À la une Critiques de films Drame — 16 février 2013
Spring Breakers

affiche

États-Unis : 2012
Titre original : -
Réalisateur :
Scénario :
Acteurs : , , , ,
Distribution : Mars Distribution
Durée : 1h32
Genre : Drame
Date de sortie : 06 mars 2013

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Ne prenez pas pour un objet de petite nature, vous auriez tord. On pourrait décrire le travail d’ comme un mélange de Larry Clark pour les influences narratives et de sujet (il ne faut pas oublier que le bonhomme a été scénariste de Ken Park) et Terrence Malick pour la cinématographie et le travail sur le montage. Le film est à l’image de ces références : sulfureux, pointu, exigeant, incroyable.

SynopsisPour financer leur Spring Break, quatre filles aussi fauchées que sexy décident de braquer un fast-food. Et ce n’est que le début… Lors d’une fête dans une chambre de motel, la soirée dérape et les filles sont embarquées par la police. En bikini et avec une gueule de bois d’enfer, elles se retrouvent devant le juge, mais contre toute attente leur caution est payée par Alien, un malfrat local qui les prend sous son aile…

cast

Le culte du Spring Break

Institution aux États-Unis, le Spring Break consiste en un congé d’une à deux semaines, officiellement pour permettre aux étudiants de s’avancer dans leurs travaux et aux enseignants de corriger les copies après les examens, officieusement pour faire la fête au soleil. Sorte de fiesta totalement folle et sans aucune limite, souvent synonyme de tous les excès : sexe, drogue, alcool. C’est dans ce contexte plutôt insipide et prompt à attirer tous les ados en rut de la planète, que Harmony Korine a décidé de poser ses caméras. La fascination obscène que l’on éprouve en visionnant le film est inversement proportionnelle à la vacuité de son sujet. Le Spring Break s’en trouve transcendé comme objet quasi-biblique et quête sociale ultime. Et nos quatre héroïnes représentent chacune un certain niveau de vertu et d’acceptation sociale. est l’ange pieu qui va se laisser corrompre par le Spring Break jusqu’à la repentance. est la plus intermédiaire, soumise au doute suffisamment pour remettre en cause cet univers orgiaque mais pas assez pour aller au bout des choses. et par contre sont de pures instruments de ce culte païen, et vont être amenées à aller bien au-delà des limites imposées pour trouver un sens à leur vie. dans tout ceci est l’électron libre ayant établi la perversion comme philosophie ultime de vie, sorte de culte parallèle tout en étant plus jusqu’au-boutiste que le Spring Break.

james franco

L’Harmony du chaos

Si le film est aussi brillant malgré son sujet c’est déjà par la construction métaphorique qu’il déploie et les nombreux doubles sens (notamment sur la foi) que l’on peut y trouver. C’est aussi et surtout grâce à une esthétique virant au pictural : des plans sublimes hallucinés avec une patte artistique irréprochable, le travail sur le son et la lumière sont prodigieux. Mais si est aussi exceptionnel c’est par son montage, l’un des plus brillants depuis longtemps. Haché, morcelé, recollé, les éléments narratifs s’en trouvent dispatchés pour mieux se recomposer. Pourtant, de ce qui pourrait paraître un chaos général ressort une mise en valeur de son sujet, reflète le chaos du Spring Break, le désordre mental des héroïnes et l’anarchie comme mode de vie pour Alien ().

L’intrigue est par conséquent parfois un peu dure à suivre mais elle vaut la peine qu’on s’y intéresse. Le travail sur la musique est également essentiel, certaines scènes ayant clairement été construites autour de la bande originale. Notons à ce sujet que la plus belle scène de Spring Breakers se déroule avec Everytime de Britney Spears en fond sonore, aussi surprenant que cela puisse paraître.

Vu son sujet et son traitement le film ne sera pas à mettre devant tous les yeux, pouvant parfois se révéler choquant. C’est d’autant plus paradoxal que la cible visée risque de ne pas s’y retrouver du tout : évidemment il y a du téton à foison mais aussi beaucoup de réflexion derrière !

selena gomez

 

Résumé

L’orgie du chaos : visuellement époustouflant, chaud comme la braise, le montage le plus brillant depuis longtemps… Contre toute attente, du cinéma exigeant et pointu !
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Nicolas B

Cet article a été rédigé par Nicolas Balazard, Responsable adjoint de Critique Film. Twitter : @NicoBalazard