Festival de Berlin 2018 Festivals News — 12 février 2018
Berlinale 2018 : Ours d’or d’honneur à Willem Dafoe

Il aura fallu attendre un peu plus longtemps cette année, avant de connaître la personnalité du cinéma qui recevra l’Ours d’or d’honneur du . L’annonce est finalement arrivée la semaine dernière, le mardi 6 février pour être exact, c’est-à-dire à peine une semaine avant le début de la 68ème édition de ce festival européen majeur, qui se déroulera du 15 au 25 février dans la capitale allemande. Il s’agit de l’acteur américain , qui recevra donc le prix honorifique du festival le mardi 20 février lors d’une soirée au Berlinale Palast. Sa filmographie imposante fera également l’objet d’un hommage sous forme de rétrospective partielle en dix films, dont vous trouverez les bandes-annonces en fin d’article. Un habitué du festival, Dafoe avait siégé au jury en 2007, sous la présidence du réalisateur et scénariste Paul Schrader, qui avait attribué son Ours d’or à Le Mariage de Tuya de Wang Quan An.


Après des débuts au théâtre à New York, Willem Dafoe (*1955) avait tourné ses premiers films au début des années ’80. Après des rôles très mineurs dans La Porte du paradis de Michael Cimino et Les Prédateurs de Tony Scott, il ne tarde pas à s’imposer grâce à sa participation à Les Rues de feu de Walter Hill, Police fédérale Los Angeles de William Friedkin et Platoon de Oliver Stone – Oscar du Meilleur Film en 1987. Très demandé, il enchaîne alors sur des films aussi marquants que La Dernière tentation du Christ de Martin Scorsese, Mississippi Burning de Alan Parker – Ours d’argent du Meilleur acteur pour Gene Hackman –, Né un 4 juillet de Oliver Stone, Cry-baby de John Waters et Sailor & Lula de David Lynch – Palme d’or au Festival de Cannes en 1990. La décennie suivante était aussi faste pour l’acteur, qui y alternait entre des productions commerciales, comme Le Vol de l’Intruder de John Milius, Sables mortels de Roger Donaldson, Body de Uli Edel, Danger immédiat de Phillip Noyce, Le Patient anglais de Anthony Minghella – Oscar du Meilleur Film en 1997 –, Speed 2 Cap sur le danger de Jan De Bont et eXistenZ de David Cronenberg, ainsi que des films plus exigeants, tels que Light sleeper et Affliction de Paul Schrader, Si loin si proche de Wim Wenders, Tom & Viv de Brian Gilbert, Basquiat de Julian Schnabel, Lulu on the Bridge de Paul Auster et New Rose Hotel de Abel Ferrara.


Depuis le tournant du siècle, Dafoe a su persévérer avec cette recette du succès mi-artistique, mi-commercial, collaborant alors avec des réalisateurs comme Mary Harron (American Psycho), Steve Buscemi (Animal Factory), E. Elias Merhige (L’Ombre du vampire), Sam Raimi (Spider-Man, Spider-Man 2 et Spider-Man 3), Robert Rodriguez (Desperado 2 Il était une fois au Mexique), Pieter Jan Brugge (L’Enlèvement), Wes Anderson (La Vie aquatique et The Grand Budapest Hotel), Lee Tamahori (xXx² The Next level), Lars von Trier (Manderlay, Antichrist et Nymphomaniac Volume 2), Roger Spottiswoode (Mr. Ripley et les ombres), Paul Weitz (American Dreamz et L’Assistant du vampire), Spike Lee (Inside man L’Homme de l’intérieur), Theo Angelopoulos (La Poussière du temps), Christian Carion (L’Affaire Farewell), Werner Herzog (Dans l’œil d’un tueur), Daniel Nettheim (The Hunter), Andrew Stanton (John Carter), Scott Cooper (Les Brasiers de la colère), Anton Corbijn (Un homme très recherché), Josh Boone (Nos étoiles contraires), Chad Stahelski et David Leitch (John Wick), Zhang Yimou (La Grande muraille), Sean Baker (The Florida Project), Tommy Wirkola (Seven sisters) et Kenneth Branagh (Le Crime de l’Orient Express), tout en retrouvant à intervalles réguliers ses cinéastes habituels Paul Schrader (Auto Focus, The Walker, Adam resurrected et Dog eat Dog), Martin Scorsese (Aviator), Abel Ferrara (Go go tales, 4h44 Dernier jour sur terre et Pasolini) et Julian Schnabel (Miral et At Eternity’s Gate, qui devrait sortir cette année).


Nommé à trois reprises à l’Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle, pour Platoon, L’Ombre du vampire et The Florida Project, Willem Dafoe vient d’accomplir le grand chelem des prix des principales associations de critiques américains (National Board of Review, Los Angeles Film Critics, New York Film Critics Circle et National Society of Film Critics) pour le film de Sean Baker, qui ne sortira en Allemagne qu’au mois de mars. Il est par contre peu probable qu’il gagne également l’Oscar pour ce rôle, puisque Sam Rockwell dans 3 Billboards Les Panneaux de la vengeance est le grand favori.

L’Ours d’or d’honneur a ainsi un petit arrière-goût de lot de consolation, même si Dafoe n’est pas le premier lauréat a concourir quelques jours plus tard à Hollywood. Wim Wenders a été dans le même cas il y a trois ans, nommé alors pour le Meilleur documentaire avec Le Sel de la terre, tout comme Robert Altman en 2002 doublement nommé pour Gosford Park. Quant à Meryl Streep, elle avait gagné l’Ours d’or honorifique la même année que son troisième Oscar, en 2012 pour La Dame de fer. Idem ou presque pour Oliver Stone en 1990, oscarisé pour la troisième fois comme Meilleur réalisateur pour Né un 4 juillet, ainsi que pour Dustin Hoffman l’année précédente, Meilleur acteur pour Rain Main. Enfin, Willem Dafoe est le sixième acteur américain honoré de la sorte au Festival de Berlin, après James Stewart, Dustin Hoffman, Gregory Peck, Jack Lemmon et Kirk Douglas.

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Auteur

Tobias Dunschen

Cet article a été rédigé par Tobias Dunschen, Rédacteur de Critique Film. Lire tous ses articles