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Critiques de films Drame — 26 mars 2018
Critique : Le collier rouge


France : 2016
Titre original : –
Réalisation :
Scénario : Jean Becker, , , d’après le roman de Jean-Christophe Rufin
Interprètes : , ,
Distribution :
Durée : 1h23
Genre : Drame
Date de sortie : 28 mars 2018


Note : 2.5/5

A bientôt 80 ans, Jean Becker fait partie des bons artisans que compte le cinéma français. Certes, le caractère toujours très classique de son cinéma fait qu’il n’est pas en odeur de sainteté auprès d’une certaine critique. Par contre, il est rare que ses films soient boudés par le public. Le collier rouge, son 16ème long métrage, est l’adaptation du roman homonyme de Jean-Christophe Rufin, paru il y a 4 ans.

Synopsis : Dans une petite ville, écrasée par la chaleur de l’été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d’une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d’eux, un chien, qui détient la clef du drame…


La notion de héros

La première guerre mondiale, les tranchées, la boucherie : le sujet a été traité maintes et maintes fois par le cinéma français et, depuis 2014, la célébration du centenaire des faits n’a fait que renforcer ce phénomène. C’est ainsi que les derniers mois nous ont offert Cessez le feu, Au revoir là-haut et Les gardiennes avec, à chaque fois, une visite des tranchées et la représentation de combats meurtriers. Toutefois, même si ces scènes de tranchées et de combats représentent un moment fort de ces films, c’est le reste qui en fait (ou non !) toute la saveur : les traumatismes de l’après-guerre dans Cessez le feu, les arnaques liées à la guerre dans Au revoir là-haut, le rôle des femmes dans la vie économique du pays, durant la guerre, dans Les gardiennes.

Quel élément lié à la guerre nous apporte Le collier rouge, le nouveau film de Jean Becker ? Eh bien, il s’agit d’un élément particulièrement important, la notion de héros. Héros, Jacques Morlac a été reconnu comme tel et, en plein conflit, on lui a attribué la Légion d’honneur. Conscient de n’avoir été que de la chair à canon lancée par les puissants et par des profiteurs dans une guerre qui, en fait, ne le concernait pas, pas plus que ses camarades, pas plus que les soldats du camp d’en face, Morlac avait réagi lors de la cérémonie du 14 juillet 1919 en proférant des paroles et, surtout, en commettant un acte qui, considéré comme une insulte à la patrie, lui vaut d’être maintenu prisonnier dans l’ancienne caserne de son village et de recevoir la visite du commandant-magistrat Lantier du Grez, chargé de statuer sur son cas.

 

Un juge bienveillant

Le fil conducteur du récit se déroule durant l’été 1919, avec l’enquête menée par Lantier auprès de Morlac mais aussi auprès des gens du village susceptibles de lui apporter des éléments pertinents sur ce personnage, et c’est sous forme de flashbacks que se fait, à la fois pour Lantier et pour le spectateur,  la reconstitution du puzzle. Sauf que Lantier a une connaissance précise de l’acte subversif qui a amené Morlac dans cette prison militaire alors que nous, spectateurs, ne l’apprenons qu’assez tard. En tout cas, très vite, on comprend que le commandant Lantier est un juge militaire un peu particulier, pas du tout enclin à instruire à charge : la guerre, il l’a connue, elle a changé sa façon de voir les choses et il lui suffirait que Morlac présente ses excuses pour qu’il le fasse aussitôt libérer. Mais Morlac est fier et, en plus, son histoire sentimentale avec Valentine, une jeune femme du village, le pousse à rejeter toute forme de conciliation. Ce sont finalement Paul, le simplet du village, et le chien de Morlac qui vont s’avérer être les meilleurs alliés de Lantier dans sa démarche.

 

Le minimum syndical, sauf Sophie Verbeeck !

100 ans après les faits, on a forcément de la sympathie pour un film qui évoque des scènes de fraternisation entre soldats ennemis et qui met en scène un soldat considéré comme un héros mais qui, dès juillet 1919, est suffisamment lucide pour dénoncer publiquement les puissants et les profiteurs qui, d’un côté comme de l’autre, ont lancé toute une génération de jeunes gens vers la plus stupide des morts. Cela suffit-il à faire de Le collier rouge un film important ? Réponse franche et laconique : non ! En fait, dans ce film, la plupart des protagonistes semblent tout juste assurer le minimum syndical : la réalisation de Jean Becker s’avère très plate, la photographie et la lumière de manquent de relief, François Cluzet, Nicolas Duvauchelle et s’avèrent plutôt ternes. Heureusement, il y a une exception : la comédienne franco-belge, Sophie Verbeeck, l’interprète de Valentine, passionnée, radieuse, solaire, émouvante. On la retrouvera très prochainement dans Mes provinciales de Jean-Paul Civeyrac.


Conclusion

Voilà un film qui, certes, ne révolutionnera pas l’histoire du cinéma mais qui a le mérite de mettre l’accent sur des scènes de fraternisation entre soldats ennemis durant la guerre de 14 et de dénoncer les puissants et les profiteurs à l’origine de cette guerre. Concernant l’interprétation, on retient surtout la présence et le jeu de Sophie Verbeeck, une jeune comédienne franco-belge dont la carrière s’avère prometteuse.

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Auteur

Jean-Jacques

Cet article a été rédigé par Jean-Jacques Corrio, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles