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Festivals News — 21 juin 2015
CEFF 2015 : palmarès et bilan

sara-giraudeau-jeremie-elkaim-les-betises

Après une semaine de cinéma (du 10 au 16 juin), excellent choix pour la clôture de la quatrième édition du Champs-Élysées Film Festival avec la projection en avant-première de la comédie burlesque Les Bêtises, premier film de Rose et Alice Philippon qui mêlent agréablement l’humour un rien déjanté et une petite pointe d’émotion avec une distribution éclatante qui réunit Jérémie Elkaïm, Sara Giraudeau (enfin révélée sur le grand écran après une belle carrière déjà au théâtre), , et Anne Alvaro. Il y a du cinéma distrait là dedans, bien plaisant, Pierre Richard n’est pas loin…

Ci-dessus les réalisatrices des Bêtises, ci-dessous les acteurs Jonathan Lambert, Alexandre Steiger, Sara Giraudeau et Jérémie Elkaïm (© Dao Bacon)

Ci-dessus les réalisatrices des Bêtises, ci-dessous les acteurs Jonathan Lambert, Alexandre Steiger, Sara Giraudeau et Jérémie Elkaïm (© Dao Bacon)

les betises équipe

Un agréable moment qui a déridé nos zygomatiques maltraités par l’accueil des charmants vigiles à l’entrée, un rien condescendants et méprisants, en contraste avec les bénévoles présents toute la semaine. Et au passage, ne pas connaître le palmarès avant le film de clôture parce que l’on est relégué dans la deuxième salle et qu’une retransmission en parallèle de la remise en prix n’avait pas été prévue, c’est d’autant plus dommage que ce choix de doubler la séance était connu depuis plus d’une semaine, j’ai le ticket pour le prouver…

(les bénévoles)

(les bénévoles sympas, eux)

Seul le public vote (pas de jury professionnel ni de jury presse, dommage), honorant trois films, un long et deux courts (on a fini par connaître le palmarès). Le Prix du Public du long métrage américain a été remis par Jeremy Irons à The Road Within de Gren Wells, un road trip avec trois jeunes gens en détresse (Robert Sheehan, Dev Patel, ) dont l’une souffre d’anorexie, un autre de TOC, et le dernier du syndrome de la Tourette. Hélas pas vu, pas de bol que c’est l’un des seuls trois films que l’on n’a pas vu.

Gren Wells et Jeremy Irons (© Dao Bacon)

Gren Wells et Jeremy Irons (© Dao Bacon)

Le Prix du Public du court métrage français (remis notamment par la co présidente Emilie Dequenne) est revenu à de Marie Caldera, celui du court américain à Scheherazade de Mehrnoush Aliaghaei. Un Prix du Jury Etudiant a été remis à L’Usure du temps d’Alan Parker dans le cadre de la section Incontournables TCM Cinéma. Étrangement, les autres redécouvertes étaient hors-compétition, une liste de très bon niveau incluant notamment le film suisse rare L’Arrestation de Raphaël Rebibo, Des amis comme les miens d’Otto Preminger et surtout The Rose de Mark Rydell, superbe tour de force de Bette Midler éclatante de rock’n’roll attitude et dont le refus d’incarner Janis Joplin a permis à ce projet d’être plus universel qu’un traditionnel biopic avec une plus grande dose de liberté. La présentation par le directeur de la photographie Vilmos Zsigmond fut une belle rencontre du festival. Le film ressort en salles le 29 juillet et est à ne pas manquer, les scènes de concert étant particulièrement immersives.

Vilmos Zsigmond (© Sarah Couturier)

Vilmos Zsigmond (© Sarah Couturier)

William Friedkin (© Pascale Arnaud)

William Friedkin (© Pascale Arnaud)

William Friedkin, Alan Parker (qui a confirmé sa décision de ne plus faire de cinéma), , Jeremy Irons ont évoqué leur carrière et leur rapport au cinéma. La rétrospective consacrée aux frères Josh et Benny Safdie fut mitigée, leurs courts-métrages étant plus aboutis et précis que leurs longs, Lenny & The Kids souffrant par exemple de l’hystérie et des dérives d’un père de famille dont on peine de plus à plus à comprendre les intentions ou Heaven knows what, descente en enfer de plus en plus glauque d’une jeune cocaïnomane transformée en carpette vivante à cause de ses addictions mais surtout de sa passion pour un sale type joué bizarrement par , l’acteur de Antiviral de Cronenberg Jr (bof) et Queen & Country de John Boorman (yes). C’est éprouvant et complaisant dans le sordide, pas forcément irréaliste mais au bout d’un moment, contrairement aux personnages, le spectateur peut décrocher totalement sevré de ces êtres en perdition. Les courts-métrages des Safdie eux durent ce qu’il faut, avec des personnages pas forcément plus recommandables mais dépeints avec une plus grande justesse. Une constante dans leur cinéma, intéressante dans le côté obsessionnel de leur intérêt répété de films en films, est comment une personne est trahie ou abandonnée par une personne plus ou moins proche qu’ils soutiennent et les pousse dans une situation dangereuse avant de les laisser tomber avec des conséquences drôles, tragiques ou entre les deux. Hélas, les frères Safdie étaient déjà repartis avant la projection unique de leurs courts-métrages qu’ils n’ont donc pas présentés (la master class ayant eu lieu avant). La projection des courts en compétition (français comme américains) était également unique, rendant compliqué leur visionnage, les lauréats n’étant pas projetés après le palmarès, en tout cas pas dans la salle 2 où nous fûmes casés. C’est ballot.

Malgré l’ancrage US de la programmation, le festival souffre encore de la comparaison avec le Festival de Deauville alors que le calendrier lui évite pourtant une confrontation trop directe. La compétition fut inégale, avec Franny d’Andrew Renzi trop superficiel malgré la présence de endeuillé par la mort de ses meilleurs amis dans un accident de voiture dont il est responsable ou de Hannah Fidell qui enregistre la fin d’un couple sans ennui mais sans génie non plus.

Nasty Baby

Nasty Baby

Nasty Baby de Sebastian Silva fut par contre une catastrophe insupportable. Le réalisateur se donne le rôle principal, celui d’un vidéaste qui crée des installations destinées aux galeries, en l’occurrence ici l’idée est de filmer des adultes se comportant comme des bébés pendant plusieurs minutes, une performance assez pathétique. Le type est détestable, égocentrique et à aucun moment l’approche artistique ou sentimentale (il essaie de faire un enfant à sa meilleure amie avec l’aide de son compagnon) ne fonctionne. Si Silva jouait avec l’antipathie que l’on ressent pour ses personnage ou les clichés de films dit «Sundance», pourquoi pas, mais ses intentions ne sont aussi claires. Le virage vers le meurtre est dramatiquement stupide, un twist gratuit, de la provocation de salon (d’art moderne). Le chilien exilé aux Etats-Unis semble se perdre en Amérique après l’hystérique Magic Magic, loin des très réussis La Nana et tournés au Chili. Quand l’on songe à la longue liste de films américains inédits, il est regrettable d’avoir des films aussi peu recommandables. Et ça manque de cinéma de genre tout de même même si l’on peut avoir de l’espoir avec de James Morrisson, lauréat du prix US in progress, un récit de science-fiction qui semble ambitieux, entre maladie qui empoisonne le monde et univers parallèle…

Diverge

Diverge

Onur Tukel (©Dao Bacon)

Onur Tukel (©Dao Bacon)

Heureusement pour relever le niveau on avait Applesauce, un film étonnant, surprenant et abouti signé Onur Tukel qui reste, comme on l’évoque dans cet article, le réalisateur le plus prometteur parmi ceux découverts strictement dans ce festival. Il a déjà réalisé deux courts et sept longs-métrages dont Summer of blood révélé l’an dernier et Abby Singer/Songwriter dont le tournage ne s’est achevé que récemment et pourrait faire un triplé intéressant l’an prochain avec trois visites consécutives. Quand ce grand barbu affable réalisera son Take Shelter, on aura un petit moment d’émotion en songeant à ses premières visites…

Hors de portée avec Michael Douglas

avec Michael Douglas

Autre regret, le nombre trop limité d’avant-premières américaines de films attendus même si l’on apprécia la très bonne comédie de Paul Feig et Hors de portée, thriller porté par un Michael Douglas horrible à souhait en incarnation moderne du Hitcher Rutger Hauer, milliardaire au rare sentiment d’impunité terriblement crédible. Enfin, étrangement après la disparition du Festival de Paris, le Champs-Elysées Film Festival n’a pas vraiment hérité des avant-premières post-Cannes de son ex-voisin, les films révélés sur la Croisette étant limités aux réussis Asphalte de Samuel Benchetrit, Fatima de Philippe Faucon et Valley of Love de Guillaume Nicloux. Ce n’est pas si mal mais en comparaison avec la sélection du Festival de la Rochelle, c’est un peu chiche tout de même. Histoire de ne pas finir sur une note négative, l’un des points très positifs est la large sélection de classiques du cinéma présentés en pellicule (une bonne quinzaine de titres), en espérant que cela se reproduise l’an prochain…

The Road Within

The Road Within

Palmarès complet

Prix du public (long-métrage indépendant américain) : The Road Within de Gren Wells

Vincent est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie, une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s’enfuir, entraînant malgré eux Alex, le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l’océan.

Prix du public (court-métrage américain) : Sheherazade de Mehrnoush Aliaghaei

Au cours d’un casting, un réalisateur demande à de jeunes actrices de raconter leurs histoires les plus sombres. Quels sont leurs secrets ? Jusqu’où iront-elles ? Que cherche réellement cet homme ?

Scheherazade

Scheherazade

Prix du public (court-métrage français) : J’aurai pas dû mettre mes Clarks de Marie Caldera

Nico à tout pour être heureux; une femme au bon sens déconcertant, trois enfants merveilleusement envahissants, un métier instable qui lui permet au jour le jour de subvenir aux besoins de sa famille. Tout irait pour le mieux s’il n’avait une envie grandissante de notoriété et pour cause : il est un acteur qu’on ne connait pas!

J'aurais pas du mettre mes Clarks

J’aurais pas du mettre mes Clarks

Prix du jury lycéens – Les Incontournables TCM Cinéma : L’Usure du temps d’Alan Parker

Faith et George se sont sûrement aimés dans le passé. Mais un jour, ils décident de se séparer. Faith, George et leurs quatre enfants tentent de trouver un nouvel équilibre dans cette famille éclatée, malgré la rudesse des sentiments, la rancune et la souffrance accumulées.

Prix du Jury – US in Progress : Diverge de James Morrisson

Albert Finney et Diane Keaton dans L'Usure du temps

Albert Finney et Diane Keaton dans L’Usure du temps

Alan Parker (Dao Bacon)

Alan Parker (Dao Bacon)

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Auteur

Pascal Le Duff

Cet article a été écrit par Pascal Le Duff, rédacteur en chef cinéma sur Critique-film.fr. Lire tous ses articles