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DVD — 16 juillet 2018
Test Blu-ray : Hostiles

 
États-Unis : 2017
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Scott Cooper
Interprètes : , ,
Éditeur :
Durée : 2h13
Genre : Western, Drame
Date de sortie cinéma : 14 mars 2018
Date de sortie DVD/BR : 18 juillet 2018

 

 

En 1892, le capitaine de cavalerie Joseph Blocker, ancien héros de guerre devenu gardien de prison, est contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre Cheyenne mourant, sur ses anciennes terres tribales. Peu après avoir pris la route, ils rencontrent Rosalee Quaid. Seule rescapée du massacre de sa famille par les Comanches, la jeune femme traumatisée se joint à eux dans leur périple. Façonnés par la souffrance, la violence et la mort, ils ont en eux d’infinies réserves de colère et de méfiance envers autrui. Sur le périlleux chemin qui va les conduire du Nouveau-Mexique jusqu’au Montana, les anciens ennemis vont devoir faire preuve de solidarité pour survivre à l’environnement et aux tribus comanches qu’ils rencontrent…

 

 

Le film

[4,5/5]

« On croyait qu’on ne verrait plus jamais de bons et grands westerns, que le moule était définitivement cassé. Eh bien non ! (…) En fait, en montrant des antagonismes « musclés » entre indiens et colons, entre indiens, entre blancs, Hostiles montre que c’est l’ADN de la violence qui, d’une certaine façon, a construit les États-Unis. Mais il montre aussi, de façon très fine, que l’évolution de la mentalité des individus et qu’une ouverture vers l’ « autre » sont toujours possibles, même chez des gens totalement obtus au départ, même chez des gens qui, comme Rosalie Quaid ou Yellow Hawk, ont souffert, dans leur chair ou dans leur âme, du comportement des « autres ». Certain(e)s trouveront que c’est faire preuve d’angélisme de croire que de telles métamorphoses sont possibles, mais il n’est pas interdit de rêver !

Pour réaliser Hostiles, Scott Cooper a travaillé de façon très sérieuse : il a adapté à sa façon la version préliminaire d’un manuscrit écrit par le scénariste Donald E. Stewart, en cherchant à lui donner un caractère universel ; il s’est entouré de spécialistes reconnus des amérindiens de façon à ce que soient fidèlement respectés le langage, les rituels et la gestuelle des indiens ; il a tenu à ce qu’une partie des dialogues se fasse dans la langue des Cheyennes et que les costumes soient le plus proche possible de ceux de l’époque. Pour trouver les grandioses grands espaces que le film traverse, il a suffi au réalisateur et au Directeur de la photographie de balader leur caméra dans le Nouveau-Mexique, l’Arizona et le Colorado, il y en a des « comme ça » à tous les coins de rue ! Concernant l’interprétation, il a repris Christian Bale qu’il avait déjà dirigé dans Les brasiers de la colère : il est grandiose ; il a fait le cadeau d’un rôle à « Oscar » à la comédienne britannique Rosamund Pike (En fait, elle n’a rien eu du tout et le film n’a même pas été sélectionné aux Oscars. Pourtant, si on le compare à 3 Billboards, les panneaux de la vengeance, on a le droit de largement préférer Hostiles !). On retrouve aussi Wes Studi (Geronimo dans … Geronimo), Ben Foster, Timothée Chalamet dans le petit rôle du « frenchy », et même, dans un petit rôle, l’écossais Peter Mullan. Un casting XXL ! Et pour mettre tout cela en image, Scott Cooper a de nouveau fait appel à Masanobu Takayanagi. On ajoutera un petit mot sur la musique de Max Richter : elle est de très bonne qualité, elle est le plus souvent discrète et elle n’intervient qu’à bon escient.

Hostiles est un western du 21ème siècle, autant dire que la violence n’est en rien édulcorée : le capitaine Joseph Blocker, le personnage principal du film, a tendance à se vanter du nombre d’indiens qu’il a eu l’occasion de tuer, quand bien même le déroulement du voyage va l’amener à se rapprocher de ses anciens ennemis, fusils et revolvers sont assez souvent à l’œuvre, et le « travail » peut se terminer au poignard. MAIS, contrairement à ce qui se passe chez d’autres réalisateurs, cette violence n’est jamais « gratuite » et elle n’est jamais exagérée. Quand un personnage est touché par une balle, il n’est pas projeté à 5 mètres par l’impact, le sang ne gicle pas par litres depuis la plaie. L’ouest des États-Unis était un monde de violence, le film se contente de le montrer, sans aucune ostentation. Tout cela donne un grand film humaniste et universel, qui dégage énormément d’émotion et Scott Cooper apparait de plus en plus comme le fils spirituel de Clint Eastwood dans ce qu’il a de meilleur (Crazy Heart comparable à Honkytonk Man, Hostiles au niveau de Impitoyable).

Enfin ! Les amateurs de véritables westerns ne pourront qu’être aux anges de se retrouver face à un film débarrassé de toutes les scories que le western italien avait fini par imposer dans ce genre si important du cinéma. Comme tous les grands westerns, Hostiles est beaucoup plus qu’un simple film avec des indiens et des beaux paysages, les sujets qu’il aborde étant totalement universels. »

Extrait de la critique de notre chroniqueur Jean-Jacques Corrio. Retrouvez-en l’intégralité en cliquant sur ce lien.

 

 

Le Blu-ray

[5/5]

Hostiles arrive en Blu-ray sous les couleurs de Metropolitan Vidéo, et comme à son habitude, l’éditeur français s’est fendu sur ce titre d’un travail technique tout simplement irréprochable : définition exemplaire, piqué précis, couleurs éclatantes, noirs d’une belle densité… Le rendu est littéralement sublime, homogène, en tous points parfait. Côté audio, VF et VO sont toutes deux encodées en DTS-HD Master Audio 5.1 (pour les cinéphiles équipés, la version originale est mixée en DTS-HD Master Audio 7.1) et proposent dans les deux cas des mixages impressionnants en termes d’ambiance et d’immersion, à la finesse remarquable. Le tout explose littéralement à nos oreilles durant les scènes les plus riches en action, bluffantes et réellement puissantes.

Du côté des suppléments, Metropolitan nous propose largement de quoi sustenter notre curiosité, avec plus d’une heure de suppléments prenant la forme d’un long making of découpé en trois featurettes assez passionnantes, qui reviendront sur la genèse et le tournage du film, en faisant la part belle à l’interprétation de Christian Bale, dont le talent et le professionnalisme sont soulignés par plusieurs membres de l’équipe.

 

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Auteur

Cet article a été écrit par Mickaël Lanoye, rédacteur cinéma / DVD / Blu-ray sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles