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News — 02 août 2018
De retour en salles au mois d’août 2018

On vous l’avait annoncé dès notre chronique de juillet, il y aura encore beaucoup de films à redécouvrir en France en ce mois caniculaire d’août 2018 ! Or, ce n’est pas tant le nombre qui y est exceptionnel que le déséquilibre, avec les gros morceaux de choix programmés au début du mois et des classiques globalement moins rares pendant la deuxième moitié de ce mois à cinq mercredis. Inutile toutefois de bouder son plaisir, tant les vaillants distributeurs de films de répertoire ont soigné leurs sorties. Celles-ci couvrent par contre presque sans exception les mêmes cinématographies nationales qu’auparavant, c’est-à-dire le cinéma français – un peu moins, mais tout de même ! –, américain et asiatique ou plus précisément japonais. Ce mois, un seul film ne relève pas de ce tour du monde réducteur par fichiers numériques restaurés interposés, le cubain de Tomas Gutierrez Alea qui s’inscrit parfaitement dans la vague de films gays des années 1990. Ces derniers avaient alors apporté leur pierre à l’édifice de la dédiabolisation assez large de l’homosexualité, traitée jusque là comme un fléau social ou au moins comme une curiosité de mœurs suspecte, à l’affiche grâce à Tamasa Diffusion à partir du 8 août.



La rétrospective Ozu en dix films, en salles depuis hier par voie du distributeur infatigable, en salles et en vidéo, Carlotta Films, est sans doute le plus beau cadeau fait aux cinéphiles restés chez eux cet été ! Alors, oui, la Cinémathèque Française a rendu hommage à l’un des maîtres du cinéma japonais assez récemment, au printemps 2014 – comme le temps file ! Et six de ses films étaient déjà ressortis à ce moment-là. Mais le cinéma de (1903-1963) livre un portrait si beau et intimiste de la société japonaise, que l’on ne se lassera jamais de découvrir ou de revoir ses films. Une immersion que vous pourrez prolonger, à condition d’être de passage ou de façon permanente à Paris, à travers le cycle que l’Espace Saint-Michel dédie au cinéma japonais depuis deux semaines déjà en pas moins de vingt-trois films, réalisés respectivement par Kenji Mizoguchi, Mikio Naruse, Akira Kurosawa et Nagisa Oshima.



Le cinéma asiatique est également mis à l’honneur à travers la ressortie de trois autres films majeurs. Annoncé comme un inédit pour sa sortie le 8 août, de Takeshi Kitano avait en fait déjà été distribué en France un peu tardivement en 1999, huit ans après sa sortie nationale au Japon. C’est alors que nous étions éperdument tombés amoureux de cette très belle histoire de surf, d’amour et de surdité, que nous vous conseillons donc de tout cœur et que nous sommes impatients de revoir ! Parmi ceux qu’on a vus, il s’agit pour nous du meilleur film du réalisateur. Simplement par ignorance, nos louanges seront un peu moins vives à l’égard de l’épique conte d’enfance de Edward Yang, à l’affiche le même jour. Pendant près de quatre heures, le réalisateur, décédé bien trop tôt en 2007, y évoque magistralement une histoire de gangs et de filles, sur fond du Taïwan des années 1960. De quoi se rappeler la vigueur de la Nouvelle vague taïwanaise, déjà à l’œuvre dans Taipei Story du même réalisateur, distribué en tant qu’inédit il y a environ un an. Enfin, après La Femme insecte en mai et La Ballade de Narayama en juillet, la rétrospective officieuse des films de l’immense Shohei Imamura continue le 15 août avec Profond désir des dieux, issu des années ’60 comme le quatrième et dernier film du cinéaste à sortir cette année, fin octobre, majoritairement grâce à Mary-X Distribution, Le Pornographe.



Le cinéma français serait plutôt délaissé ce mois-ci, si ce n’était pour l’admirable initiative du distributeur Héliotrope Films, de ressortir pour l’instant quatre films du réalisateur (1931-2001). Le cinquième, Les Grandes gueules, ainsi que certains courts-métrages documentaires ou de fiction, seront montrés en avant-première au prochain Festival Lumière à Lyon au mois d’octobre, avant de connaître peut-être eux aussi une exploitation en salles. Mais rien que le classique Les Aventuriers avec Alain Delon et Lino Ventura et les plus méconnus La Belle vie, prix Jean Vigo en 1964, Tante Zita avec Joanna Shimkus et Ho ! avec Jean-Paul Belmondo invitent à eux seuls à un formidable tour d’horizon du cinéma français des années 1960 ! De cette même époque, à la fois si loin et si proche, nous provient également un film culte de la comédie française, Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault, ressorti depuis hier, ou comment Louis De Funès avait su dérider un peuple entier avec ses frasques à la plage, plus ou moins originales et politiquement correctes … Le même jour, vous auriez de même pu opter pour l’austérité selon Robert Bresson dont Les Dames du Bois de Boulogne reste néanmoins le film le moins explicitement associé à son style si épuré.



Une thématique récurrente se dégage parmi les films américains de retour sur les écrans ce mois-ci : celle du racisme, vu tour à tour par le plus politiquement engagé des réalisateurs afro-américains Spike Lee, par le mythique producteur de séries B pourtant socialement très conscient Roger Corman et à travers le prisme des bonnes intentions de deux représentants de l’intelligentsia hollywoodienne Joseph L. Mankiewicz et Sidney Lumet. C’est Splendor Films qui a en grande partie orchestré cette programmation inofficielle, initialement sans doute pour qu’elle coïncide avec la sortie le 22 août prochain du nouveau film de Spike Lee, Blackkklansman, Grand prix au dernier Festival de Cannes. Cette dernière est donc encadrée par une nouvelle ressortie du film phare de Lee, , à peine deux ans après la précédente, et surtout par la sortie d’un film de guerre dont la distribution initiale en 2007 avait été annulée à la dernière minute, . Le même distributeur ne s’arrête pas en si bon chemin, puisqu’il sort aussi le 22 août le documentaire fleuve , dans lequel toute la communauté engagée de Hollywood, de Harry Belafonte à Sidney Poitier, en passant par Charlton Heston – oui, oui, à l’époque le parrain des armes était de gauche ! –, Paul Newman, Joanne Woodward et Ruby Dee, est mise à contribution pour chanter les louanges de l’activiste des droits de l’homme, deux ans après la mort violente de ce dernier. Carlotta Films se joint avec un brin d’opportunisme à ce cycle à travers la sortie le 15 août de l’incontournable de Roger Corman avec William Shatner, un projet engagé du producteur de légende qui ne lui avait pour une fois rien rapporté à l’époque ségrégationniste des années 1960.



« Souris, mauvais lieutenant ! », c’est ainsi que l’on pourrait résumer la rubrique fourre-tout, exclusivement américaine ce mois-ci. Quatre classiques plus ou moins anciens y figurent, entre dès la semaine prochaine les débuts du cinéma parlant avec le délicieux de Ernst Lubitsch avec Maurice Chevalier – un tandem à succès que l’on pourra retrouver à la mi-septembre dans Une heure près de toi – et un classique des années ’60, encore elles, le premier film de Mel Brooks avec lequel nous avons toujours un peu de mal, le 22 août. Pour les avoir activement vécues, nous considérons les années ’90 pas encore dignes de ressorties systématiques. C’est pourtant ce qui se passe, petit à petit et donc en août avec deux films majeurs : le tour de force hors pair de Harvey Keitel dans l’expiatoire de Abel Ferrara le 15 août et deux semaines plus tard le film féministe par excellence de cette époque qui ne pouvait que rêver d’un mouvement comme #MeToo, de Ridley Scott avec les excellentes Geena Davis et Susan Sarandon.

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Auteur

Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles