La Part des Anges

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La Part des Anges

La Part des Anges affiche du filmLa Part des Anges

France, Grande-Bretagne : 2012
Titre original : The Angels’ Share
Réalisateur : Ken Loach
Scénario : Ken Loach
Acteurs : John Henshaw, William Ruane, Gary Maitland
Distribution : Le Pacte
Durée : 1h41
Genre : Comédie Dramatique
Date de sortie : 27 juin 2012

Globale : [rating:3.5][five-star-rating]

Ken Loach revient à Cannes après sa dernière récompense pour Looking for Eric en 2009. Cette fois, il nous présente un groupe de jeunes délinquants écossais sans grand avenir que l’on prend plaisir à voir évoluer, avec un optimisme assumé. Une petite bouffée d’air frais dans ce 65ème festival sous le ton de la violence…

Synopsis : A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêt général. Harri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque – une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…

La Part des Anges

Un feel-good movie

Situé en plein Glasgow, avec son lot de bières, de kilts et d’accent absolument monstrueux, La Part des Anges n’a donc pas de quoi faire rêver au premier abord. Pourtant, dès la scène d’introduction, une vraie légèreté de ton se dégage, et l’on découvre peu à peu ceux qui vont nous accompagner durant ces quelques 100 minutes. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont hauts en couleurs. Du pur idiot, à la petite voleuse en passant par le délinquant violent tout en jogging et sweat à capuche, la joyeuse bande forcée aux travaux d’intérêt général fait rêver.

Le casting constitué de comédiens amateurs contribue pleinement au sentiment de fraîcheur que l’on ressent devant le film. Les émotions sont franches, les rires aussi, les physiques loin des canons de beauté mais complètement représentatifs de ce qu’on trouve dans les rues écossaises. En deux mots, Loach parvient à capturer l’essence-même de la jeunesse de Glasgow, celle qui est mise de côté, et prend plaisir à voir ses personnages évoluer.

En passant un message d’espoir, le réalisateur décide d’aider sa troupe d’acteurs à s’en sortir, à prouver que même ceux qui ne naissent pas dans la bonne famille peuvent mener la vie qu’il veulent, et que chacun d’entre nous a un talent caché qu’il faut savoir utiliser. Un message à la limite du mielleux peut-être mais qui plaît, et qui fait du bien à regarder au milieu de ces situations cocasses et de cet hommage à la culture celtique.

La Part des Anges

Mais un film mineur

Pourtant, Loach joue sur le paradoxe partant du fait que ses personnages vont faire quelque chose de mal (voler) pour faire quelque chose de bien et s’en sortir. Il montre également à quel point la violence est partout dans ces quartiers défavorisés, puisque c’est souvent le seul moyen que ces jeunes ont pour s’exprimer et survivre. Résultat, Loach en fait peut-être un peu trop dans la caricature, avec une histoire maintes fois vue dans les films du genre, notamment avec le personnage peu crédible du père mafieux qui veut protéger sa fille en envoyant ses toutous sur le futur mari.

Au niveau de la mise en scène, il ne se passe pas grand-chose non plus, et le réalisateur se contente du strict minimum, donnant un air de film indépendant à cette Part des Anges. L’autre défaut du film réside aussi dans son rythme, puisque l’histoire patauge un moment avant d’aboutir à quelque chose de concret, à savoir la distillerie et le talent de Robbie.

De plus, après une introduction drôle et rythmée, le film accuse quelques moments mollassons qui font redescendre le plaisir. Heureusement, le tout sera vite rattrapé par le personnage d’Albert, hilarant et attachant. Pas de grand message à faire passer dans ce film classique, mais un optimisme déconcertant qui fait plaisir à voir en ces temps moroses. Alors certes, Ken Loach ne se taillera pas La Part des Anges avec son film, mais nous il nous donne presque envie de nous mettre au whisky en embrassant notre voisin…et ça fait plutôt plaisir.

Résumé

Un film beaucoup trop mineur pour recevoir une quelconque récompense à Cannes, mais un long métrage qui fait du bien et qui montre l’espoir qu’il y a toujours dans chaque situation, le tout avec des acteurs attachants et beaucoup d’humour.

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