Critiques de films Drame — 22 février 2012
Une bouteille à la mer

Une bouteille à la mer

Français, israélien : 2010
Titre original : Une bouteille à la mer
Réalisateur : Thierry Binisti
Scénario : Valérie Zenatti , Thierry Binisti d'après l'oeuvre de Valérie Zenatti
Acteurs : Agathe Bonitzer, Mahmud Shalaby, Hiam Abbass
Distribution : Diaphana Films
Durée : 1h39
Genre : Drame
Date de sortie : 8 février 2012

Globale : ★★☆☆☆

3 votes Donnez une note au film

Valérie Zénatti a vécu plusieurs années en Israël et a adapté ici avec un de ses romans tiré donc d’une expérience vécue. Ils ont partagé tous deux le désir commun de rendre la complexité d’un pays tout à la fois en guerre et vivant “normalement”, d’un pays où les émotions s’expriment dans un interminable conflit. Le tout avec un parti pris narratif concentré sur les deux personnages principaux liés par une relation épistolaire virtuelle; internet étant désormais incontournable dans la vie des hommes et dans la vie du monde.

Synopsis : Tal est une jeune française installée à Jérusalem avec sa famille. A dix-sept ans, elle a l’âge des premières fois : premier amour, première cigarette, premier piercing. Et premier attentat, aussi. Après l’explosion d’un kamikaze dans un café de son quartier, elle écrit une lettre à un Palestinien imaginaire où elle exprime ses interrogations et son refus d’admettre que seule la haine peut régner entre les deux peuples. Elle glisse la lettre dans une bouteille qu’elle confie à son frère pour qu’il la jette à la mer, près de Gaza, où il fait son service militaire. Quelques semaines plus tard, Tal reçoit une réponse d’un mystérieux « Gazaman ».


Si proche, si loin

«Je m’appelle Tal Lévine, j’ai bientôt 17 ans et j’habite Jérusalem. Hier soir, il y a eu un attentat près de chez moi […] Toi qui trouveras cette bouteille, réponds-moi. Dis-moi où tu l’as trouvée. Qui tu es. Parle-moi de toi. S’il te plaît. » De ce message glissé dans une bouteille jetée à la mer va naître la rencontre virtuelle entre Tal ( Miss Peace »), israélienne d’origine française vivant à Jérusalem et Naïm, (Gazaman), palestinien vivant à Gaza. Seuls 78 petits kilomètres les séparent et ils sont pourtant aussi éloignés que s’ils étaient sur deux continents.

Avec cette idée de départ, trouve un angle d’approche assez hypothétique certes mais somme toute pas dépourvu d’originalité pour aborder le conflit israélo-palestinien. C’est au travers le prisme de la vie quotidienne de deux jeunes habitants que le terrorisme et la guerre sont vus.
Tal et Naïm ne sont pas impliqués directement dans le conflit en ce sens que ni l’un ni l’autre ne prennent les armes mais ils sont touchés dans leur vie quotidienne, dans leurs activités, dans leurs relations avec leurs proches, dans leur avenir.

Eytan, le frère de Tal est à l’armée, elle-même doit faire son service l’année suivante. Ses parents préféreraient la paix mais ce sont « les autres » qui ont commencé. La mère de Naïm doit héberger dans leur petit appartement une nombreuse famille réfugiée du fait de la guerre dans les territoires occupés, lui-même se voit enlevé et tabassé par le Hamas qui le soupçonne de pactiser avec l’ennemi ….

Tal et Naïm ont d’abord des échanges assez brutaux, assez vifs. A la naïveté de l’une répond le ressentiment de l’autre, à l’incompréhension répond le vécu. Peu à peu le dialogue s’instaure, les mails se font plus attentifs, le rapprochement se fait dans un creuset où tous deux sont les victimes d’un conflit qui leur échappe.

photo du film Une bouteille à la mer

Simplisme et bons sentiments

Cela étant ce côté «tous victimes» est un peu trop lénifiant, un peu trop lisse pour accrocher bien longtemps. Il n’y a ni analyse politique, ni regard un peu critique. Les difficultés restent bien individuelles: pas facile de vivre dans la crainte d’un attentat, dans la crainte d’une attaque aérienne, pas facile de ne pouvoir se voir autrement que peut-être un jour à Paris. Et oui la guerre comporte quelque petits désagréments et feint de nous les faire découvrir…..

Il se garde bien de prendre position mais surtout il se garde malheureusement de toute lucidité quant aux comportements jusqu’au boutistes qui de part et d’autre ont choisi l’escalade de la violence plutôt que la recherche de la conciliation. Et comme il ne nous joue même pas totalement la carte de l’amour impossible et contrarié, on trouve assez vite le temps long.

Résumé

Un film qui peut faire réfléchir et débattre des collégiens mais guère plus. La bouteille à la mer a bien pris l’eau…
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Auteur

Cet article a été rédigé par Eric Becart, Rédacteur de Critique Film. Voir les articles du même auteur.

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(1) Commentaire

  1. Ce film m’intéresse beaucoup..mais il passe vraiment dans très peu de salles…j’espère que celui d’art et essai chez moi le passe encore..

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