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Critiques de films Drame — 22 novembre 2012
Royal Affair

affiche

: 2012
Titre original : En Kongelig Affaere
Réalisateur :
Scénario : Nikolaj Arcel, Rasmus Heisterberg
Acteurs : , ,
Distribution : Jour 2 Fête / Chrysalis Films
Durée : 2h16
Genre : Drame, Romance
Date de sortie : 21 novembre 2012

Globale : [rating:4][five-star-rating]

Une semaine après l’arrivée sur nos écrans de La Chasse, le cinéma danois prouve à nouveau toute sa vitalité ainsi que la qualité de ses réalisateurs et de ses comédiens : Royal Affair nous plonge dans un pan de l’histoire danoise particulièrement passionnant et pourtant très peu connu en dehors du Danemark. Une occasion en or pour se divertir tout en s’instruisant.

Synopsis : Danemark 1770. La passion secrète que voue la reine Caroline Mathilde au médecin du roi, l’influent Struensee, va changer à jamais le destin de la nation toute entière. Royal Affair relate une page capitale de l’histoire danoise, oubliée des manuels français. La relation amoureuse et intellectuelle entre Caroline Mathilde et Struensee, fortement influencée par les philosophes des Lumières, Rousseau et Voltaire en tête, conduira au renversement de l’ordre social établi, et annoncera les révolutions qui embraseront l’Europe vingt ans plus tard.

bébé

Tout n’était pas pourri au royaume de Danemark !

Vu de France, il est patent que le Danemark est un petit pays qui n’a pas apporté grand chose à l’histoire de l’humanité. Et pourtant, une vingtaine d’années avant la Révolution française, il s’est passé dans ce royaume des événements politiques qui, d’une certaine façon, annonçaient le chamboulement à venir. A l’origine de ces événements, une femme et deux hommes : une anglaise, Caroline Mathilde, sœur de George III, Roi de Grande-Bretagne et d’Irlande, qui, en 1766, à l’âge de 15 ans, est arrivée au Danemark pour épouser son cousin Christian VII de Danemark, couronné depuis peu ; Christian VII, âgé de 17 ans à son arrivée sur le trône, mentalement très instable ; Johann Friedrich Struensee, un médecin d’origine allemande, très influencé par la philosophie des lumières. C’est cette histoire que nous raconte Nikolaj Arcel, le scénariste de Millenium, dans un film en costume qui a obtenu l’Ours d’Argent du meilleur scénario et celui du meilleur acteur lors de la Berlinade 2012.

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Une lutte pour le pouvoir finalement très actuelle

Le film commence par l’arrivée de Caroline Mathilde au château de Christianborg : elle est jeune, elle est belle, elle s’intéresse à l’art et à la philosophie. Très vite, on constate que Christian VII, celui qu’elle est venue épouser, n’est pas bâti dans le même moule : dire qu’il est lunatique est un euphémisme et la conduite des affaires du royaume est loin d’être sa préoccupation principale. En fait, seuls le théâtre et la compagnie des prostitués semblent intéresser le monarque. C’est au cours d’un long voyage le conduisant dans de nombreuses cours européennes que Christian VII va faire la connaissance de Johann Friedrich Struensee, embauché pour assurer l’assistance médicale du roi durant ce périple. Très vite, Struensee s’attache l ‘amitié et la confiance du souverain. C’est à partir du retour de Christian VII dans son pays que l’intérêt du film atteint son apogée : Johann Friedrich Struensee, très inspiré par Voltaire, Diderot et Rousseau et que le roi a ramené dans ses valises, éveille très vite l’intérêt de la reine, férue de philosophie et délaissée par son mari ; il devient son amant, lui fait un enfant et, d’un autre côté, prend les rênes d’un pouvoir que le roi avait jusque là abandonné à une poignée d’aristocrates ultra-conservateurs. La lutte qui se joue alors entre des puissants qui tiennent à conserver leurs prérogatives et leurs richesses et un disciple de la philosophie des lumières devenant despote éclairé et conduisant une politique de plus en plus progressiste n’apparaît-elle pas finalement, comme étant toujours d’une cruelle actualité ?

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Le cinéma danois à la fête

Alors qu’en France, tout le monde n’a d’yeux que pour Mads Mikkelsen, tout auréolé par ses prestations internationales et son Prix d’interprétation cannois dans La Chasse, c’est Mikkel Boe Følsgaard que le jury berlinois a décidé de couronné : un jeune comédien excellent dont c’est le premier rôle au cinéma et qui n’avait pas encore terminé ses cours de théâtre au moment du tournage. Rassurons toutefois les fans de Mads : il est aussi bon en médecin / homme politique à la fois éclairé et ambitieux qu’en innocent accusé de pédophilie. 3ème  grand rôle, celui de Caroline Mathilde : il est parfaitement tenu par Alicia Vikander, une actrice suédoise qui excelle à combiner force et fraîcheur. Quant à la réalisation, elle est dans la lignée de ce que le cinéma nous a presque toujours proposé en matière de drame historique en costume : très classique, avec beaucoup de moyens. Ceux qui aiment diront qu’elle a du souffle et qu’elle est très léchée, les autres parleront d’académisme. Une certitude : on ne s’ennuie pas une seconde pendant les 2 heures et 16 minutes que dure le film.

Résumé

De temps en temps débarque un film fort et captivant qui combine intelligemment histoire d’amour et intrigues de palais. Lorsque, en plus, il nous permet d’enrichir nos connaissances historiques et de réviser sans prise de tête une partie de l’histoire de la philosophie, on ne peut qu’applaudir des deux mains et espérer qu’il recevra le meilleur accueil dans notre pays.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles