Sorties de la semaine — 08 mars 2017
Les sorties du 8 mars 2017

Beaucoup d’appelés, mais peu d’élus dans le programme cinéma de ce deuxième mercredi du mois de mars 2017. Si la quantité est une fois de plus au rendez-vous avec une quinzaine de sorties dans des genres très variés, nous avons déjà sensiblement plus de réserves à l’égard de la qualité supposée de ces films. Il n’y a en effet que quatre ou cinq films que l’on vous conseille chaudement, ce qui n’est déjà pas si mal, mais qui implique un fort soupçon de médiocrité dans la sélection hebdomadaire des valeureux distributeurs français. Côté drame, le premier film francophone du Japonais Kiyoshi Kurosawa, , nous paraît le plus fascinant et accessoirement très cohérent dans la démarche thématique du réalisateur, l’un des maîtres de l’étrange. Et côté comédie, comment résister à l’un des derniers films de l’adorable Emmanuelle Riva, de Dominique Abel et Fiona Gordon, que notre cher confrère Jean-Jacques a beaucoup aimé ? Sinon, l’argentin Citoyen d’honneur de Gaston Duprat et Mariano Cohn, lauréat du prix d’interprétation masculine au dernier Festival de Venise, nous ferait de l’œil, si son aspect esthétique donnait l’impression d’être un peu plus recherché. Et enfin côté documentaire, les guerrières kurdes dans Terre de roses de Zayne Akyol valent certainement le détour, ainsi que peut-être le traité poétique de Xavier Gayan.

Le cinéma commercial, à la fois d’origine américaine et française, se porte en apparence plutôt bien cette semaine, avec respectivement quatre films au programme. Sauf qu’il n’y a hélas quasiment que du réchauffé au menu, avec l’exception notable, quoique fortement édifiante, des Figures de l’ombre de Theodore Melfi. Ce film-ci était certes reparti les mains vides de la dernière cérémonie des Oscars, malgré ses trois nominations. Mais parmi les neuf films nommés dans la catégorie suprême du Meilleur Film, il est le roi du box-office américain, un exploit qu’il ne renouvellera sans doute pas dans les salles françaises. A ses côtés, deux films taillés sur mesure pour les votants de l’Académie, pleins de pathos et d’un héroïsme à l’ancienne, qui n’avaient nullement trouvé les faveurs des critiques pendant cette saison des prix : de John Madden et de Peter Berg. Enfin, la plus grosse sortie de la semaine, une énième aventure de King Kong, est prise dans l’éternel dilemme de notre époque du tout numérique, où des univers irréprochables d’un point de vue technique sont peuplés de toujours les mêmes créatures à la laideur agaçante.

Le constat s’avère encore moins reluisant côté français, avec une nouvelle adaptation des égarements du prêtre Léon Morin, pourtant déjà filmés à la perfection en 1961 par Jean-Pierre Melville et les interprétations magistrales de Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva, un énième drame de maladie, cette fois-ci avec une distribution improbable composée de Florence Foresti et Mathieu Kassovitz, une autre comédie de couple au cadre lourdement théâtral, de Olivier Casas, et pour finir ce tour d’horizon assez déprimant, le premier film en tant que réalisateur de Nicolas Bedos, un acteur guère connu pour sa modestie, ou un voyage fortement nostalgique à travers la France de ces quatre dernières décennies. Au moins, les reprises rattrapent tant soit peu la mise, avec deux films français du réalisateur polonais Walerian Borowczyk, actuellement et jusqu’à la mi-mars à l’honneur au Centre Pompidou à travers une rétrospective, le troisième film du maître Claude Sautet, L’Arme à gauche, et les acrobaties inimitables du génial Buster Keaton dans le mythique  !


Baby phone de Olivier Casas (France, Comédie, 1h25, distribué sur 265 copies) avec Medi Sadoun, Anne Marivin et Pascal Demolon

Citoyen d’honneur de Gaston Duprat et Mariano Cohn (Argentine, Comédie, 1h58, distribué sur 75 copies) avec Oscar Martinez, Dady Brieva et Andrea Frigerio (critique)

La Confession de (France, Drame, 1h56, distribué sur 265 copies) avec Romain Duris, Marine Vacth et Anne Le Ny

De plus belle de Anne-Gaëlle Daval (France, Comédie dramatique, 1h37, distribué sur 240 copies) avec Florence Foresti, Mathieu Kassovitz et Nicole Garcia

de Angel Vega et Elena Goatelli (Espagne, Documentaire, 1h07)

Les Figures de l’ombre de Theodore Melfi (Etats-Unis, Drame historique, 2h07, distribué sur 274 copies) avec Taraji P. Henson, Octavia Spencer et Janelle Monae

de Jordan Vogt-Roberts (Etats-Unis, Fantastique, 1h58, distribué sur 541 copies) avec Tom Hiddelston, et Brie Larson

Miss Sloane de John Madden (Etats-Unis, Drame, 2h12, distribué sur 160 copies) avec Jessica Chastain, Gugu Mbatha-Raw et Mark Strong

Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos (France, Comédie dramatique, 2h00, distribué sur 266 copies) avec Doria Tillier, Nicolas Bedos et Denis Podalydès

Paris pieds nus de Dominique Abel et Fiona Gordon (France, Comédie, 1h23) avec Fiona Gordon, Dominique Abel et Emmanuelle Riva (critique)

Les Poètes sont encore vivants de Xavier Gayan (France, Documentaire, 1h10, distribué sur 9 copies)

Le Secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa (France, Drame, 2h11, distribué sur 60 copies) avec Tahar Rahim, Constance Rousseau et Olivier Gourmet

Terre de roses de Zayne Akyol (Canada, Documentaire, 1h26, distribué sur 13 copies)

Traque à Boston de Peter Berg (Etats-Unis, Thriller, 2h08, distribué sur 160 copies) avec Mark Wahlberg, Kevin Bacon et John Goodman

Reprises

L’Arme à gauche (1965) de Claude Sautet (France, Aventure, 1h43, distribué sur 5 copies) avec Lino Ventura, Sylva Koscina et Leo Gordon

(1971) de Walerian Borowczyk (France, Drame, 1h32) avec Michel Simon, Ligia Branice et Georges Wilson

Les Fiancées en folie (1925) de Buster Keaton (Etats-Unis, Comédie, 0h55, distribué sur 10 copies) avec Buster Keaton, T. Roy Barnes et Snitz Edwards

Goto L’Île de l’amour (1969) de Walerian Borowczyk (France, Drame, 1h35) avec Pierre Brasseur, Ligia Branice et Jean-Pierre Andreani

Le Miracle de Berne (2003) de Sönke Wortmann (Allemagne, Comédie dramatique, 1h57) avec Louis Klamroth, Peter Lohmeyer et Johanna Gastdorf

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Auteur

Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles