à contrecœur que son conjoint Sylvain l’accompagne en France dans sa recherche des membres de sa famille. Sur place, elle doit d’abord affronter les souvenirs et les fantômes qui hantent la maison familiale, puis revivre l’austérité et le climat de terreur infligé par son père, un homme autoritaire, replié sur lui-même et ostracisé par son statut de harki.

Française d’origine algérienne, Halima est partie s’établir au Québec où elle a épousé Sylvain, un architecte québecois. Ensemble, ils ont eu une petite fille, Léa, et c’est maintenant la naissance d’un garçon qui est annoncée. Halima a toujours prétendu ne pas avoir de famille, affirmant avoir passé sa jeunesse en France d’une famille d’accueil à une autre. Jusqu’au jour où elle annonce à Sylvain qu’elle a un père, une mère, 2 sœurs et 2 frères, et qu’elle souhaite aller, seule, rendre visite à tout ce monde qui vit du côté de Montpellier. Seule, sauf que Sylvain souhaite l’accompagner, ce que, manifestement de mauvaise grâce, Halima va finir par accepter. L’accueil que fait la mère de Halima à sa fille et à Sylvain est plutôt chaleureux, celui du père, un taiseux, sensiblement moins.

Le séjour d’Halima et de Sylvain à Montpellier va permettre à Sylvain et aux spectateurs de comprendre les raisons qui ont poussé la jeune femme à souhaiter revoir les membres de sa famille et, tout particulièrement, son frère Rachid. Rachid, un frère qui a commis sur elle des violences sexuelles et des violences tout court. Rachid, à qui Halima souhaite pouvoir adresser un regard noir, ni plus, ni moins. Halima est une femme qui ne pleure jamais, une femme qui, très souvent, se tait, mais qui n’a cessé de vivre avec ce passé de violence qu’elle a connu dans sa famille et dont elle pense se débarrasser avec ce simple regard noir. De ce passé est née une peur des hommes, au point que, tout comme les spectateurs, une de ses sœurs s’étonne qu’elle se soit mariée avec un homme. Sans doute pour avoir des enfants semble être la réponse la plus évidente. Comme parait très probable, face à cette peur des hommes, le fait d’être enceinte d’un garçon pour expliquer ce soudain désir de reprendre contact avec sa famille, désir qu’elle n’avait pas eu quand elle attendait son premier enfant, une fille.

Canadien d’origine berbère algérienne, Bachir Bensaddek, le réalisateur de La femme cachée, est arrivé à Montréal en 1992, à l’âge de 20 ans. Loin d’avoir oublié ses racines, il a écrit et monté en 2004 une pièce de théâtre intitulée Montréal la blanche qui s’intéressait au sort des immigrants algériens au Québec. Une pièce qu’il adaptée au cinéma une dizaine d’années plus tard. La femme cachée, film sur le silence qui règne dans de nombreuses familles, film qui  a comme personnage principal une femme qui a émigré pour fuir son passé,  est donc son deuxième long métrage de cinéma et le premier à sortir en France. La femme cachée est l’adaptation cinématographique  de l’histoire véridique vécue par une femme qui, à la sortie de la projection d’un film, a interpelé le producteur Serge Noël  pour lui dire qu’elle aimerait bien que quelqu’un réalise un film sur sa vie.

C’est avec la colombienne Maria Camila Arias, déjà présente dans l’écriture de scénarios de plusieurs films sud-américains que Bachir Bensaddek a travaillé sur le scénario de La femme cachée, un scénario qui a pris en compte l’impression ressentie par le réalisateur selon laquelle, lors du séjour d’Halima dans la maison de ses parents, celle-ci, à la fois dépassée et étouffée par son  plongeon dans son passé, avançait dans un entonnoir qu’il a choisi de représenter par le couloir de cette maison. En faisant du père de Halima un homme prétendant avoir été un harki, le scénario s’est également intéressé aux tensions qui, longtemps après la guerre d’indépendance, sont toujours vivaces chez les immigrés d’origine algérienne entre les partisans de l’indépendance et les harkis. La prestation de Nailia Harzoune, l’interprète de Halima, est remarquable.

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