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DVD — 21 janvier 2018
Test Blu-ray : Mother !

!

 
États-Unis : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Darren Aronofsky
Acteurs : , ,
Éditeur :
Durée : 2h02
Genre : Thriller
Date de sortie cinéma : 13 septembre 2017
Date de sortie DVD/BR : 23 janvier 2018

 

 

Un couple voit sa relation remise en question par l’arrivée d’invités imprévus, perturbant leur tranquillité…

 

 

Le film

[3,5/5]

« Voilà enfin arrivé ce tant attendu retour de Darren Aronofsky aux affaires. (…) Il était impensable qu’un franc-tireur aussi radical que lui puisse se laisser enfermé si facilement dans un cinéma mainstream, et l’on attendait donc avec impatience son retour à un cinéma plus barré, celui qui l’a mis sur le devant de la scène avec des films aussi clivants et extrêmes que Pi ou Requiem for a dream. Ces considérations posées, il faut admettre qu’il n’a pas fait les choses à moitié, et qu’il a mis en œuvre une entreprise de démolition de son cinéma, comme s’il voulait à tout prix montrer ce qu’il avait encore dans le ventre, et que le résultat aura de quoi déconcerter jusqu’à ses fans les plus transis ou ceux d’un cinéma sortant des sentiers battus, plus généralement. Il faut dire que, pour une fois, la promotion avait bien soigneusement évité de dévoiler tout élément pouvant donner un aperçu trop large de ce qu’était le film, et que le spectateur retrouve donc ce plaisir devenu si rare d’entrer dans une salle de cinéma sans savoir à quoi s’attendre, ce qui, dans le cas présent, n’est pas sans installer un climat pour le moins inconfortable. Et c’est un doux euphémisme…

Nous nous garderons donc bien de dévoiler plus en avant au-delà de ce que le studio a bien voulu nous montrer à travers son matériel promotionnel. Un couple installé dans une grande et belle maison voit sa tranquillité troublée par l’arrivée d’un couple particulièrement étrange, interprété par les excellents et Michelle Pfeiffer (assez terrifiante il faut le dire), jetant très rapidement un voile de malaise, surtout sur la jeune femme campée avec classe par la téméraire Jennifer Lawrence. A partir de là, tous les dérapages sont permis, et tout ce que l’on peut dire, c’est que cet aspect de l’intrigue ne prend que une heure de métrage, la seconde heure ayant été totalement occultée par la bande annonce. Et on comprend très rapidement pourquoi en voyant le résultat. Car quel studio normalement constitué peut ouvertement dire aux gens, « vous allez souffrir, soyez prêts » sans craindre un échec au box-office ? (…)

Mais comme on ne peut pas attendre du cinéaste qu’il nous prenne par la main en nous livrant toutes les clés de son intrigue sur un plateau, il faut s’attendre à être dérouté, pour ne pas dire franchement mal à l’aise. Comme depuis toujours dans son cinéma, il se sert de sa mise en scène pour agresser le spectateur à l’aide d’un filmage oppressant, nous mettant dans la peau de son personnage principal, interprété, il faut bien le répéter, par une Jennifer Lawrence totalement hallucinante, habitée au-delà des mots, jusqu’à nous faire nous inquiéter pour sa santé mentale. Car comment sortir intacte d’un rôle à ce point exigeant émotionnellement, nécessitant d’être sans cesse dans un état d’angoisse intense, angoisse finissant par se transmettre de façon épidermique sur le spectateur, qui a l’impression troublante de ressentir une longue crise d’angoisse de deux heures, véritable cauchemar éveillé donnant l’impression de ne jamais arriver à terme. (…)

Nous sommes ici dans cette catégorie pas si fréquente de films n’ayant pas peur de l’outrance et de la grandiloquence, au risque de perdre une partie des spectateurs. C’est le risque que prend le cinéaste à vouloir à tout prix faire le contraire de ce que l’on peut attendre de lui, et cela prend des proportions particulièrement extrêmes dans le cas présent. Il est donc difficile, en sortant de la séance, d’émettre un avis constructif et réfléchi sur une œuvre totale, dans ce que le terme a de plus absolu, à savoir le fruit du travail d’un véritable artiste paniqué à l’idée de tomber dans le consensuel, et n’hésitant pas, pour arriver à ses fins, à malmener son public, quitte à déraper par instants dans le sordide le plus total, à travers une scène en particulier, qui fera grincer pas mal de dents, et devrait au passage faire claquer quelques sièges. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Sébastien Dard. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Oppressant, désagréable, mais tellement unique que l’on ne peut s’empêcher de saluer l’expérience qu’il propose de vivre au spectateur, Mother! s’avère un sacré morceau de péloche, loin, très loin de ce que nous pourrions qualifier de « divertissement », mais imposant des choix artistiques forts et marquants. Parmi ceux-ci, on notera un tournage en 16 millimètres, démontrant la volonté d’Aronofsky de signer une œuvre au rendu « brut de décoffrage », et ici parfaitement respectée par l’encodage du film sur le Blu-ray édité par Paramount Pictures. La galette Haute-Définition impose en effet un grain extrêmement prononcé, qui pourra s’avérer déstabilisant pour certains spectateurs trop habitués à l’image proprette des blockbusters actuels. Le piqué oscille donc légèrement selon les séquences, se perdant souvent dans le grain ambiant. Cela dit, à part quelques occasionnels fourmillements un poil trop disgracieux, le rendu HD est bel et bien présent et force est d’avouer que la photo de Matthew Libatique a vraiment de la gueule. On salue et remercie Paramount pour avoir su opter pour la conservation du grain, et d’avoir ainsi su respecter la vision du réal et de son directeur photo.

Côté son, l’immersion du spectateur est grandement facilitée par deux mixages d’un dynamisme échevelé et donnant l’impression d’avoir subi tous les outrages afin d’apparaitre comme la parfaite bande-originale de vos cauchemars : distordue, bizarre, amplifiée… Tout y est fait –et bien fait– pour créer et amplifier le malaise. A ce titre, la version originale, proposée dans un impressionnant Dolby Atmos (qui sera décodé en Dolby TrueHD 7.1 sur les amplis non compatibles), s’avèrera encore plus tonitruante (et désagréable !) que la version française, qui n’a bénéficié que d’un mixage en « simple » Dolby Digital 5.1. Les basses vous prendront littéralement aux tripes, vos oreilles souffriront peut-être de ce que leur réserve le film, mais c’est là encore une fois la volonté de Darren Aronofsky de faire souffrir, presque physiquement, le spectateur. Il est à noter que le doublage français s’avère relativement soigné, mais ne tient pas la comparaison avec la VO, portée par une Jennifer Lawrence littéralement habitée.

Du côté des suppléments, Paramount Pictures nous propose de nous plonger dans un passionnant making of revenant en un peu moins d’une demi-heure sur plusieurs aspects de la production, le tout étant largement agrémenté d’images du tournage et des nombreuses séances de répétitions ainsi que d’entretiens avec l’équipe, et notamment avec Darren Aronofsky. On terminera avec une featurette consacrée aux maquillages du film, aux côtés du maquilleur Adrien Morot (Martyrs, X-Men – Days of future past, Le retour de Chucky…). Très intéressant !

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles