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Drame DVD — 05 septembre 2017
Test DVD + Blu-ray : Equus


 
Grande-Bretagne, États-Unis : 1977
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : d’après sa pièce de théâtre
Acteurs : , , ,
Éditeur :
Durée : 2h12
Genre : Drame
Date de sortie cinéma : 22 mars 1978
Date de sortie du Coffret DVD + Blu-ray : 5 septembre 2017

 

 

Synopsis : Lors d’un accès de folie, le jeune Alan Strang a crevé les yeux des six chevaux de l’écurie où il travaillait. Martin Dysart, un psychanalyste de renom, est chargé de découvrir les raisons de ce geste. Dysart plonge peu à peu dans l’âme torturée d’Alan, où se mêlent sexe, passion et un secret profondément gardé…

 


 

Le film

[3/5]

C’est en 1973 que Peter Shaffer crée à Londres sa pièce Equus. En Angleterre, à cette époque, le mouvement de l’ bat son plein, animé par Ronald Laing et David Cooper. 2 ans auparavant, était sorti Family Life de Ken Loach, un des films les plus importants sur ce sujet. Manifestement, dans sa pièce comme dans le scénario qu’il en a tiré pour Sidney Lumet, Peter Shaffer se place en chantre de ce mouvement, en mettant en scène un psychiatre, Martin Sydart, qui ne cesse de s’interroger sur le bien fondé de sa pratique. Face à lui, amené par Hesther Saloman, une amie magistrate, se trouve Alan Strang, un adolescent qui a crevé les yeux de six chevaux dans l’écurie dans laquelle il travaillait le week-end depuis quelque temps et qui est en attente de jugement.

Pour  le psychiatre, la confrontation avec le jeune homme, mi analyse, mi enquête, s’avère difficile, Alan commençant par exiger des réponses à ses propres questions quand Martin Sydart essaye de lui tirer les vers du nez, au point que, parfois, on a le sentiment d’assister à une analyse croisée. Petit à petit, se met en place le « théâtre » psychanalytique dans les réponses apportées par Alan et par ses parents : le fantasme originaire, lorsque, à l’âge de 6ans, Alan voit apparaître sur la plage un magnifique cheval noir avec son cavalier qui l’extirpe de son château de sable pour l’assoir devant lui et l’emmener pour une courte chevauchée ; des parents aux idées extrêmes mais aussi castrateurs l’un que l’autre : une mère bigote, un père athée ; la fascination pour les chevaux, qui découle de la rencontre sur la plage ; fascination qui s’apparente à une déification mélangeant Dieu, Equus et attraction sexuelle ; le remplacement d’un poster du calvaire du Christ en croix, par lui installé dans sa chambre et arraché par son père, par celui d’un cheval ; la frustration sexuelle d’Alan, de plus en plus évidente et qui atteint son paroxysme dans sa relation avec Jill, une jeune fille de son âge qui a œuvré pour lui obtenir un poste de lad dans une écurie. Et Martin Sydart qui pourra sans doute ramener Alan dans la normalité mais qui souffre de s’apercevoir que lui n’a jamais réussi à avoir une passion aussi forte que celle d’Alan pour les chevaux.

 

 

Tout au long d’une prolifique carrière qui s’étend sur 50 années, Sidney Lumet a souvent choisi d’adapter des pièces de théâtre au cinéma. Rappelons nous sa première réalisation, un chef-d’œuvre, 12 hommes en colère, adaptation d’une pièce de Reginald Rose. Dans ce type d’adaptation, Sidney Lumet, contrairement à la plupart de ses confrères, a pour habitude de ne pas chercher à cacher l’origine du scénario. Cela est particulièrement vrai dans Equus, avec, en particulier de nombreux plans de Richard Burton s’exprimant face caméra. Ce dernier reprend le rôle du psy tenu par Anthony Hopkins lors de la création théâtrale alors que Peter Firth reprend dans le film le rôle d’Alan qu’il avait tenu au théâtre.

40 ans après sa sortie, Equus est un film qui continue de déranger, quand bien même il a pas mal vieilli au niveau de la forme, quand bien même le mouvement de l’antipsychiatrie s’est considérablement essoufflé par rapport aux années 70.

 

 

Le combo DVD + Blu-ray

[4/5]

C’est à partir d’un nouveau master HD restauré que Outplay a réalisé ce DVD et ce Blu-ray présentés dans un beau digipack trois volets avec fourreau. Avant de porter un jugement sur le transfert, il est bon de savoir que Sidney Lumet, même s’il a choisi pour ce film de travailler avec , un des plus grands directeurs de la photographie de l’époque, ne cherchait pas à éblouir les spectateurs par la beauté de la photo : le sujet ne s’y prêtait pas et une image particulièrement lumineuse aurait été un contresens. Cela étant, le DVD et, plus encore, le Blu-ray, rendent parfaitement justice aux quelques scènes pour lesquelles on devine qu’un effort particulier a été réalisé en matière d’éclairage.

Le film peut être visionné en français et, bien sûr, en version originale sous-titrée en français, sous-titrage « normal » ou pour sourds et malentendants, au choix ! Pour le DVD, son en Dolby Digital 2.0, pour le Blu-ray, son DTS-HD Master Audio 2.0. Quant aux suppléments, on en compte deux en plus de la bande-annonce de 1978. Le premier s’intitule Sidney Lumet, Cinéaste du doute : il s’agit d’un entretien de 45 minutes réalisé par l’équipe de Outplay avec Jean-Baptiste Thoret, historien et critique cinématographique, grand spécialiste du cinéma des années 70, et Derek Woolfenden, programmateur et cinéaste. Ce premier supplément se focalise d’abord sur l’ensemble de la carrière de Sidney Lumet, avant d’aborder Equus dans le détail. Le second, toujours réalisé par l’équipe de Outplay, consiste en un entretien de 12 minutes avec le psychanalyste Pascal Laëthier, un homme qui présente la particularité d’avoir fait des études de cinéma et d’avoir réalisé un long métrage avant de devenir psychanalyste. Autant dire, vu le côté psy très prononcé de Equus,  qu’il est bien placé pour nous parler des rapports entre ce film et la psychanalyse.

 

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles