Cannes 2018 – L’événement 2001 : l’odyssée de l’espace

Le fantôme de était présent à Cannes

Le premier film annoncé cette année à Cannes n’était pas un long-métrage de la compétition, mais un des plus grands films de l’Histoire du cinéma (en toute modestie),  : l’odyssée de l’espace. Présenté en copie , sous le haut patronage d’un Christopher en belle compagnie, la projection s’est révélée l’épicentre du Festival l’espace de quelques heures.

Christopher Nolan, Keir Dullea, Jan Harlanet Katarina Kubrick / Image © Gisela Schober pour GettyImage

La veille de la projection événement, le cinquième étage du Palais des Festivals ne suffisait pas pour accueillir une foule compacte qui s’agglutinait pendant une poignée d’heures devant la pourtant petite salle Buñuel.  Non pas pour un film, mais pour assister à un Rendez-vous avec Christopher Nolan. Le cinéaste américain donnait en effet une masterclass, pendant laquelle il répondait une heure et demie durant aux questions du journaliste Philippe Rouyer.

De la collaboration avec son frère pour la moité de ses films à son attachement pour le cinéma argentique, en passant par quelques unes de ses obsessions thématiques, de nombreux points de la filmographie du cinéaste ont été abordés. Mais bien entendu, le « réalisateur le mieux habillé d’Hollywood » selon le milieu a aussi préparé le terrain pour la projection exceptionnelle de 2001 l’odyssée de l’espace qui a eu lieu ce dimanche soir. Une conférence à retrouver dans son intégralité sur le site du Festival de cannes !

Quant à la projection en elle-même, elle a réussi à éclipser (sans mauvais jeu de mot avec le premier plan du film !) la projection de la compétition officielle qui avait lieu un peu plus tôt. Parmi les nombreux invités à événement, se trouvait ainsi Denis Villeneuve, pourtant membre du jury, qui a dû se précipiter après Lazzaro Felice, et les véritables stars du jour ont accompagné Christopher Nolan pour introduire le film.  Se sont ainsi avancés sur scène Katharina Kubrick, Jan Harlan (respectivement la fille et le producteur / beau-frère de Stanley Kubrick), et l’acteur principal de 2001, Keir Dullea. Quelle émotion, lorsqu’on voit plusieurs stade de la vie de l’astronaute Dave se succéder sur grand écran, de se rendre compte que son acteur est présent dans la même salle que nous, cinquante ans plus tard !

La volonté de Christopher Nolan, que l’on sait si attaché au format argentique , était de recréer les conditions de projection idéales du chef d’oeuvre de Kubrick, comme si Kubrick veillait, en salle de projection, aux moindres détails, pour que soit projeté le film comme il l’avait fabriqué. Le moindre que l’on puisse dire, c’est que c’est un succès. Si l’on savait 2001 : l’oddyssée de l’espace moderne, il est incroyable de se retrouver face une copie 70mm qui, cigarette burns inclus, nous offre des images n’ayant pas pris une ride. Idem au niveau du son : bien que « simple » stéréo, la puissance déployée est tout bonnement impressionnante, ravissant nos tympans autant que le sont nos rétines. Mais la volonté de replonger les spectateurs dans l’expérience originelle est poussée à son maximum, le film incluant son introduction musicale, comme pour mieux nous préparer au choc que l’on va (re)vivre, ainsi qu’un entracte d’un quart d’heure. Et, (petite) cerise sur le gâteau, un fac-similé du dossier de presse original était distribué aux personnes présentes dans la salle.

Le film en lui-même est toujours ce chef d’oeuvre immuable, monolithe qui semble indépassable et hors du temps. Au retentissement du générique, le Danube Bleu de Strauss a été supplanté par une ovation qui ne s’arrêtait plus, comme pour retarder le plus possible la fin de cet anniversaire …

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Auteur

Nicolas Santal

Cet article a été rédigé par Nicolas Santal, rédacteur de Critique-film.fr