Encontro
Belgique, Portugal, Cap Vert : 2024
Titre original : –
Réalisation : Francois Manceaux
Scénario : : Francois Manceaux
Interprètes : Isabel Otéro, Johan Heldenbergh, Paula Pais, Dalila Carmo
Distribution :Moon River Entertainment
Durée : 1h56
Genre :Drame
Date de sortie : 11 mars 2026
3/5
Synopsis : Sur le téléphone portable d’Alain, réalisateur belge d’une cinquantaine d’années, apparaît une photo mystérieuse. Il y reconnaît Luísa, cette actrice portugaise qu’il a passionnément aimée il y a sept ans, lors du tournage de son film qui reste inachevé. Revenu à Lisbonne, une inconnue lui propose de l’aider dans sa quête. Commence alors un voyage initiatique sur la carte du tendre, qui le conduit de Lisbonne au Cap-Vert, où se révèle la dualité de ses sentiments…
Qu’est-ce qui pousse Alain, un réalisateur belge d’une cinquantaine d’années, à mettre en vente sa maison de la périphérie de la ville de Gand et à partir ? Est-ce vraiment parce que, dorénavant, son fils Julien et sa fille Chloé sont grands et ont commencé à faire leur vie ailleurs ou y a-t-il une autre raison, plus intime ? N’est-ce pas cette photo d’une femme qui, durant quelques secondes, est apparue récemment sur son téléphone portable ? Et puis, comme le lui dit Chloé, il ne part pas, il fuit. Lorsqu’il quitte Chloé, Alain monte dans un tramway belge qui, d’un seul coup, se transforme en tramway lisboète et, petit à petit, la lumière va se faire sur ce qui s’est passé 7 ans auparavant à Lisbonne et qui explique tout autant cette fuite que les griefs que font ses enfants à Alain, et tout particulièrement Julien, établi au Canada. La femme dont la photo est apparue sur le portable d’Alain, c’est Luisa, une actrice qui jouait dans un film qu’Alain tournait à Lisbonne et dont, bien que marié, il était tombé amoureux, un amour très fort, un amour réciproque. Et puis, pour une raison qu’Alain n’avait pas expliqué à Luisa, le film n’avait pas été terminé, le réalisateur amoureux avait disparu, et, durant ces 7 années, il n’avait plus jamais donné de nouvelle. Seule Sofia, une amie journaliste, connaissait la raison de ce départ précipité et c’est justement Sofia qu’Alain va aller visiter en premier lors de son arrivée à Lisbonne, avec un but bien précis, qu’elle l’aide à retrouver Luisa. Un objectif qui, dans un premier temps, semble difficile, voire impossible à atteindre car Luisa a disparu il y a 4 ans, sans laisser de trace. Toutefois, une autre personne, Maria, une pianiste née de mère suisse et de père portugais, a également une très bonne raison pour retrouver Luisa et elle est également à sa recherche. Ayant appris qu’Alain cherche, comme elle, à retrouver Luisa, Maria va habilement se rapprocher de lui et c’est ensemble qu’ils vont partir au Cap-Vert où, semble-t-il, Luisa pourrait se trouver.
Pour Francois Manceaux, réalisateur de documentaires, Encontro est son premier long métrage de fiction. Cette fiction, toutefois, est inspirée par des faits qui se sont réellement déroulés et présente même un caractère autobiographique prononcé. En effet, lors d’un tournage à Lisbonne, François Manceaux a rencontré une actrice portugaise et, comme il le dit lui-même, « nous avons eu une histoire ensemble ». De cette rencontre est née l’envie pour le réalisateur de tourner un film avec l’actrice, un film librement adapté de l’histoire d’amour de Pedro et Inès, très populaire au Portugal. Un film qui est resté inachevé mais qui, d’une certaine façon, a donné naissance à Encontro. Un film qui, après avoir débuté en Belgique, ne cesse de faire des allers et retours entre Lisbonne et 2 des îles du Cap-Vert, São Vicente et Santo Antão, entre le passé, le présent et le futur, nous rappelant que le mot saudade, ce mot qui n’a pas de véritable traduction en français mais dans lequel se mêlent mélancolie, nostalgie, espoir et désir d’ailleurs, est né au Portugal et qu’il a trouvé toute sa place dans le fado et, sous sa forme cap-verdienne de sodade, dans les mornas du Cap-Vert. Sans apporter de véritable réponse au questionnement amoureux d’Alain, Encontro propose aux spectateurs de s’interroger sur les cicatrices qu’on pu laisser en nous des passions du passé, sur la nostalgie d’un amour passé face au présent. Dans sa façon de montrer Lisbonne, en n’hésitant pas, par exemple, à s’écarter du Lisbonne touristique en allant tourner une scène dans le quartier capverdien de la Cova de Moura, et, surtout, en offrant une somptueuse représentation du carnaval de Mindelo, la ville de Cesária Évora, François Manceaux nous rappelle qu’il vient du documentaire. Nouveau venu dans la fiction, il y fait preuve d’une aptitude certaine, bien aidé par le comédien et les comédiennes qu’il met en scène : Johan Heldenbergh dans le rôle d’Alain, Isabel Otéro dans celui de Maria, Paula Pais qui interprète Luisa et Dalila Carmo qui interprète Sofia.

















