DVD — 15 avril 2018
Test Blu-ray : Un homme à abattre

 
France, Espagne : 1967
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Philippe Condroyer,
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 1h25
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 10 novembre 1967
Date de sortie DVD/BR : 11 avril 2018

 

 

Julius pense avoir retrouvé, vingt-cinq ans après, la trace de Schmidt, le SS qui a tué son frère. Cet homme a changé d’identité et Julius hésite à le reconnaître. Son neveu, Georges, impatient de venger son père, accumule les preuves de son appartenance à un réseau nazi. Julius se décide et, à l’aide de complices, attire l’ancien SS dans un piège…

 

 

Le film

[4/5]

Même s’il s’agit d’un sujet propre à nourrir beaucoup de fantasmes, la traque des anciens nazis ayant bénéficié d’exfiltration vers d’autres pays du globe afin d’échapper au procès de Nuremberg n’a jamais réellement bénéficié d’une représentation importante au cinéma. On a certes occasionnellement reconstitué la traque et l’arrestation de quelques dirigeants SS tristement célèbres (Eichmann notamment), et on se souvient de quelques éléments de ce genre disséminés au cœur de films traitant de sujets tout à fait différents (dans X-Men – Le commencement notamment) mais de mémoire de cinéphile, on n’a que trop rarement eu l’opportunité de suivre ce genre de chasse à l’homme sur grand écran durant toute la durée d’un long-métrage.

Un homme à abattre fait donc partie de cette catégorie relativement rare. Suivant l’observation, aussi détaillée que méticuleuse, d’un expatrié allemand soupçonné d’avoir appartenu à la Wehrmacht par un groupe de mercenaires bien déterminés à ne pas le laisser s’en tirer à si bon compte, le film de Philippe Condroyer joue la carte de l’immersion lente, et plonge littéralement le spectateur au cœur d’un espionnage à la croisée des chemins entre le voyeurisme pur et simple et la recherche désespérée d’indices afin de déterminer si oui ou non le présumé ancien nazi est véritablement l’ordure supposée. Puissant, immersif, Un homme à abattre soulève également quelques questions idéologiques passionnantes, sur le poids du passé, la possible réinsertion des criminels de guerre, etc.

Au final, Un homme à abattre s’impose donc comme une œuvre littéralement fascinante, et d’autant plus attachante qu’elle prend le risque, au détour de la relation qui se noue entre les personnages de Jean-Louis Trintignant et Valérie Lagrange, de naviguer entre les tons, avec une aisance finalement assez désarçonnante. Et si bien sûr, dans le domaine de l’œuvre de fiction ayant pour sujet la traque des anciens criminels nazis, le film s’avère un peu moins époustouflant que le chef d’œuvre littéraire « La traque » (Herbert Lieberman, 1995), il n’en demeure pas moins un fascinant exercice de style, qui amènera forcément le spectateur à réfléchir aux implications morales qu’implique le comportement de ses protagonistes.

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Disponible chez Gaumont au sein de la vingt-deuxième vague de sa collection « », Un homme à abattre s’offre donc un inattendu lifting Haute-Définition sur galette Blu-ray, et comme à son habitude, l’éditeur a plutôt soigné sa copie : le film est présenté au format 1.66 respecté, en 1080p, et bénéficie donc, à l’image des autres titres disponibles au cœur de la collection depuis quelques années, d’une impressionnante cure de jouvence. Le piqué est globalement assez précis, les couleurs sont belles et surtout, l’imposant grain cinéma a été scrupuleusement préservé : de quoi apprécier à sa juste valeur le travail sur la photo effectué par Jean Penzer (Buffet froid). On ajoutera que l’ensemble s’avère d’une propreté et d’une stabilité étonnante : c’est du tout bon. Côté son, le film est proposé dans un mixage DTS-HD Master Audio 2.0 mono d’origine, qui s’impose comme clair et toujours parfaitement net, offrant une nouvelle jeunesse à la superbe musique du film, signée Antoine Duhamel.

Du côté des bonus, l’éditeur nous propose un intéressant entretien avec Valérie Lagrange, durant lequel l’actrice s’exprime sur son parcours artistique. Si l’on n’apprendra pas grand-chose sur le tournage d’Un homme à abattre à proprement parler (si ce n’est une anecdote concernant ses cheveux courts), elle reviendra assez longuement sur son expérience en Nouvelle-Guinée sur le tournage de La vallée (Barbet Schroeder, 1972), puis sur son expérience déçue des « communautés » hippies au lendemain de mai 68. Cela n’a certes aucun rapport avec le film, mais l’actrice aujourd’hui âgée de 75 ans s’y exprime avec une franchise rare, et s’avère tellement naturelle qu’elle en devient immédiatement sympathique.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles